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350 HISTOiaE DE hk FONDATION DES £TATS-X}NIS.
fermeté. Les Américains, aussi jaloux delà liberté politique que les Anglais, ont conservé ce principe qui, je Tavoue» me semble prêter à la discussion, et qui d'ailleurs conclut plutôt à une majorité considérable qu'à l'unanimité.
Enfin, la charte promettait la liberté de religion à tous, dissidents,yt^/5 ou païens; mais (et Locke n'était pas blâmable en ce point, car c'est malgré lui qu'on avait refusé l'égalité des cultes ^) ce n'était que de la tolérance. L'Église établie était déclarée seule nationale et orthodoxe, et seule aussi devait être entretenue par la colonie au moyen de subsides votés par le pariement.. Les autres congrégations avaient la liberté de taxer leurs membres pour le soutien du ministère, mais l'État ne venait point à leur secours.
Il est curieux de voir par quel détour Locke établit la liberté des cultes ; les articles 97 et 106 sont moins des chapitres de loi qu'un traité de tolérance.
Art. 07. « Gomme les natifs de la plaotation sont toatàfoit étrangers au christianisme, et que leur idolâtrie, leur ignorance, ou leur erreur ne nous donnent aucun droit de les chasser ou de les maltraiter, et comme ceux qui viennent d'autres pays pour s'établir ici seront infailliblement d'opinions différentes en ce qui touche la religion, qu'ils comptent qu'on leur laissera leur liberté à ce sujet, il ne serait pas raisonnable à nous de les éloigner à cause de cela : afin donc que la paix soit maintenue parmi la diversité d'opinions, et
1. Art. 96 et la.note, qui nous apprend, d'après Locke lui-même, que c'était un des propriétaires qui avait Inséré cet article eooireriipinion du philosophe.
LES DEUX €ÂR(».INES. 35i
que notre accord et contrat avec tous les hommes soit dûment et fidèlement observé, contrat dont la violation, quel qu'en fût le prétexte, ne peut avoir lieu sans grande offense au Tout-Puissant, et grand scandale pour la vraie religion que nous professons; et aussi afin que les juifs, païens et autres dissidents de la pureté de la religion chrétienne , ne soient pas effrayés et tenus à distance de cette religion, mais qu'au contraire ayant Toccasion de connaître tout ce qu'il y a de vrai et de raisonnable dans ses doctrines, et combien ceux qui la professent sont pacifiques et inoffensifs, on puisse les amener à embrasser et à recevoir sans feinte la vérité , par de bons traitements, par la persuasion, et par ces moyens de <douoeur et de bonté , seuls modes de conviction qui s'accordent avec les règles et les desseins de l'Évangile; pour toutes ces causes, toutes personnes, au nombre de sept ou plus, ayant une même religion quelle qu'elle soit, pourront constituer une Église à laquelle elles donneront un nom pour la distinguer des autres Églises. »
Art. i06. « Personne ne pourra parler d'nne autre Église en termes de reproches, de mépris ou avec violence : ce langage étant le moyen sûr de troubler la paix et d'empôcher les gens de se convertir à la vérité, en les engageant dans des querelles et des animosilés, et en leur faisant haïr les fidèles et la religion qu'autrement peut-être on leur aurait fait adopter. »
Du reste, cette tolérance de l'État n'était rien moins que l'indififérence. A dix-sept ans, tout habitant devait déclarer à quelle communion il appartenait, et se faire inscrire dans une église j autrement il ne pouvait invoquer la protection des lois. On n'était citoyen de la Caroline qu'en reconnaissant qu'il y a un Dieu, et que Dieu doit être honoré publiquement *