Bererly, p
2» Adan^iSkBilli» Uv. IV^dfi|^. n. PraidLlln, an contraire, avaU va lei défauts et Tinjustice de ce système. Voyez son tdit prussien, dans moa Histoire de la Révolution d* Amérique^ 1X< legon, p. 180.
i04 HISTOIRE DE LA FONDATION DES ÉTATS-UNIS.
traignait à se relâcher de ses rigueurs coloniales » et à souffrir dans son domaine d*outre-mer ce que TAngleterre lui refusait de son côté.
« La théorie des lois prohibitives, a dit M. d*Hanterive, est écrite en lettres de sang dans Thistoire de toutes les gnerrtf qui^ depuis quatre siècles, mettent partout Tindustrie aux prises avec laforce^ oppriment l'une, corrompent l'autre, dégradent la morale politiqde, infectent la morale sociale et dé* vorent Tespèce humaine.
<c Le système colonial, l'esclavage, les haines de l'avarice, qu'on appelle haines nationales; les guerres de l'avarice, qu'on appelle guerres de commerce, ont fait sortir de cette boite de Pandore l'inondation des erreurs, des fausses maximes, des richesses excessives, corruptrices et mal réparties, de la misère, de l'ignorance et des crimes, qui ont fait de la société humainCi dans quelques époques de l'histoire mo* derne, un tableau si odieux, qu'on n'ose s'y arrêter, de peur d'avoir à prononcer contrôle développement de l'industrie H le progrès même de la civilisation*. »
Pour ne parler que de rÂmérique, les effets de cetto politique furent désastreux ; ce fut le triomphe de k force et de l'injustice sur le droit qu'a tout homme d'acheter et de vendre librement. Les colons ne pouvant demander les produits de l'Europe qu'aux marchands anglais, qui nécessairement gagnaient au monopole, il en résultait cette iniquité qu'on appauvrissait les habitants de l'Amérique pour enrichir quelque négociant de Londres ou de Bristol. Dans la vente de leurs produits, les planteurs ne Bouffiraient pas un moindre pxér
J0 Fyéeiêd'éeMomUpolUtqtê,
LA VIBGIHIE, 103
[ judice;leprix des tabacs baissait parce qu'il y avait peu
► d'acheteurs, le prix des articles importés augmentait
parce qu'il y avait peu de vendeurs, double perte pour
le colon. Aussi voyons-Dous que plus d'une fois les
t planteurs de la Virginie, de la Caroline, du Maryland,
^ essayèrent de se concerter pour arrêter ou réduire la
I culture du tabac, et dominer ainsi le marché. Ces essais
ne réussirent point à cause des jalousies provinciales,
mais l'ardeur avec laquelle on y revint prouve assez ce
Ique l'acte de navigation causa de souffrances. Quant à la métropole, qui ne gagnait rien au privilège qui enrichissait quelques individus en dépouillant les planteurs, elle y perdit son influence sur les colo- DÎes. Les relations durables sont celles qui sont réciproques et également profitables aux deux parties. Ici Ila loi était faite par l'un des intéressés pour garrotter l'autre; le principe proclamé par le parlement était un principe d'iniquité. Établi comme la loi du plus fort, il ne pouvait se maintenir que par la force. Il convertit le commerce, qui est un élément de pais, en une cause incessante d'irritation, et sema les premiers germes de la guerre civile. L'acte de navigation eut pour dernier , résultpl l'indépendance de l'Amérique.
, '. L'histoire de Virginie, depuis ce moment, n'est en
I effet que le récit des luîtes de la colonie, des restrictions ■ et des violences de la métropole. Dès que l'acte de navigation fut connu en Amérique et qu'on en sentit le» effets destructeurs, les planteurs réclamèrent auprès du roi ; mais les idées de Charles 11 et de son ministèra étaient si parfaitement d'accord avec celles du parle»
ment, qu'au lieu d'écouter les colons on mit tout en jeu pour faire exécuter strictement le monopole. Jetait chose malaisée, car des lois qui subordonnent l'intérêt de tout un peuple à l'intérêt d'un autre pays situé à quinze cents lieues par delà les mers, ne sont pas d'une exécution facife. On construisit des forts sur les rives des principaux fleuves ; on entretint des croiseurs à la côte, ce qui n'empêcha pas la contrebande de prendre aussitôt un développement considérable. Plus tard il fallut introduire les cours d'amirauté. En un mot, on fit sentir à la Virginie toutes les rigueurs de ce système, que, par dérision sans doute, on nomme le système protecteur.
La Virginie n'était pas au bout de ses souffrances; le parlement avait ruiné la production de la colonie, et diminué les franchises de l'assemblée ; le roi, dans ses prodigalités, imagina de donner la province elle-mômeà ses courtisans. Neufans après la restauration, en 1669, il avait fait une concession de terres des plus considérables à lord Culpepper, concession d'autant plus injuste, d'autant plus oppressive qu'elle comprenait dans son étendue des terres cultivées et possédées depuis longtemps par les planteurs; mais il alla plus loin en» 1 673 : il donna à deux favoris, pour le terme de trente et un ans il est vrai, tout le domaine de la terre et des eaux qu'on nomme Virginie, c'est-à-dire la colonie tout entière. Le premier de ces heureux donataires était ce même lord Culpepper, membre du conseil des colonies, courtisan avide et rusé; l'autre était Henri, comte d*A> lin^on, noble seigneur perdu de dettes, mais qui aidait
LA VIBAINIB, le?
auprès du roi un titre des plus sérieux, celui d'avoir donné la main de sa fille au b&tard que le roi avait eu de lady Castlemaine. Telle était la récompense que le roi réservait à ses fidèles provinces d*outre-mer \
Les colons, menacés dans leurs libertés et dans leurs propriétés par ces largesses royales, envoyèrent à Londres pour supplier Charles II de reprendre la souveraineté qu'il avait si follement abdiquée.
« Nous ne voulons pas, disait noblement l'adresse votée par rassemblée, et nous sentons que nous ne devons pas nous soumettre à ceux à qui Yptre Majesté mal informée a concédé la suprématie sur nous, qui payons avec joie à Votre Msyesté plus que nous ne gardons pour notre peine. Travaillant pour Tavant^ge de la couronne^ et désireux d'être plus utiles encore au roi et à la nation^ nous vous prions humblement de ne pas nous soumettre à des hommes qui sont conmie nous vos sujets, et de nous garantir pour l'avenir de toute crainte d*ôtre réduits en servitude. »
Les envoyés étaient chargés de réclamer pour la Yirgînie les privilèges d'une corporation, ce qui, en donnant h la colonie une existence légale, Teùt garantie à l'avenir contre un nouvel envahissement, et en même temps lui eût permis d'acheter et d'éteindre à son profit les droits des concessionnaires. Les agents firent mieux que remplir leurs instructions : ils défendirent et maintinrent la liberté naturelle des colons, réclamèrent l'exemption des taxes arbitraires, et insistèrent sur le droit inaliénable des Anglais» de jouir partout d'une