‹ Histoire des États-UnisChapitre 24 sur 119 · I. Daneron, chop. il · texte numérisé non relu

I. Daneron, chop. il

102 HISTOIRE DE LA FONDATION DES f TATS-UNIS.

Earope, hors des domaines de Votre Majesté. Si cela était pour le service du roi ou dans l'intérêt de ses sujets, nous no nous plaindrions pas^ quelles que fussent nos souffrances; mais^ sur mon ftme, c'est tout le contraire, et c'est la cause pourquoi on ne construit ici ni grands ni petits yaisseanx. C'est que nousy nous obéissons à la loi, tandis que la Nouvelle-Angleterre s'en dispense et fait le commerce partout où son intérêt l'appelle. Je ne vois pas d'amélioration possible dans nos affaires, si on ne nous laisse la liberté de transporter autre part que dans les domaines du roi, et nos bois et nos grains. »

Trente ans plus tard, Beverly consacrait un chapitre de son Histoire de Virginie au peu de soin qu'on a da manufactures en Virginie, sans se rendre compte que les coupables étaient non pas les planteurs, mais ks Anglais, sans se douter qu'il faisait la plus sanglante satire du système colonial.

« On y reçoit d'Angleterre tout ce qui sert à s'habiller, comme les toiles, les étoffes de laine et de soie, les chapetnx et le cuir. Cependant il n*y a point d'endroit au monde où le lin et le cbanvre soient meilleurs; les brebis y sont d'an excellent revenu et portent une bonne toison, mais on nelm tond que pour les rafraîchir. Les mûiiers dont les feuilles ser- Tent à nourrir les vers à soie croissent ici naturellement, et les vers à soie y prospèrent le mieux du monde. — Il y a grande apparence que les fourrures dont on y fait les cba* peaux sont renvoyées dans le pays après en être sorties. D'ailleunon y laisse pourrir une infinité de peaux, et Tonne s'en sert qu'à couvrir quelques denrées sèches dans les maisons un peu délabrées... Malgré les vastes fbrêts qui couTrent le pays, on y fait venir d'Angleterre des meubles, des chaises^ des tables, des coffres, des tabourets^ des caisses^ des roues da

charrette, en un mot^ toutes sortes d*ustensiles de bois, et, qui pis est, des balais de bouleau, ce qu'on aura de la peine à croire K »

Telle fut la politique coloniale de la Grande-Bretagne, système de monopole emprunté de l'Espagne et pour* suivi strictemement pendant plus d'un siècle par vingtneuf statuts du parlement. Pendant longtemps on a vu dans l'acte de navigation un chef-d'œuvre de politique. Au point de vue économique , Adam Smith déclarait que (tétait une véritable violation des droits de rhu" manité; mais au point de vue politique, il l'approuvait : a Comme la sûreté d'un État est d'une plus grande im* portance que son commerce, nous ditril, l'acte de navigation est peut-être le plus sage de tous les règlements de commerce de l'Angleterre *. »

Ce n'est point ici le lieu d'examiner ce qu'il y a de fondé dans l'opinion d'Adam Smith; il ne serait pas malaisé de démontrer que ce faux système, qui isolait toutes les nations, et les constituait ennemies Tune de l'aotie, au lieu de les unir par le Uen de mutuels échangea, a été la cause de la plupart des guerres faites dans les deniers siècles , et que tour à tour il a mis l'Angleterre aux prises avec la Hollande, avec la France et enfin avec l'Espagne ; l'Espagne que, par un abus de la force bien remarq[uable, le cabinet de Londres con-

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