CHAPITRE XXV
madison et monroe. — la guerre de 1812 et l'ère du bon sentiment
Le successeur de Jefferson à la présidence fut James Madison, de la Virginie. Il avait été membre de la Convention qui avait élaboré la Constitution. Le bail de la présidence fut renouvelé pour lui : il la garda l'espace de huit années, de 1809 à 1817. Au moment de son élection, il trouva l'Amérique engagée dans des discussions avec le gouvernement anglais au sujet du droit de visite sur les navires américains et des restriclions apportées au commerce. Ces discussions n'ayant pas abouti, le Congrès des Etats-Unis, à une majorité considérable, déclara la guerre à l'Angleterre le 18 juin 1812. Il y eut beaucoup d'opposition à cetle guerre qu'un grand nombre regardaient comme inutile; certains même étaient d'avis que les offenses commises par l'Angleterre n'étaient pas aussi graves que celles qu'on pouvait reprocher à la France. Ce différend accrut l'animosité entre les Démocrates, qui tenaient pour la France, et les Fédéralistes, qui préféraient l'Angleterre ; il arriva même que plusieurs membres de ce dernier parti se réunirent en Convention à Hartford (Connecticut) pour s'opposer à la prolongation de la guerre.
Elle continua cependant, quoique tout d'abord les Américains n'essuyassent que des revers. Il y eut une tentative pour envahir le Canada, mais le général Ilull se vit à la fin obligé de rendre Détroit aux
troupes anglaises, et le général Van Renselaer fut battu. Les Indiens jouèrent un rôle important dans cette guerre en combattant les Américains sous un chef nommé Tecumseh, qui conçut le plan d'unir toutes les tribus indiennes contre les blancs, comme Pontiac l'avait tenté il y avait un demi-siècle.
Même avant l'ouverture des hostilités entre les États-Unis et l'Angleterre, Tecumseh avait conduit les Indiens contre les Américains ; il avait été battu par le général Harrison àTippecanoe, et cette défaite n'avait fait qu'exciter son désir de former une alliance entre les tribus indiennes et les troupes anglaises. Il prit une part active à un grand nombre de combats et finit par se faire tuer.
Tandis que l'armée de terre des Etats-Unis essuyait des revers dans cette guerre de 1812, la marine, en revanche, se couvrait de gloire : la frégate Constitution, commandée par le capitaine Hull, captura la frégate anglaise Guerrière, et les Américains ne bornèrent pas là leurs succès. D'un autre côté, la frégate anglaise Shannun captura la frégate américaine Chesapeake à l'entrée même dû port de Boston, et le brave capitaine Lawrence, le commodore du Chesajieake, tomba mortellement frappé! « N'amenez jamais le pavillon! » s'écria-t-il en expirant.
Une lutte s'engagea quelque temps après sur le lac Érié (10 septembre 1813) entre une escadre anglaise de six vaisseaux et une escadre de neuf vaisseaux américains. Ces derniers étaient commandés par le lieutenant Perry; son vaisseau amiral était appelé le Lawrence, en souvenir du brave capitaine du Chèsapeake, et il avait inscrit sur son propre pavillon les dernières paroles prononcées par Lawrence avant d'expirer. Ce vaisseau fut presque entièrement détruit