‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 62 sur 96 · LE MOUVEMENT ANTI -ESCLAVAGISTE · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT ANTI -ESCLAVAGISTE

le prit, on l'enferma dans une forteresse où il resta jusqu'à sa mort. La guerre continua pendant bien des années à grands renforts d'hommes et d'argent, jusqu'à l'extermination presque entière de la tribu, et la somme d'argent que nécessita une pareille lutte fut trois fois plus considérable que celle qui avait été payée jadis à l'Espagne pour l'acquisition de la Floride. . Cette guerre de Floride, engagée en grande partie contre les esclaves marrons, ne fit qu'exciter l'opinion publique relativement à l'esclavage.

Un citoyen nommé Benjamin Lundy, quaker de religion, lança certain journal intitulé le Gfaùede l'rmancipation universelle, dans lequel il demandait que les esclaves fussent affranchis graduellement. Cette publication fit peu de bruit, mais en 1831, un jeune homme, William Lloyd Garrison, qui avait été l'associé de Lundy, rédigea à son tour un journal hebdomadaire bostonien, intitulé le Libérateur, dont le but avoué était l'émancipation immédiate et sans conditions. Celte feuille produisit une vive émotion de tous côtés. La législature de Géorgie mit à prix pour cinq mille dollars la tête de Garrison, et le gouverneur du Massachusetts, Edward Évcrett, prétendit, dans son message annuel que les abolilionnistes devaient être poursuivis devant les tribunaux. William Garrison avait écrit dans son journal : et Je ne veux pas d'équivoque, je ne présenterai pas d'excuses, je ne reculerai point d'un pas, et je serai entendu! »

Une révolte terrible qui éclata en Virginie mit le comble à l'indignation. Ce mouvement était dirigé par un esclave nommé Nat Turner, qui, avec une bande d'affidés, allait de maison en maison, égorgeant des familles entières. Garrison réprouvait ces excès, de même qu'il condamnait toute guerre et toute effusion

do sang; néanmoins, on fit remonter l'origine de ces crimes odieux à son enseignement. Nat Turner l'ut enfin arrêté, jugé et exécuté, mais la Société antiesclavagiste de la Nouvelle- Angleterre, fondée par Garrison en 1832, exerça de jour en jour plus d'inlluence.

D'autres sociétés analogues s'établirent dans différentes parties du pays. Pour mettre un terme à cette agitation, le président Jackson pressa le Congrès de rendre un biU retirant aux publications anti-esclavagistes le droit d'être transmises par la poste. Ce bill fut repoussé.

Lr président Jackson resta populaire auprès de beaucoup de gens, grâce à l'énergie et à la fermeté qu'il avait déployées en maintes circonstances, particulièrement dans l'affaire de la Caroline du Sud, et aussi parce que son veto avait empêché l'établissement d'une banque nationale à laquelle le parti qui le soutenait était fort opposé. Beaucoup d'autres, au contraire, le blâmaient pour ces mêmes actes, et tant qu'il garda le pouvoir, le bon accord fut loin de régner. Il se (il haïr en destituant trop volontiers de leurs emplois les adversaires de son administration et en mettant à leur place les partisans de sa politique. Ce système n'avait jamais été pratiqué ouvertement jusque-là; par malheur, il a toujours prévalu depuis. La nation était cependant en voie de prospérité et la dette publique amortie. Il y eut même un excédent de revenu dont le montant fut réparti entre les Etats de l'Union.

Le recensement de 1830 accusa un chiffre de près de treize millions d'âmes, plus du triple de la population au temps de Washington. En outre, deux nouveaux États furent annexés à l'Union : 1° l'Arkansas

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