‹ Histoire des États-Unis (volume 3)Chapitre 32 sur 107 · Hamilton's Works, t. I, p · texte numérisé non relu

Hamilton's Works, t. I, p

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Placé dans un collège de la Nouvelle-Jersey, il eut pour maître un certain Francis Barber qui, plus tard, se distingua comme officier dans la révolution. A la fin de 1773, on l'envoya à New-York, au King's Collège (aujourd'hui Columbia-College). Il se préparait à la médecine, mais sans négliger les lettres, et dès les premiers jours il donna des preuves extraordinaires de son esprit et de son caractère. C'était un très-petit homme, presque un enfant; mais il était plein de vivacité et d'éloquence. Quand on commença à s'agiter, souvent il sortait du collège pour se faire orateur populaire, et ce n'était pas un des moins applaudis.

En 1774 se réunit le premier congrès de la révolution. La grande question était de savoir si on romprait brusquement les liens qui attachaient les colonies à l'Angleterre , ou s'il fallait mieux essayer d'une résistance pacifique, cesser toute relation d'affaires avec les Anglais, les prendre par l'intérêt et les forcer ainsi à céder aux exigences de l'Amérique. Le pays était en feu. De toutes parts on publiait des pamphlets presque toujours anonymes> ou plutôt pseudonymes; ainsi, il y avait de ces brochures qui étaient signées Bellator, d'autres Pacificus; on comptait plus sur l'influence du raisonnement que sur celle d'un nom.

Il y avait deux partis : les ardents, qui voulaient la guerre, et les modérés, qui demandaient qu'on essayât jusqu'au bout de la conciliation, et qu'on ne lançât pas le pays dans l'inconnu sans une absolue nécessité.

Parmi ces pamphlets, un des plus remarquables était intitulé : Simple défense des mesures proposées par le

Congrès. L'auteur réclamait avec force le droit inaliénable des colonies : Représentation , Yote de l'impôt, Jury : c'était le thème obligé ; mais de plus il appuyait sur la nécessité de favoriser le développement de l'industrie, afin de se passer de l'Angleterre; et, à une époque où le coton n'était pas travaillé en Amérique, la brochure signalait la culture du coton comme devant enrichir en deux ans les provinces méridionales, et permettre aux colonies de se passer de la métropole.

Ce pamphlet, écrit avec tant de sagesse par un homme qui anticipait l'avenir, fut attribué à M. Jay, le chef du parti modéré à New-York. Ce n'était cependant pas M. Jay qui l'avait écrit. Le Vengeur du Congrès, comme on appela l'auteur de la brochure, cet esprit si mûr, était encore sur les bancs de l'école : c'était Alexandre Hamilton, qui avait dix-sept ans.

L'année d'après, en 1775, quand on apprit la nouvelle de l'engagement de Lexington, la première rencontre où coula le sang américain, Hamilton ne pensa plus qu'à la guerre; il lui sembla tout simple d'organiser dans son collège une compagnie. La troupe prit un beau nom, celui des Cœurs de chêne. On eut un habit vert, un chapeau de cuir, et pour devise : Liberté ou la mort! Combattre de la parole, de la plume ou de l'épée, ce fut toute la vie d'Hamilton.

Au mois de mars 1776, Hamilton était capitaine dans une compagnie provinciale. Yous savez qu'il y avait alors l'armée continentale, entretenue par le congrès, et les troupes provinciales organisées par chaque colonie. Hamilton se trouvait donc, à dix-neuf ans, ca-

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pitaine d'artillerie. Le général Greene, en faisant une inspection, remarqua une batterie d'artillerie singulièrement bien tenue, et qui manœuvrait avec habileté; il signala à Washington cette batterie, commandée par un enfant qui semblait avoir une grande passion pour le métier des armes.

Hamilton prouva bientôt qu'il avait plus que de la passion pour la guerre. Dans la dangereuse retraite de Long-Island, à Trenton , à Princeton, il montra une intelligence militaire et une énergie qui le firent remarquer à ce point, que Washington le prit comme aide de camp, avec le rang de colonel.

Colonel à vingt ans, aide de camp et confident de Washington, il se montra toujours à la hauteur de son rôle. Son courage lui valut bientôt dans l'armée le nom de Petit Lion: quant à Washington, qui avait vingt-cinq ans de plus que lui, il ne l'appelait jamais que mon enfant [my boy), et avait pour lui une tendresse paternelle.

Ce fut ainsi que pendant toute la durée de la guerre il resta près du général; il ne se retira de f état-major de Washington qu'en 1781, lorsque la paix fut certaine. Plusieurs fois il eut des missions de confiance, et il ne se fit pas moins remarquer par sa prudence que par un courage à toute épreuve.

Au siège de York-Town , il se distingua sous les ordres de La Fayette. La Fayette commandait les troupes américaines, le baron de Yiomesnil commandait les troupes françaises. L'émulation était vive. On avait donné aux Américains une redoute à enlever, et aux

Français une autre redoute. M. de Viomesnil, avec cette confiance qui fait la force des Français , mais qui les rend quelquefois désagréables, même à leurs alliés, demanda à La Fayette comment il comptait emporter sa redoute. A la baïonnette, répondit La Fayette. M. de Viomesnil sourit. Hamilton enleva la position et entra le premier dans la redoute. Quand elle fut prise , La Fayette , avec sa malicieuse bonhomie , envoya le colonel Gimat à M. de Viomesnil pour lui demander si les Américains, qui n'avaient plus rien à faire, ne pourraient pas être utiles aux Français qui n'avaient pas terminé leur besogne. — Remerciez M. de La Fayette, dit M. de Viomesnil, et dites-lui que dans cinq minutes nous serons dans la place.

Cinq minutes après, elle était prise.

Hamilton se trouva à la fois l'homme de confiance du jjénéral La Fayette et de Washington, le trait d'union entre l'Amérique et la France. Lorsque la France envoya des soldats en Amérique, la grande préoccupation de Washington était de savoir comment ces soldats pourraient marcher avec les milices américaines. C'était un noyau d'excellentes-troupes, bien payées, bien nourries; plusieurs des officiers qui les commandaient avaient fait la guerre de Sept ans, et ces troupes allaient se trouver côte à côte avec l'armée américaine, qui ne brillait ni par la richesse des officiers ni par la régularité des manœuvres : mal vêtue, mal nourrie, mal équipée.

Washington craignait que ces officiers venus de Versailles n'eussent quelque dédain pour ses soldats ,

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qui avaient plus de fonds que d'apparence. Il nous connaissait mal , et quand on en vint à l'épreuve , on s'aperçut que les Français étaient les meilleurs alliés, les meilleurs enfants du monde. Louis XVI d'ailleurs, avec une admirable délicatesse, avait arrangé toutes choses pour éviter que les Français ne se fissent pas trop valoir. Néanmoins, pour adoucir les frottements, il était sage d'avoir quelqu'un parlant français qui fût l'intermédiaire entre les deux armées. Ce rôle fut donné à Hamilton, qui, par sa gaieté, sa franchise, ses manières chevaleresques, plut singulièrement à l'armée française, et en resta l'ami jusqu'à la fin.

Ce ne fut pas seulement de cette façon qu'il servit Washington. Le général avait une correspondance de tous les instants avec chacune des colonies; il lui fallait un secrétaire qui lui préparât ses réponses. Ce rôle de confiance fut donné à Hamilton, et, parmi les lettres de Washington que nous possédons, il y en a certainement un grand nombre qui ont été rédigées par Hamilton.

C'est ainsi que de vingt à vingt-cinq ans il ne quitta pas Washington d'un seul instant, et qu'il s'établit entre ces deux hommes une affection qui ne se démentit jamais.

En 1780, il s'éleva entre eux un nuage, comme il y en a quelquefois entre les meilleurs amis. Washington, qui était très-difficile sur le respect qu'on lui devait, se plaignit que son aide de camp l'eût fait attendre dix minutes sur un escalier. 11 y eut un froissement entre eux, à la suite duquel Hamilton pensa qu'il valait mieux se

retirer. Il s'était d'ailleurs marié l'année précédente ; il avait épousé la fille du général Schuyler, d'origine hollandaise, femme respectable, qui était destinée à lui survivre de plus de cinquante ans. En 1852 elle vivait encore, elle avait quatre-vingt-quatorze ans.

Hamilton n'avait pas de fortune. Durant la guerre, les officiers, vous le savez, n'avaient pas été payés ; la plupart s'étaient endettés et ruinés au service de la patrie. Hamilton voulut se faire un état indépendant. Avec cette facilité de changer de profession, qui est dans le génie américain, il se fît avocat à New-York. Il rencontra au barreau plus d'un compagnon d'armes qui, une fois la paix signée, se mettant à étudier le droit, venait plaider comme lui devant les tribunaux. La toge remplaçait l'épée.

Son mariage lui avait donné quelque racine dans le pays : il entendait les affaires, il parlait avec chaleur; il fut bientôt un des meilleurs avocats de la ville, et avec assez d'éclat pour qu'en 1782 la ville de New-York l'envoyât au congrès.

C'est là que commence le second acte de sa vie politique. La première partie de sa vie s'était passée à faire la guerre, il allait maintenant devenir législateur. En entrant au congrès, il trouva une situation des plus difficiles. C'était le moment où l'armée se plaignait de n'être pas payée. La paix approchait, les comptes des officiers n'étaient pas liquidés; on était à la veille d'une émeute et peut-être d'une guerre civile. Le grand mérite d'Hamilton fut d'apprécier le premier cette crise, de la signaler à Washington, de lui indiquer

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même, avec le droit que lui donnait l'amitié, la ligne de conduite à tenir pour prévenir un éclat fâcheux. Nous avons les lettres d'Hamilton. Quand l'émeute éclata, Washington suivit de point en point les conseils de ce jeune homme qui avait autant de prudence que d'énergie.

Au congrès2 Hamilton se fit le défenseur de ses compagnons d'armes; mais afin de pouvoir plaider leur ~c^Iiela"ns"qu'on l'accusât de défendre son propre intérêt sous couleur de soutenir l'intérêt commun, il déclara qu'il renonçait pour sa part à rien réclamer. Il fit valoir les services de ces hommes qui s'étaient sacrifiés pour l'Amérique, et demanda que le congrès reconnût les droits des officiers. Ce fut une lutte assez longue, et on ne manqua pas, lorsque l'émeute éclata, de prétendre qu'Hamilton l'avait vue avec plaisir sinon même suscitée. On ne voulait pas reconnaître les droits des officiers ; il fallut le sentiment du danger pour que le congrès se décidât à être juste. S'il avait écouté Hamilton, il n'aurait pas laissé dans l'histoire le souvenir de son ingratitude.

Une fois la dette militaire reconnue, restait une question tout aussi grave : c'était de savoir comment on la payerait. Il n'y avait pas d'argent; il n'y avait que des assignats. On était à la veille d'une banqueroute, il fallait un financier qui éclairât le congrès. On le trouva dans Hamilton. Avec cette facilité prodigieuse qui lui permettait de se mettre tout de suite à une question et d'aller jusqu'au bout^l^:o^a aji^ Jia^touJeiJej^

fédération la dette militaire et les dettes des États. Il créait ainsi l'unité financière pour arriver plus sûrement à l'unité nationale. Comme complément nécessaire de cette mesure, Hamilton proposa que le congrès fût autorisé à établir des douanes sur toutes les côtes de l'Amérique. Établir l'unité de ressources, c'était le moyen de créer un fonds national pour une dette commune. La proposition était bonne; mais elle n'allait ^ pas au parti démocratique jaloux de l'armée, et qui ne voulait rien faire pour les soldats. Aussi quand Hamilton demanda qu'il y eût unité d'impôts et de dettes, des jgens qui, plus tard, furent présidents, des États-Unis, s'écrièrent : // se trahit! On le dénonça comme un monarchiste. Le congrès accueillit, mais sans grande faveur, ses propositions ; les États refusèrent d'y accéder. Un cœur vulgaire se fût découragé. Mais c'est un

triste politique que celui qui ne s'habitue pas à être

vaincu ; il faut savoir attendre, et, quand on s'adresse à l'opinion, être certain que le jour viendra où la raison finira par triompher.

Hamilton ne désespéra point, et quand la misère augmenta, quand les désordres intérieurs s'ajoutèrent à la misère, quand la nation commença à sentir la souffrance, Hamilton en appela au pays. Il fut avec Madison un des promoteurs de cette fameuse Convention d'Annapolis, qui devait régler le commerce intérieur de l'Amérique. Arrivé à Annapolis, il trouva devant lui les mêmes préjugés : il s'aperçut de l'impuissance de la Convention. Mais là, avec le coup d'un œil d'homme d'État, il pensa qu'il y avait une manière de sauver

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l'Amérique : c'était de s'adresser, non plus aux Etats, Jaloux du congrès, mais au peuple américain, et de lui enseigner à se sauver lui-même. Ce fut là l'objet de la fameuse adresse de la Convention d'Annapolis, qui fut rédigée par Hamilton. On demanda au pays tout entier de nommer une Convention qui se réunirait à Philadelphie, en 1787, Convention qui aviserait à ce qu'il faudrait faire, qui aurait pour objet spécial, unique, de remédier aux défauts de la confédération ; on demanda en outre que le projet de constitution, une fois rédigé, fût soumis à la discussion populaire, de façon à ce que le peuple américain se donnât lui-même une constitution. Ainsi nulle violence, nul subterfuge; rien qu'un langage, vrai, sincère, rien qu'un appel à la nation,

Cette adresse eut un grand succès. La Virginie s'y rallia la première. Washington mis sur la liste des délégués à la Convention finit par accepter, et c'est ainsi qu'on se réunit au mois de mai 1787 à Philadelphie.

Hamilton était un des délégués de New-York. C'était à cette époque un des hommes les plus distingués de la révolution, et, malgré sa jeunesse, c'était aussi le mieux préparé. Dès l'année j 782, dans une lettre que nous possédons, il avait soutenu que l'Amérique formait une nation, que de toutes les colonies il fallait faire un grand peuple et un grand pays. Il avait le génie politique. Un diplomate, qui était bon juge des hommes, quoiqu'on général il les appréciât non à leur profit, mais au sien, M. de Talleyrand avait connu Hamilton en Amérique. 11 disait que c'était la personne qui l'avait le plus frappé. — En quoi, lui disait-on? — C'est, répondait-il,

que cet homme avait deviné l'Europe. » Hamilton avait fait quelque chose de plus merveilleux. Avec Franklin et Washington, il avait vu et clairement vu l'avenir de l'Amérique. Il n'est pas un des grands politiques de l'Europe qui ne s'y soit trompé, et qui ne s'y trompe encore aujourd'hui.

Sa situation au congrès ne fut pourtant pas ce qu'on aurait pu attendre d'un homme tel que lui. Il avait été frappé des dangers de la démagogie ; il était, comme Washington, un aristocrate au sens antique ; il voulait fonder la liberté sur la sagesse et la modération, deux vertus qui se trouvent rarement dans la foule ; il avait en horreur ces tribuns qui agitent le peuple au profit de leur misérable ambition. Ce qu'il désirait donc par-dessus tout, c'était un pouvoir exécutif fermement constitué, et un conseil national ou sénat, qui fût une espèce d'aristocratie. Son modèle, son idéal était quelque chose de semblable au grand édifice de la constitution anglaise. Il s'imaginait qu'il y aurait avantage pour l'Amérique à ce que le président fût nommé pour aussi longtemps qu'il se comporterait bien, que le sénat fût nommé de même. En quoi Hamilton se trompait. Il eût emprisonné dans un corset de force un pays qui avait besoin de grandir. Un président à vie aurait fini par devenir une espèce de roi, un sénat à vie n'aurait pas satisfait à la mobilité qui est de l'essence même de la bonne démocratie.

Hamilton se trompait avec les intentions les plus droites; mais ses ennemis profitèrent de son erreur. Les préjugés qu'on avait contre lui se réveillèrent plus

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vifs que jamais. Pour lui, dès qu'il vit que l'opinion était contraire à ses idées, il fut le premier à abandonner le projet qu'il avait présenté ; restant toujours fidèle à la pensée d'obtenir, jBarJssjDgtitutions le. maximum possible de stabrlrté^Qn^ faire d£— ~

jTmérique une monarchie ; il répondit qu'il voulait en faire une république : qu'il n'avait pas la prétention d'être plus sage que son pays, mais que cette république il fallait lui donner la base la plus solide, de façon à ce que l'expérience fût complète. Du reste, ajoutait-il, si cette expérience ne réussit pas, il sera temps encore d'essayer de nouvelles institutions avant de renoncer à la forme républicaine, le plus noble de tous les gouvernements.

JLa constitution fondée, le grand rôle d'Hamilton commença. Rien n'est plus facile en ce monde que de défendre^ses idées, par£l£u'à ses idées on joint d'ordi- "" naire ses passions. Mail ce qui est plus difficile et plus rare, c'est d'accepter une constitution politique qu'on n'a pas faite, c'est de sentir qu'une constitution qui ne^ répond pas à nos idées est cependant celle qui convient le mieux au pays, c'est enfin de s'effacer par amour du bien public, et de défendre des institutions qu'on n'approuY€ pas entièrement. C'est ce que fit Hamilton. J'" Convaincu que toute division nouvelle amènerait la perte du pays, il se fit le défenseur de la constitution. Cette défense n'était pas chose aisée. La constitution faite et à demi acceptée par le congrès, il fallait la faire accepter par treize États différents, la discuter treize fois dans treize pays qui n'avaient ni les mêmes idées ni les

mêmes intérêts, vaincre ces jalousies, et à force de raison, maintenir l'harmonie entre tous les citoyens.

Hamilton entreprit cette œuvre avec autant de courage que de talent; il se réunit à deux hommes, dont l'un ne partageait pas toutes ses opinions : c'était Madison^ qui plus tard fut président. Madison appartenait à une nuance plus démocratique; mais il sentait, loi aussi, que la constitution était le salut du pays. Le second allié d'Hamilton était Jay : celui-là était de cœur et d'âme avec son jeune ami. Les trois patriotes se décidèrent à faire paraître une série oTartîcles destinés à soutenir et à populariser la constitution. On les a réunis en un vo^lume intitulé le Fédéraliste. Mais ne nous laissons pas tromper par ce mot qui a un sens tout opposé en Amérique et en France. Chez nous, fédéralisme veut dire relâchement du lien central, en Amérique c'en est le resserrement; c'est l'équivalent du mot centralisation. Le Fédéraliste est composé de quatre-vingt-cinq numéros. De ces quatre-vingt-cinq numéros, Hamilton en écrivit cinquante et un avec une ardeur extrême. Jay, qui avait commencé, fut blessé dans une émeute, à New -York, et fut obligé de se retirer de bonne heure pour ne reparaître qu'à la fin du travail. Madison et Hamilton furent donc les principaux auteurs de cette publication qui eut un grand succès : c'est un exposé si clair de la constitution, qu'encore aujourd'hui il en est un des meilleurs commentaires. La préface de cet écrit vous donnera une idée nette de ce que pensait et voulait Hamilton.

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