‹ Histoire des évêques d'Évreux. Avec des notes et des armoiriesChapitre 20 sur 73 · JEAN I · texte numérisé non relu

JEAN I

Jean, fils de Luc, homme de qualité, faisait partie du clergé attaché à la personne du roi d'Angleterre Henri II; c'est par l'influence de ce prince qu'il arriva, en 118J , à Févêché d'Eyreux.

En 1100 Jean partit pour la Croisade, en laissant à Luc ou Lucas , chanoine et dans la suite évoque d'Evreux, la perception et l'administration des revenus épiscopaux. Il était malade à Pise lorsqu'arriva le roi Richard d'Angleterre, qu'il rejoignit bientôt à Messine; là il jura

^Sales articles de la paix conclue au mois d'octobre entre Richard et Tancrède, roi de Sicile. Le 4 des ides de mai (12 mai) de l'année suivante, il couronna reine d'Angleterre, dans rîle de Ghypres, Berengère, fille du roi de Navarre, fiancée au roi Richard-Cœur-de-Lion. Jean arriva au mois de septembre de la même année à Joppé (aujourd'hui Jaffa) avec le roi Richard et il y mourut en 1192.

Avant de partir pour la Terre-Sainte, Richard P"" lui avait donné le château et ia terre de Gondé, avec marché et foire (1).

(1) A la même époque (1190) , ce prince fonda l'abbaye de Bonport , qui fut dédiée à Notre-Dame de Bonport et où furent placés des religieux de Tordre de Cîleaux.

GUARIN

(DE CIERREY).

Guarin de Cierrey, successeur de Jean, naquit de parents nobles dans le pays d'Evreux ; son père était Adam et il avait un frère nommé Guillaume qui, en 1194, fit une fondation « pour le salut de son âme, est-il dit dans l'acte^ et pour celui de son frère, alors évéque d'Evreux. »

Pendant que le roi Richard était retenu captif en Allemagne, Guarin, évéque élu, partit pour ce pays à l'époque où se formait la commune d'Evreux.

Ces faits établissent la date de l'arrivée de Guarin h répiscopat ; car Richard est resté captif en Allemagne

depuis le 22 décembre 1 192 jusqu'au 4 février 119i. C'est dans le cours de cette dernière année que le roi de France vint à Evreux, ruina cette ville, détruisit les églises et emporta les reliques des saints.

En 1197, pour n'avoir pas respecté l'interdit lancé par Gautier sur toute la province de Rouen, Guarin fut, ainsi que l'évêque de Lisieux, condamné par sentence du saint siège apostolique à venir se jeter à genoux devant l'archevêque et à déposer à ses pieds la mitre et la crosse pontificale dans l'église métropolitaine. Il le fit, reçut l'absolution et se retira,

Guarin eut ensuite une lutte fort vive à soutenir avec Simon, abbé de Couches, qu'il expulsa de son couvent en 1199 par ordre du souverain-pontife.

Guarin mourut en 1201 et fut enterré dans le chœur de l'église de La Noë, près du sanctuaire, dans un enfoncement du mur. On y voyait son portrait en pierre et cette inscription :

ECCE SUB HOC TCMULO PRAESUL GUARlNUS HUMATCH, DUX Plus m POPULO, VERMIBUS ESC A DATUR.

Le couvent de Saint-Sauveur ayant été détruit pendant les guerres, Guarin donna pour le reconstruire, en 1177, un terrain qui lui appartenait. L'ancien couvent devint ensuite la paroisse de Saint-Nicolas dans la Cité.

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