PREFACE
Bien des personnes disaient : « Il manque une » histoire particulière des évéques d'Evreux. » Nous avons essayé de combler cette lacune. L'éditeur de notre œuvre collective avait conçu la pensée de publier une série de petits ouvrages qui pourraient intéresser le département de l'Eure; cette série est commencée , V Histoire des Evéques d Evreux en formera le deuxième volume (i).
Mais une histoire succincte et, en quelque sorte, sommaire, n'est pas un livre toujours facile à écrire. Dans un sujet comme celui-ci , lorsqu'on a des devanciers qui ne sont pas d'accord sur les faits, sur les dates et parfois sur les noms, comment éviter des discussions fréquentes et nécessaires, pour appuyer une opinion ou en
(1) Le premier volume est en vente : Opuscules et Mélanges historiques sur la ville d'Evreux et le département de l'Eure, par M. Bonnin, chez Cornemillot, libraire à Evreux.
rériiter une autre ? Prendre pour guide Le Brasseur (Jiistoiœ civile et ecclésiastique du comté d'Evreux)^ cYtait nous égarer a^ec sa chronologie souvent erronée et admettre plusieurs évéques négligés ou même rejetés par d'autres écrivains.
Au lieu de nous exposer à des dissertations sans cesse renouvelées et qui en dernière analyse n'auraient présenté que Topinion de deux hommes sans autorité, nous avons cru devoir adopter et suivre fidèlement F autorité bien établie et bien reconnue des Bénédictins. Leur grand ouvrage appelé le Gallia Christiana est partout cité comme une œuvre de savoir et de vérité historique; ce qu'il y avait de mieux à faire était donc de le suivre jusqu'au point où il s'arrête, c'est-à-dire jusqu'à l'an 1753.
Pendant que l'un de nous résumait, dans une tiaduction presque littérale , les notices biographiques données sur chaque évêque par le Gallia Christiana^ l'autre recueillait les documents les plus certains, qu'il trouvait épars, pour en enrichir le texte ou les présenter dans des notes courtes et intéressantes.
Les dédicaces faites par tel évêque ou les insti-
— m — tiitions concernant telle ou telle église , ont été consignées avec soin dans le corps de la notice ou plus souvent à la fin , comme des faits propres à intéresser MM. les desservants actuels des diverses paroisses.
Quelquefois sur une pierre tumulaire , sur des vitraux ou des boiseries d'église, on remarque des écussons qu'on ne sait à quel personnage attribuer. Ils constatent souvent un don , une fondation épiscopale. Pour donner le moyen de vérifier ce fait, fun de nous a recherché et dessiné le blason des évéques qui avaient des armoiries.
Outre les notes rejetées au bas de la page , les notices sont parfois suivies ou complétées par quelques lignes marquées d'une triple astérique (*^*) ; ce sont des additions critiques données par le GciUici Christiana,
A Tannée 1790, une difficulté se présentait. Les deux évéques successeurs de François de Narbonne n'ont pas été reconnus par tous comme évéques légitimes ou canoniques, parce qu'ils ont piété le serment à la constitution civile du clergé. Il y a cependant un fait, c'est que ces deux hommes ont administré les affaires spirituelles
du département et avec le titre d'évéques. D'ailleurs notre but n'était point de juger la légitimité du titre de nos évéques , mais seulement de consigner les faits historiques, sans en essayer la moindre appréciation; et n'était-il pas bien intéressant d'indiquer par un simple récit ce que la religion devenait pendant cette époque d'effroyable tourmente? Nous avons donc présenté en quelque sorte, à part, l'histoire des évéques constitutionnels ou assermentés , comme disait le peuple.
Telle est la marche qui a été suivie pour résumer nettement l'histoire ecclésiastique d'un diocèse illustré par de pieux et savants évéques.
Puisse ce travail être bien accueilli, et le succès encourager notre éditeur à publier une série d'ouvrages historiques sur le département de l'Eure !