‹ Histoire des évêques d'Évreux. Avec des notes et des armoiriesChapitre 68 sur 73 · ROBERT-THOMAS · texte numérisé non relu

ROBERT-THOMAS

(lindet).

François de Narbonnej considéré comme démissionnaire en conséquence de sou refus de prêter serment à îa Constitution, fut remplacé le 15 février 1791 par Robert- Thomas Lindet, curé de Sainte-Croix deBernay, premier évêque constitutionnel d'Evreux (1).

(1) On lit dans les registres municipaux de celte époque : « M. Lindet est proclamé par M. de Morsent, président de l'assemblée électorale , évêque du département de l'Eure. Cette proclamation reçut de vifs applaudissements. La messe solennelle en musique a été célébrée par M. le curé d'Andely. Pendant toute cette cérémonie, les cloches de toutes les paroisses ont sonné, le canon de la Tour de l'Horloge a tiré, et le carillon du beffroi s'est fait entendre tout le temps. »

Aux termes du décret de l'Assemblée Nationale, Robert- Thomas Lindet fut élu par l'assemblée électorale du département de l'Eure, confirmé, puis sacré, disent les documents de cette époque, par un évoque légitime, c'està-dire qui avait lui-même été revêtu de sa dignité avant la nouvelle constitution; c'était Talleyrand-Périgord , évêquc d'Autun. Le 27 mars 1791, il prêta de nouveau solennellement, à la cathédrale , le serment civique prêté par lui lors de sa consécration. Le canon fut tiré et les cloches sonnèrent à cette occasion.

Dès le même jour , Robert-Thomas Lindet , évèque du département de l'Eure et membre de l'Assemblée Nationale (constituante) , adressa h tous les fidèles du nouveau diocèse une lettre dans laquelle il expliquait la constitution nouvelle du clergé et le serment exigé, et il invitait tous les prêtres et fidèles du diocèse à se conformer aux lois de l'Etat et à prendre garde de causer, par des scrupules mal fondés et surtout par une résistance peu évangélique, des agitations et des troubles qui pourraient devenir nuisibles à la religion même (1).

Au mois de juillet suivant, lors de la fête nationale

(1) Evreux, 1791. Imprimerie de J.-J.-L. Ancelle, imprimeur (le M. révoque du département de TEure. Dans ce mandement, il énonce ainsi ses litres et qualités :

du 14 juillet, l'évêque Thomas Lindet célébra l'office divin sur la friche de la Poterie, hameau dépendant d'Evreux.

Le 30 octobre de la même année 1791, la société des amis delà Constitution et les autorités de la ville d'Evreux donnèrent une grande fête à Buzot et Lindet , tous deux députés à l'Assemblée Constituante et membres de la société des Jacobins de Paris. Douale, ancien militaire, ùgé de 84 ans et garde national, offrit à Lindet une ceinture aux trois couleurs avec l'inscription : A Robert Thomas Lindet^ la garde nationale d'Evreux reconnaissante. Duvaucel, maire de la ville, lui décerna ensuite la couronne civique. Le 3 novembre un banquet eut lieu dans les salles de Tancien couvent de S. Taurin (l).

Lindet adressa à la commune d'Evreux deux lettres par lesquelles il faisait connaître qu'il s'était marié et qu'il abdiquait les fonctions épiscopales (2).

Robert-Thomas Lindet, par la miséricorde divine, l'ordination apostolique et l'élection conslitulionnelle, évoque du département de l'Eure, dans la communion de la Sainle-Eglise catholique, apostolique et du saint-siége de Rome, député de l'Assemblée Nationale, etc.

(1) Note manuscrite d'un témoin oculaire.

(2; Evreux, 1791. Imprimerie de J.-J.-L. Ancellc, imprimeur du département et du district d'Evreux.

Dans les registres de Thôtel-de- ville, à la date du 19 février 1793, on trouve la mention suivante : « Lecture est donnée d'une lettre de Robert-Thomas Lindet , évoque du département de l'Eure, par laquelle il annonce qu'il a vaincu tous les préjugés et a contracté mariage au mois de décembre 1792. » Et au 24 brumaire an H: « Lecture d'une lettre de Tévêque Lindet, en date du 22 brumaire, par laquelle il abdique les fonctions épiscopales. — Mention civique de cette lettre qui est portée à la Société populaire des sans-culottes pour y être lue. Déposée aux archives. »

Le 22 juillet 1793, Robert-Thomas Lindet était secrétaire de la Convention Nationale; il signait en cette qualité deux décrets de la Convention , dont l'un portait que « des six citoyennes d'Evreux dolées par la nation , il y en aurait trois dans la ville de Vernon (1). t> Mais déjù Robert- Thomas n'était plus évèque.

(1) Décrets de la Convention nationale. Evrcux, 1793, imprimerie de J.-J.-L. Ancelie.

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