‹ Histoire des États-UnisChapitre 55 sur 119 · Baocroft, ii · texte numérisé non relu

Baocroft, ii

Après cet achat, le Massachusetts , laissant de cAté ses anciennes prétentions, et agissant désormais comme cessionnaire du propriétaire primitif, comme seigneur féodal, établit une administration séparée pour le Maine, qui jusque-là avait été considéré comme un district, une portion de TÉtat. Le Massachusetts fut le souverain du Maine, comme ayant 1789 Berne était le souverain de Yaud. Ce furent les puritains qui nommèrent le président et le conseil, comme eût fait le roi ou le seigneur ; les habitants eurent seulement le droit d'élire l'assemblée générale.

En 1691 9 quand sous Tempire d'une charte nouvelle le Massachusetts devint province royale , le Maine ne fut plus qu'un comté de la province. Après la conquête de l'indépendance, il a continué de faire partie du Massachusetts, quoique les anciens souvenirs ne fussent pas éteints, et enfin^ en 1820, il est redevenu un État séparé.

Nous en avons fini avec ces faits peu intéressants qui entourent le berceau des colonies de l'est. Il ne nous reste plus, pour achever l'histoire de la Nouvelle-Angleterre, qu'à conduire le Massachusetts jusqu'à la révolution de 1688. Nous l'avons laissé de côté pour suivre cet essaim de colonies qui sortit de son sein.

Mais, avant de rentrer dans cette étude particulière, constatons le résultat de nos recherches : c'est que^ toutes ces .colonies, animées d'un même esprit, soutenues par une même croyance, élevées dans les mômes idées, dévouées aux mômes institutions, forment réellement un peuple d'un caractère prononcé et d'une phy-

sionomie distincte. Malgré des nuances dans le gouTernement, c'était bien une seule et même race qui habitait toute la Nouvelle-Angleterre. Partout nous avons trouvé ces puritains jaloux de leur religion et de leur liberté, esclaves de la coutume, indépendants de l'autorité, habitués dès le premier jour à se gouverner eux-mêmes, n'attendant rien de la mère patrie, et se défiant même de sa protection ; en somme un peuple tout républicain par ses mœurs et ses institutions, plus d'un siècle avant que le nom même de république fût prononcé.

S'il fallait une preuve de l'unité de la Nouvelle-Angleterre, et en même temps de cet esprit d'indépendance qui en faisait dès le premier jour une nation à part, et ne tenant à la mère patrie que par un lien plus nominal que réel, on la trouverait dans ce fait remarquable d'une Union des colonies puritaines dès Tannée 1643 ^

En 1637, après la victoire remportée sur les Indiens Pequods, qui disputaient aux émigrants le sol du Connecticut, les magistrats et les anciens de cette colonie naissante, réunis en synode à Boston , avaient parlé d'une confédération. C'était une idée qui était familière aux puritains, car la Hollande^ d'où étaient sortis les premiers pèlerins, était à cette époque un objet d'études et d'admiration comme ÉgUse et comme État. L'absence de& dentés de New-Plymouth fit ajourner ce projet. Il fut repris Cannée suivante, mais les députés du Con* necticut, offusqués de certaines prééminences que ré-

Page 1