HARRISON ET TYLER
mais le Congrès- décida, par un règlement qui demeura l'espace de dix années en vigueur, que toute pétition ayant trait à la question de l'esclavage, serait rigoureusement interdite.
Sous la présidence de Van Buren, la détresse commerciale fut extrême ; il se produisit de nombreuses faillites, et ce triste état de choses fut la principale raison qui l'empêcha d'être réélu. Aucun nouvel Elat ne fut annexé pendant son administration ; d'après le recensement de 1840, cependant, il fut constaté que la population totale atteignit dix-sept millions d'âmes, le quadruple de la population existante sous Washington.
Le mécontentement général causé par la mauvaise situation des affaires, provoqua des débats très vifs lors de l'élection nouvelle. Le général William Henry Harrison, de l'Ohio, qui avait vaillamment combattu contre Tecumseh et ses Indiens, trente ans auparavant, fut. élu président, par les whigs. Gomme il arrivait d'un pays qui passait alors pour Vextrême ouest, on lui donna le sobriquet de candidat de la Imita de bain, et de toutes parts on éleva des cabanes en bois pour les meetings. Il y eut des fêtes politiques où l'on ne but que du cidre, la boisson favorite des fermiers. Des chansons composées tout exprès pour ces solennités célébraient « le héros du Tippecanoe » ou bien Tippecanoe and Tylertoo ', John Tyler étant candidat à la vice-présidence. Bref, ce fut la campagne électorale la plus bizarre qu'on eût encore vue. Le général Harrison fut élu aune écrasante majorité (1841), mais il ne survécut qu'un mois à sa nomination, et le viceprésident John Tyler, de Virginie, devint de droit
1, Tippecanoe et Tyler missi.
président pour le reste des quatre années (1841-1845).
Sous son administration, le pays demeura en paix avec les nations étrangères, bien que la guerre eût été sur le point d'éclater entre les Etals-Unis et la Grande-Bretagne, au sujet d'une question de limites entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Un traité fut conclu en 1842 par lord Ashburton au nom de l'Angleterre et par Daniel Webster pour l'Amérique, qui régla définitivement la question des frontières.
Il se produisit du reste différents troubles intérieurs dans certains États : à Rhode-Island (1842), on se révolta contre l'ancienne charte coloniale par laquelle cet État avait toujours été gouverné; après une lutte armée assez courte, qui est connue sous le nom de « Doit war », la révolte fut étouffée, mais elle eut pour conséquence l'adoption d'une nouvelle constitution. Dans l'Etat de New-York, le long du fleuve Hudson , où étaient situés les biens des vieux « patrons » hollandais, les tenanciers se refusèrent à payer fermage aux descendants de leurs anciens propriétaires, et une résistance armée se manifesta pendant quelque temps.
Il y eut aussi beaucoup de troubles dans l'IUinois, où une secte religieuse, celle des Mormons, qui se faisaient appeler les Saints des Seconds Jours, avait construit la cité de Nauvoo. Les mobs, ces ramassis de furieux si redoutables, les assaillirent coup sur coup.
La secte des Mormons avait été fondée quatorze ans auparavant par un certain Joseph Smilh, qui prétendait avoir découvert dans la terre où il était enfoui un livre mystérieux intitulé « le Livre de Mormon », écrit tout entier sur des plaques d'or. Les Mormons s'établirent d'abord dans l'État de Missouri d'où les chassa la Foule ameutée; forcés de se réfugier dans