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Moulh ^thout hands, maintained at vast expense, In peaee a charge, in var a veak defence. Stout once a month they march, a blustering ttand^ And eyer, bul in time ofneed at hand.
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254 HISTOIRE n£ LÀ FONDATION DES ÉTATS-U1II8.
France il a été longtemps tout militaire, ce qui suffi* rait pour expliquer les vicissitudes de la liberté dans les deux États. Ce n'est pas que nos voisins soient moins jaloux de leur grandeur nationale ; mais ils savent que la force de FÀDgleterre est dans ses vaisseaux ; et cette force tout extérieure, ils ne Tignorent pas, ne peut jamais servir l'ambition d'un prince et se retourner contre le pays. C'est une défense contre l'ennemi; ce ne peut jamais être une menace contre la liberté.
Ces idées passèrent TOcéan avec les premiers émigrants. Us ne demaudèrent pas à la mère patrie de les protéger, ils se défendirent eux-mêmes contre les Indiens, les Français et les Espagnols. Dans nos luttes avec les Anglais du nouveau monde, ce sont les milices provinciales qui nous firent le plus de mal. C'est à leur tête et contre nous que se distingua Washington ; ce sont elles enfin qui soutinrent U guerre de la révolution, et qui, aidées par nous, chassèrent les Anglais du continent. Les généraux de la guerre de l'indépendance étaient des avocats, des fermiers, des forgerons, et il en était des soldats comme des généraux. On comprend qu'avec de pareils souvenirs, les milices soient restées populaires aux États-Unis et qu'on n'y veuille '' pas d'autre organisation. L'arniée permanante , peu nombreuse *, disséminée sur les frontières pour contenir ce qui reste d'Indiens, n'a aucune influence, quoique les officiers sortis de West-Point soient capables et in-
1. Eu 1851, l'armée permanenle est composée de 964 ofQciers cl 9,285 soldais, total 10,?48. American almanach. 1854, p. 115*
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struits. En revanche, là-bas comme en Suisse, c'est la gloire et l'amour-propre de jouer au soldat, de s'exercer au maniement des armes et aux exercices militaires. C'est ce qui explique comment, pour l'expédition du Mexique, on a pu trouver si vite un si grand nombre de volontaires, intrépides et rompus au rude métier de la guerre. S'il n'y a point d'armée, il y a des soldats.
A la différence des Français, les Américains prennent au sérieux leur garde nationale pendant la paix, et comprennent quel est son devoir. Ils savent qu'elle est destinée à maintenir la tranquillité publique et à faire régner la loi; aussi, dans les moments difficiles, traitent-ils l'émeute avec une extrême rigueur. C'est une justice populaire qui, n'ayant pas de responsabilité, ménage peu ceux qui résistent. Chez nous, où manquent les mœurs politiques et ce respect de la loi qui est la première condition d'un libre gouvernement, la garde nationale n'est qu'une puissance d'opinion ; aussi, tour à tour, et suivant que l'opinion a raison ou s'égare, est-elle une défense admirable ou une arme qui éclate dans la main qui s'en sert; aux États-Unis, au contraire, la milice fait en général une police excellente et maintient la devise de toute république, ordre
ET LUSERTÉ.
On voit maintenant quelles racines profondes a jetées la liberté dans ce pays, que des voyageurs superficiels jugent trop légèrement. A ne considérer que les partis qui s'agitent à la surface, le choc des opinions, le bruit et les injures des journaux, la faibksi^ ^^^^-
rente des États, ou du gouvernement central, on peut douter du maintien et de la durée de la république. Mais, pour qui a pénétré dans les fondements de l'édifice, pour qui a vu sur quelles assises larges et solides repose la société américaine, celui-là, sans inquiétude sur la liberté des États-Unis, ne peut que souhaiter à la France d'emprunter à l'Amérique, dans la mesure de son génie, non point des formes qui n'ont rien d'essentiel, mais cet esprit qui fait la force et la grandeur de la société américaine, ce self government^ qualité admirable qui contient à la fois l'esprit d'ordre et l'esprit de iberté, l'indépendance et le respect * .
1. Sur ces principes qui, aux États-Unis, constituent la liberté, ▼o>ei à r Appendice la lettre de John Adam« à Tabbé de Mably.