CHARLES-ROBERT
(lami ou lamy).
Robert-Thomas Lindet ayant abandonné Téglise d'Evreux, Tévêché resta vacant pendant l'effrayante agitation des années qui suivirent son abdication.
Le 6 thermidor an VI (27 juillet 1798), six membres du presbytère diocésain établi depuis la nouvelle constitution et au sein des troubles de cette époque extraordinaire , se réunirent à Pont-de-l' Arche sous la présidence de Tévèque métropolitain J.-B.-G. Gralien. Là ils firent un arrêté par lequel ils invitaient « le clergé et les fidèles de chaque paroisse du diocèse d'Evreux à nommer six commissaires, trois ecclésiastiques pris hors le presbytère et trois laïcs, pour élire aux deux tiers des voix, en leur nom et place,
un évêque, en présence et sous la présidence de Tévêque métropolitain. » Ensuite les six membres du presbytère et les électeurs désignés se réunirent pour procéder à l'élection dans Téglise de Louviers. Ils en furent chassés et se réfugièrent à l'auberge du Mouton, C'est dans cet endroit qu'ils élurent Charles- Robert Lami, curé de Beaumesnii et de Bernay, qui partit aussitôt pour Paris et fut sacré le dimanche suivant (l).
Par une lettre pastorale datée du 27 thermidor an Vlll (lÔ août 1800), Charles-Robert Lamy, évêque d'Evreux, convoqua pour le 2 vendémiaire an IX (24 septembre 1800), en l'église cathédrale, un synode de tous les prêtres du diocèse d'Evreux, pour rédiger des statuts sur 1" la foi et les sacrements; 2° la discipline et la liturgie; 3» l'extinction du schisme du diocèse; 4° la réorganisation du diocèse. Le synode, après avoir étudié et adopté les statuts, « considérant les dépenses déjù faites par le révérendissime évêque et celles qui seraient à faire pour les frais d'impression de lettres pastorales, mandements, etc., décréta qu'il serait perçu dans chaque archiprêtré une prestation libre, faite par chaque curé ou desservant
(1) Lettre adressée au rédacteur des Annales de la Religion, sur la dernière élection à l'cvêché d'Evreux. — Sans nom d'auteur ni d'imprimeur.
avec l'aide des fidèles , pour l'entretien d'une caisse diocésaine correspondante aux besoins, dont le compte serait rendu tous les ans au synode (1).
Charles- Robert se trouva an concile métropolitain convoqué à Rouen pour le 13 vendémiaire an IX (5 octobre 1800) par Jean-Claude Leblanc-Beaulieu, archevêque de Rouen. A ce concile assistèrent aussi les évèques de Goutances, Séez, Bayeux, Saint-Omer, le délégué de Tévèque d'Amiens, et parmi les députés des diocèses était Jean-Nicolas Dubusc^ curé de Pont-de-l'Arche , député du diocèse d'Evreux et promoteur de la métro* pôle (2).
Le 4 ventôse an IX de la République française (23 février 1800), un mandement fut lu au prône de la cathédrale et envoyé dans toutes les paroisses du diocèse, ordonnant qu'un Te Deum serait chanté « pour rendre à Dieu de solennelles actions de grâces de la paix définitive signée à Lunéville. » Il commence par les mots : Au clergé et aux fidèles de son diocèse, Charles-Robert Lamy,
(1) Actes du synode du diocèse d'Evreux tenu en l'église cathédrale, le 24 septembre 1800 (2 vendémiaire an ix). — Evreux, imprimerie de J.-J.-L. Ancelle.
(2) Actes du Concile métropolitain de Rouen (1800).
par la divine providence et dans la communion du saintsiége apostolique, évêque d'Evreux, etc. (1).
Robert Lamy exerça ses fonctions jusqu'à la suppression des sièges épiscopaux de l'église de France, en 1802 , par le Concordat, aux termes duquel la plupart de ces sièges furent immédiatement rétablis par le premier consul. Robert Lamy, comme Robert-Thomas Lindet, resta ensuite dans la vie privée et laïque.
(t) Imprimerie de Abel-Auguslin Lanoë, imprimeur du dé- I parlement et de Tévéque.