‹ histoire des EtatsUnisChapitre 33 sur 103 · VIII» LEÇON. — CONVENTION D'ANNAPOLIS · texte numérisé non relu

VIII» LEÇON. — CONVENTION D'ANNAPOLIS

situation et de soumettre au congrès les mesures nécessaires, afin que ces mesures adoptées ensuite par le congrès fussent soumises à chacun des treize États, et que les réformes proposées devinssent l'œuvre du peuple tout entier.

Ce système de révision ne ressemble en rien à ce que nous imaginons. Nommer une commission ayant un objet déterminé, soumettre ensuite son travail à la discussion du congrès, et enfin au peuple des États, c'était en apparence un moyen très-lent, très-difficile ; mais ceux qui l'avaient proposé connaissaient les Américains, et c'était peut-être ce qu'on pouvait faire de mieux en ce moment. Au fond de ces mesures, en apparence si compliquées, il y avait une grande pensée qui devait sauver l'Union, c'est celle-ci. Pourquoi souffrait-on? Parce que les États et le congrès n'avaient pu s'entendre. La jalousie des États paralysait le congrès, les représentations du congrès étaient dédaignées par les États. Il y avait donc deux pouvoirs constamment en querelle, et il n'y avait pas de raison pour que cette jalousie cessât de sitôt; il était même facile de prévoir que les États, qui étaient chose vivante, finiraient par paralyser entièrement le congrès, et que la souveraineté fédérale disparaîtrait devant la souveraineté des États. Mais ni le congrès ni les États n'étaient le peuple américain ; on pouvait passer sur leur tête et s'adresser au peuple directement. Or il y avait bien des jalousies entre les États, mais il n'y avait pas de dissidences entre les citoyens de Virginie, de Pensylvanie, du Massachusetts. Tous étaient Américains, tous avaient le même senti-

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ment national; on s'était battu sur le môme champ de bataille , et de ce sang versé en commun et pour la même cause était né le peuple américain. L'idée de génie, c'était de s'adresser directement au peuple, de lui demander de se sauver lui-même. C'est ce qui fit le succès de la proposition d'Hamilton

Une adresse fut envoyée à tous les États. La Virginie, — et ce nom doit rester cher aux Américains, car dans la révolution c'est toujours la Virginie qu'on trouve au premier rang, — la Virginie prit de suite son parti; elle accepta la proposition, elle nomma des délégués, et, pour montrer l'importance de la question, elle mit au premier rang le nom de Washington. Puis, allant plus . loin, l'assemblée de Virginie prit des résolutions et fit un appel au patriotisme américain. Cet appel était pressant : «Concitoyens, disait-il, voyez si vous voulez vous perdre en vous attachant à des intérêts mesquins, ou si vous voulez sauver le pays ; laissez de côté des jalousies qui vous ruinent, prenez des mesures pour que l'unité nationale soit faite, et que l'Amérique soit aussi heureuse pendant la paix que glorieuse pendant la guerre. »

Cette adresse de la Virginie fut accueillie avec défiance en certains endroits, avec faveur en d'autres. On se demandait surtout ce que ferait Washington. Il hésitait toujours, et par des scrupules qui lui font honneur.

Vous vous rappelez que, quand il avait quitté l'armée,

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