‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 30 sur 96 · LA VIRGINIE ET LE MARÏLAND · texte numérisé non relu

LA VIRGINIE ET LE MARÏLAND

acres ; ils possédaient de nombreux esclaves et tenaient table ouverte. Dans les occasions solennelles, il y avait grand déploiement de luxe et de cérémonies. Un des premiers gouverneurs n'allait à l'église que dans l'appareil suivant, décrit par son secrétaire :«Cbaque dimanche, quand le lord gouverneur, capitaine général, se rend à l'église, il est accompagné de tous les conseillers, capitaines et autres officiers, sans parler de tous les gentlemen, avec une garde de cinquante hallebardiers portant la livrée de sa seigneurie [le manteau rouge), qui marchent de chaque côté et derrière lui. Sa seigneurie occupe an siège particulier dans le chœur; c'est une grande chaise tendue de velours avec un dais; devant lui est un coussin de velours sur lequel il s'agenouille ; autour de lui prennent place le conseil, les capitaines et autres officiers, chacun selon leur rang. Quand il retourne à sa demeure, on le reconduit avec le même cérémonial. »

Par la suite, les habitants de la Virginie obtinrent le droit de se gouverner eux-mêmes. Us eurent une législature do leur choix appelée « la Maison des Bourgeois », dont les décisions étaient soumises à la sanction, de la Compagnie, en Angleterre. A la fin ils se firent donner une constitution écrite. D'institution de l'esclavage, de l'avis des plus intelligents parmi eux, engendra l'ignorance et la paresse ; mais il se développa dans le pays une classe aristocratique, qui comptait des hommes d'un grand caractère et d'une énergie peu commune. On voit encore dans la Virginie les ruines de beaucoup de vieilles églises et de majestueuses maisons bâties en briques importées, et ornées d'escaliers en bois d'acajou sculpté, dont l'aspect évoque le souvenir d'une noble et opulente colonie. A l'époque de la Révolution américaine, la

Virginie se mit à la tête des autres Etats; elle fut la première à proposer la séparation d'avec la mère patrie, et plusieurs des hommes les plus renommés dans le Congrès et sur les champs de bataille sortirent de son sein.

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