‹ Histoire des États-UnisChapitre 33 sur 119 · SS · texte numérisé non relu

SS

■ ' "" ' />/^/r/prétationî

.' •' '^1'.; .:j parlement, l

;. . ' " '^ !^;:::iication la plu:

• ..-. '''"\. i ::c^ation absolue

• ''"C - - <:::::uelle que récla-

.. -' ■'']^. .. i; j suprématie tempo-

.> '7 ,. .:: îCiiverame des ac-

"' . ^•.^.^" '-"^î pouYou: devai

spl

/••.?• ::.û: la seule tribun^ :,r . - :;*, ViUv.e, où les prédicau.^^ -> c.u.j:::us du ii:oiïieDt

liberté

? l::i:::os, et ;;:i: les sup'

• ^ "• " '• r«- . «V ,. : : . 4 .:: \ a Aisément

^ ' * ^ ■.;:• " •' :::s ";:si:u::ons de

^«4 .1 ressLîii"

>n:.'^^ . ^•. ;..- ,^,::,:: ;:: i—l: ^ux pu-

• • '"^ • '»v ; ; A,^:-^:;?^;: oroissaieul

» - : ■•:• > /:•;,<.;:•;::: l::i dissident:

'*'• ■ ^- *. v . c;^.Sviî:c:h , tffravét

• «c ...^s' V.1 aiit'tcr le;

NEW-PLYMUUTU. 421

j d'une secte qui menaçait à la fois l'Etat et la

; iheureusement, il faut le dire à la honte du passé k pour rinstruction du présent, on ne comprenait •gàke les droits sacrés de la conscience et de la raison. Cette patience qui, tout en condamnant l'erreur, souffre ceux qui s'égarent, cette charité que l'infidélité ne rebute pas, cette douceur qui est l'esprit même de la religion, étaient des vertus inconnues en Europe au seizième siècle, et, comme l'a remarqué Robertson, ÏÏdée de tolérance était si étrangère alors, que le mot même n'existait pas.

En ce point, nulle différence entre les catholiques et les protestants. C'est une erreur de croire que les réformateurs soient venus pour émanciper la conscience et lui donner la liberté dont elle jouit à présent. La reconnaissance des droits de la raison humaine, loin d'être la cause qui fit rompre avec Rome, a été un des deraiers fruits de la Réforme. Luther était plus dogmatique îueses adversaires, quoique du reste l'élévation de son esprit l'éloignât des moyens violents. Calvin, ennemi déclaré de quiconque ne pensait pas comme lui, brûlait le malheureux Servet coupable d'hérésie; Henri VIII jetait au feu ceux qui osaient nier la transsubstantiation, Edouard VI frappait quiconque osait y croire ; et si l'inquisition poursuivait à Rome ceux qui niaient l'infaillibilité du pape, Elisabeth faisait pendre à Tyburn ceux qui ne reconnaissaient point sa suprématie.

Aucune secte ne mit en doute l'infaillibilité de ses doctrines et de ses pratiques ; on eût dit que chaqi^

Qu'est-ce que cette prétention de ne reconnaître que la Bible comme règle de croyance ou de discipline, et en même temps de s'en réserver l'interprétation? Qu'était-ce que refuser ce droit au roi, au parlement, à l'autorité ecclésiastique, sinon la revendication la plus complète de la liberté d'opinion, la négation absolue, non-seulement de la suprématie spirituelle que réclamait la royauté , mais encore de la suprématie temporelle, puisque la Bible était la loi souveraine des actions humaines devant laquelle tout pouvoir devait s'incliner?

A une époque où la chaire était la seule tribune ouverte à qui voulait parler au peuple, où les prédicateurs touchaient à toutes les questions du moment "avec une liberté qui ne peut plus exister aujourd'hui, car les questions politiques ont une autre place , qu'était-ce que cette liberté de prophétiser que réclamaient les puritains, sinon ce que serait aujourd'hui la liberté de réunion et la liberté de la presse sans limites , et telles enfin qu'une république seule peut les supporter?

Personne ne s'y trompa : le peuple, qui va aisément aux partis extrêmes parce que la simplicité le séduit, et qui d'ailleurs, tout sanglant des persécutions de Marie Tudor, avait en horreur tout ce qui ressemblait au papisme, le peuple courut en foule aux puritains, dont le nombre et la hardiesse croissaient chaque jour. Les évoques accusèrent les dissidents de pousser à l'État populaire ; Elisabeth , effrayée pour son autorité, jugea qu'il était temps d'arrêter les

NfiW-PLYMUUm. 421

progrès d'une secte qui menaçait à la fois l'Etat et la religion.

Malheureusement, il faut le dire à la honte du passé et pour l'instruction du présent, on ne comprenait guère les droits sacrés de la conscience et de la raison. Cette patience qui, tout en condamnant l'erreur, souffre ceux qui s'égarent, cette charité que l'infidélité ne rebute pas, cette douceur qui est l'esprit même de la religion, étaient des vertus inconnues en Europe au seizième siècle, et, comme l'a remarqué Robertson, l'idée de tolérance était si étrangère alors, que le mot même n'existait pas.

En ce point, nulle différence entre les catholiques et les protestants. C'est une erreur de croire que les réformateurs soient venus pour émanciper la conscience et lui donner la liberté dont elle jouit à présent. La reconnaissance des droits de la raison humaine, loin d'être la cause qui fit rompre avec Rome, a été un des derniers fruits de la Réforme. Luther était plus dogmatique que ses adversaires, quoique du reste l'élévation de son esprit l'éloignât des moyens violents. Calvin, ennemi déclaré de quiconque ne pensait pas comme lui, brûlait le malheureux Servet coupable d'hérésie; Henri VIII jetait au feu ceux qui osaient nier la transsubstantiation, Edouard VI frappait quiconque osait y croire ; et si l'inquisition poursuivait à Rome ceux qui niaient rinfaillibiUté du pape, Elisabeth faisait pendre à Tyburn ceux qui ne reconnaissaient point sa suprématie.

Aucune secte ne mit en doute l'infaillibilité de ses doctrines et de ses pratiques ; on eût dit que chaque

église ne prétendait être en communion avec Dieu que pour avoir le droit d'excommunier le reste des chrétiens. Ce n'était point comme des aveugles dignes de pitié qu'on regardait les hommes d'une autre opinion, c'était comme des idolâtres, des sacrilèges, des ennemis publics qu'il fallait exterminer par le fer et par le feu ainsi que les Juifs avaient fait des Madianites. Souffrir l'erreur comme un moindre mal que la violence faite aux consciences, c'était agir en politique, en athée qui cède à de misérables considérations temporelles. L'hérésie était un crime aussi grand que le meurtre, l'extirper était le premier devoir du magistrat.

C'est une remarque profonde de Hume, qu'il y a peu de martyrs qui, au sortir du supplice, ne l'imposent volontiers à autrui. La lutte des sectes d'Angleterre est la justification de cette pensée de saint Paul, qu'on peut livrer son corps au bûcher sans avoir la charité * . ^La persécution qui fait violence aux sentiments d'humanité qui sont notre essence même, la persécution trouva des apologistes parmi les hommes de la vie la plus sainte; la foule l'accueiUit avec transport ; les docteurs la défendirent; les magistrats la favorisèrent; le zèle aveugle du sectaire la soutint : que dis-je du sectaire? le zèle même du martyr; le puritain mourant amnistiait le supplice : il accusait le bourreau d'erreur, et rien de plus.

« L3S hérétiques, écrivait Gartwright, doivent être mis i mort. Sirous appelez cela être sanguinaire et extrême, je suis

Page 1