LA VIRGINIE ET LE MARYLAND
roi promit môme de ne point lever de taxes sur la colonie, à condition qu'il lui serait payé, chaque année, en signe de soumission, un tribut de deux flèches indiennes, plus un cinquième sur la totalité de l'or et de l'argent qui pourraient y être découverts. La charte royale portait, on outre, que les colons participeraient, jusqu'à un certain point, à la formation des lois ; mais, en réalité, ces lois ne furent faites que par lord Baltimore ou les gouverneurs qu'il lui plut de nommer. Cette tyrannie mécontenta la population, bien que lord Baltimore fût personnellement un homme très respectable et très éclairé, d'une tolérance toute particulière en matière de religion. Il était catholique romain, et les premiers colons appartinrent au même culte pour la plupart. Mais, dès l'origine, il avait été convenu que toutes les communions chrétiennes vivraient dans le Maryland sur le pied d'égalité. En 1649, l'assemblée coloniale passa un acte portant qu'aucune personne « qui professerait de croire en Jésus-Christ ne serait molestée pour cause de religion, ni gênée dans le libre exercice de son culte, ni forcée de reconnaître une autre religion contre son gré. » Cela n'allait pas, comme dans Rhodc-Island, jusqu'à l'admission des Juifs et de tous ceux qui ne pratiqueraient pas le christianisme, mais, en somme, c'était encore une tolérance presque exceptionnelle à cette époque. Si parfois les quakers furent punis, ce ne fut point en raison de leurs doctrines religieuses, mais parce qu'ils se refusaient au service militaire. On surnomma cette colonie « la Terre du Sanctuaire. »
Un grand nombre de puritains, chassés de la Virginie par de vives persécutions, se réfugièrent dans le Maryland; ils y excitèrent bientôt des troubles, paire crue ni eux ni leur chef Glayborne ne pouvaient s'en-
tendre avec les catholiques romains, et ils devinrent assez puissants pour faire passer un acte décrétant que les catholiques n'auraient droit à aucune protection dans cette colonie qu'ils avaient fondée. Le roi mit un terme aux dissentiments en étahlissant l'Église d'Angleterre au Maryland (1691) ; vingt ans plus tard, il remit cette colonie aux mains d'un descendant de lord Baltimore qui s'était converti au protestantisme. En dehors de ces troubles suscités par des questions religieuses, le Maryland fut prospère et offrit une grande analogie avec la Virginie sous le rapport des mœurs et des habitudes. L'esclavage y était en vigueur; il y avait peu de grandes villes; les habitants vivaient en général sur leurs plantations et cultivaient le tabac. Comme les Yirginiens, ils payaient toutes leurs dépenses avec cette denrée. Leur Maison d'État avait coûté 40,000 dollars de tabac. Ils eurent peu à souffrir des Indiens, et, même dans les guerres contre les Français et les sauvages, ce ne furent que les établissements de l'extrême ouest qui, chez eux, éprouvèrent des dommages. Il est vrai que de vives altercations s'élevèrent entre le Maryland et la Pennsylvanie sur les questions de frontière; mais le différend fut réglé par deux arpenteurs, Mason et Dixon. La ligne de démarcation qu'ils tirèrent en 1750 a toujours été nommée depuis « la ligne Mason et Dixon ». Pendant bien des années, cette ligne eut une importance toute spéciale, parce qu'elle séparait les États libres de l'Union des États esclavagistes.
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LES COLONIES DU SUD