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Bancroft, I, 421,Story, g

198 HISTOIRB DE LA VONDÂTION DES £tâTS-UNIS.

guerre, c'était aux États seuls qu'il appartenait de don* ner la vie à cette décision.

Dans l'acte d'union, il y avait une réserve faite par les nouveaux membres qui désireraient entrer dans la confédération, mais cette clause fut sans effet. Les colons de New-Hampshire et du Maine ne furent point admis, parce qu'ils suivaient une voie différente de celle des puritains j aussi bien dans le ministère que dans r administration civile. La requête de Rhode-Island fut rejetée parce que Plymouth réclamait cette petite province, comme étant comprise dans sa patente et sujette à sa juridiction.

Cette confédération se maintint malgré la jalousie du parlement, fut favorisée par Cromweli, et tolérée par les Stuarts, qui n'y virent sans doute qu'un moyen de défense contre les attaques extérieures ou les surprises des Indiens, et de fait c'était là son principal objet. Les colonies, d'ailleurs, étaient si faiblement peuplées, que leur union ne pouvait inquiéter l'Angleterre, trop occupée de la guerre civile pour songer aux affaires du dehors. On estime qu'en 1641, au moment de la réunion du long parlement, le nombre d'émigrants passés en Amérique ne dépassait pas vingt-quatre mille personnes. C'en était assez cependant pour exciter la jalousie de révoque Laud et de l'Église épiscopale. En 1637 ils avaient obtenu un ordre du roi pour interdire rémigration des puritains.

On ne parlerait pas de cette défense, qui ne dura que quelques jours, si elle ne donnait l'occasion de mettre en garde contre une erreur historique généra-

lement reçue, et qui cependant n'a aucun fondement. On lit partout que dromwell et Hampden faisaient partie d'un convoi d'émigrants qui se rendait en Amérique, que la proclamation de 1637 les arrêta déjà embarqués dans le port, et qu'ainsi le malheureux roi retint ses ennemis au moment même où il allait en être délivré pour jamais.

La vérité est, Bancroft l'a démontré suffisamment, qu'il n'eiiste pas la moindre preuve que Hampden et Cromv^ell fussent parmi les passagers qu'on arrêta quelques jours dans la Tamise; et d'ailleurs si Cromwell eût voulu s'exiler, quelle difficulté légale eût arrêté cet honmie qui avait pris pour devise : nulla vestigia retror-- 8um, et qu'on n'effrayait pas aisément.?

Ce qui est vrai, c'est que Charles P% inquiet de cette émigration d'hommes unis par la foi et par un amour de rindépendance religieuse et politique poussé jusqu'au fanatisme, avait attaqué la charte du Massachusetts, et commencé un procès pour en obtenir la révocation. Ce qui est vrai aussi, et bien remarquable, c'est que cette poignée d'hommes, se confiant dans son éloignement, et remarquant en style biblique que David exilé pouvait parler plus librement à Saûl à cause du vaste espace qui les séparait, repoussait '«n termes menaçants les prétentions du roi.

« La révocation delà charte, c'était, disaient-ils, un manque de foi gros de malheurs pour eux et leurs voisins. En décourageant tout esprit d'entreprise à l'aveinir, cet acte fortifierait d'autant les plantations des Français et des Hollandais. »

« Enfin, ajoutaient-ils, si la charte nous est enleyéei les peuples comprendront que Sa Majesté les a rëjetés, et que désormais ils sont affranchis de toute fidélité et de toute sujétion; ils s'uniront sous un nouveau gouvernement, pour leur salut et leur subsistance commune , ce qui sera d*un dangereux exemple pour les autres plantations , et périlleux pour nous qui encourrons le déplaisir de Sa Majesté. »

La révolution, faite au profit des puritains, mit fin aux inquiétudes de la colonie. Le Massachusetts comptait assez d'amis dans le long parlement pour qu'on l'encourageât à s'assurer de nouveaux privilèges; mais la crainte de compromettre l'indépendance de la plantation rendit ses magistrats méfiants, et, avec une sagesse et une prudence extrême, ils ne voulurent point sortir de robscurité qui les protégeait.

« Après la grande liberté que le roi a laissée au parlement, écrivait Winthrop*, quelques-uns de nos amis nous ont offert de solliciter pour nous auprès du parlement, nous donnant Tespoir d'obtenir beaucoup. Mais en y réQéchissant , nous avons décliné leur offre, par cette considération qu'en nous rangeant sous la protection du parlement, nous nous soumettons ainsi à toutes les lois qu'il pourra faire, et tout an moins à toutes celles qu'il lui plaira de nous imposer. Gela pourrait nous devenir très-préjudiciable. »

Cette opinion du premier magistrat de la colonie est remarquable, car, ainsi qu'on le verra, la cause principale de la révolution des colonies fut l'indépendance qu'elles prétendaient à l'égard du parlement.

Les puritains ne se montrèrent pas moins jaloux de

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