Paul adCorinth., xiii, S
NEW-PLIMOUTE. 123
' satisfait d'être compté dans ce nombre avec le Saint-Esprit. Je nie que le repentir entraine le pardon de la mort. Les magistrats qui punissent le meurtre et sont lents à punir Tin frac-
^ tien de la première table de la loi, commencent par le mauvais bout. »
Cet aveuglement nous étonne ; et cependant, chan- • gez le sujet de la passion humaine, mettez la politique à la place de la religion, et cette histoire est la nôtre.
Il a fallu le ^ng versé pendant la Révolution et les brusques retours de la fortune et de l'opinion pour ébranler notre fanatisme, pour nous imposer à force de douleurs cette tolérance, qui indique l'aurore d'un âge nouveau, la fin de rijflporjance qu'on attache aux formes de gouvernement. Qu'est-ce que Robespierre, sinon un puritain politique qmî croit en l'infaillibilité de son esprit étroit et jaloux? Qu'est-ce que cette accusation de modérantisme avec laquelljB on menaçait la tête de tous les gens tièdes ou indifférents? Révolution ou Réforme, c'est le même spectacle. Dans ces fièvres de rhumaxxité, il c'y a plus que des partis extrêmes : persécuteur ou persécuté^ victime ou bourreau ! C'est une guerre sainte où l'on poursuit la victoire ou le martyre, où l'on ne sent ni les coups portés, ni les coups reçus jusqu'au moment où l'ivresse du sang dissipée, il ne reste plus à tous que l'horreur et le remords.
Nulle part l'intolérance ne fut plus grande qu'en Angleterre. L'Église établie réclama avec passion l'extirpation de l'hérésie ; elle y intéressa la royauté que les puritains avaient blessée dans âon orgueil et sa puissance. C'était une réflexion favorite de Jacques P% que
l'intérêt de la monarchie était le même que celui de l'Église : Point (Pévêque^ point de roi^ disait-il, no cross, no crown. Cette maxime fait encore aujourd'hui le fond de la constitution anglaise.
Les lois du royaume armèrent de moyens violents Elisabeth, fort disposée à en user avec rigueur. L'amende, la prison, la mort frappaient les chefs des puritains , et comme toujours , au lieu d'éteindre le zèle , la persécution l'enflammait.' Les puritains , exaspérés, poussèrent leurs opinions aux dernières limites ; la haine de l'Église anglicane leur fit prendre en horreur toute autorité ecclésiastique ; les presbytériens, qui avaient? conservé un semblant de hiérarchie, parurent froids et politiques. On ne voulut plus soufErir aucune règle, aucune contrainte; on demanda la liberté la plus absolue dans le gouvernement de l'Église. En deux mots , c'était le régime républicain dans la croyance, en attendant qu'il passât dans le gouvernement.
Le martyre, cette force irrésistible de la faiblesse, comme le nomme éloquemment Milton^ doubla le nombre des puritains. En 1S93, il fut dit dans le parlement, qu'il y avait plus de vingt mille individus fréquentant leurs réunions, et on proposa de les bannir comme l'Espagne avait fait des Maures. La déportation seule pouvait donner la conformité, car la rage des persécuteurs était impuissante, malgré le zèle de la haute commission pour les affaires ecclésiastiques, tribunal