VAN BUREN, HARRISON, TYLER ANNEXION DU TEXAS
Martin Van Buren, de New -York, fut président de 1837 à 1841. Ainsi que le général Jackson, son prédécesseur, il était candidat du parti démocratique, qui différait du parti whig, comme on appelait dorénavant le parti de l'opposition, en ce sens surtout qu'il insistait sur les droits particuliers des États beaucoup plus que sur les droits du gouvernement général.
Pendant l'administration de Van Buren, la frontière du Canada fut fort émue par certaine révolte des Canadiens contre le gouvernement anglais. Les Américains du voisinage sympathisaient pour la plupart avec les rebelles. Mais le gouvernement interdit sagement toute assistance active comme contraire au droit international. La révolte s'apaisa enfin ; mais un autre
mouvement, d'une bien plus haute importance, ne fit que s'accroître aux États-Unis tant que dura la présidence de Van Buren. Ce fut le mouvement anti • esclavagiste; il devint de plus en plus formidable et occasionna des émeutes, des scènes de violence, même dans les États libres. Une petite esclave nommée Med venue à Boston avec son maître, fut déclarée libre par la Cour suprême de cet État, comme n'étant point en état de fuite. Maint exemple du même genre se produisit. D'autre part , un meeting de la Société antiesclavagiste des femmes de Boston fut interrompu par la populace, et le maire se déclara incompétent à le protéger. Le philanthrope Garrison, ayant essayé de haranguer la foule, fut traîné dans les rues la corde au cou, et ne dut son salut qu'à l'intervention de la police, qui le mit en prison pour sa BÛrelé. Une salle publique à Philadelphie, appelée Salle Pennsylvanienne, où se réunissait la Convention nationale des femmes anti-esclavagistes, fut brûlée; des écoles établies pour les enfants de couleur dans le New-Hampshire et dans le Connecticut furent licenciées. A Alton (Illinois), le révérend Lovejoy, éditeur d'un journal anti-esclavagiste, fut tué par la populace. Dans le Congrès, un projet avait été présenté pour l'annexion du Texas, qui était alors une république indépendante. Comme on vit que cette mesure aurait pour effet de fortifier l'esclavage, le Congrès reçut des milliers de pétitions destinées à la combattre et signées en grand nombre par des femmes. On faisait l'impossible pour écarter ces pétitions, et l'ex-président, John Quincy Adams, parla en faveur des pétitionnaires, une heure par jour, pendant douze jours consécutifs, au milieu de constantes interruptions. L'annexion du Texas fut temporairement écartée,