‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 105 sur 612 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

le fit incarcérer en 1533. Le chapitre, dans sa séance du 30 juin 1534, décida que s’il voulait jouir de sa prébende, il devait ou exercer l’office de prédicant ou se conformer à la vie des autres chanoines. Il résigna son canonicat le 31 août 1535.

Wilhelm Schaller, chanoine de Moutier depuis 1 503, se fit nommer ministre à Grandval. Jean Louis des Bois, qui faisait partie du chapitre depuis 1519, reconnut sa faute et en 1534, il rentra dans le sein de l’Église. L’évêque lui imposa pour pénitence de remplir pendant cinq ans l’office du chanoine le plus jeune et d’occuper la dernière place au chœur et au chapitre.

Cette triple apostasie au milieu des chanoines engagea les réformés à faire aux Bernois une pétition tendant à faire tenir l’église de Moutier ouverte sans cesse, pour la libre administration du baptême et la prédication de la parole de Dieu. Ils demandaient aussi que le prévôt exerçât par lui-même, el non par un vicaire l’autorité dont il jouissait sur eux et qu’il fît disparaître du pays la secte des papistes. Ils priaient les Bernois de demander à l’évêque de Bâle pourquoi Urs Marchall et le maire de Delémont avaient empêché la prédication de l’évangile dans quelques villages qui l’avaient demandée. Ils prétendaient encore que le chapitre devait restituer tout ce qu’il avait reçu jusqu’alors pour fondation d’anniversaires, de vigiles et de messes. Ils se plaignirent aussi de ce que l’évêque de Bâle avait voulu les contraindre de retourner à la foi catholique : ils ne voulaient plus que l’on célébrât la messe en quelque lieu de la prévôté, jusqu’à ce que l’évêque leur eût prouvé que c’était une bonne chose. Les prédicants, leurs femmes et leurs enfants ne devaient pas être molestés. Quand ils acceptèrent la réforme, on leur promit que s’ils étaient molestés dans l’exercice de leur religion, ils seraient exempts de payer les dîmes et les cens. Enfin, puisque chaque année les chanoines veulent percevoir les dîmes, ils devaient leur faire le prêche tous les jours, et faire leur résidence dans la prévôté en temps de peste et ne pas les abandonner. A la suite de ces plaintes, on tint un congrès à Bienne le 9 décembre 1532 où rien ne fut décidé. De son côté, le sénat de Berne écrivit à celui de Soleure que si les chanoines de Moutier voulaient accepter la réforme, il veillerait, à la conservation des biens du chapitre. Des députés furent chargés par les deux sénats de faire restituer aux héritiers des fondateurs l’argent des anniversaires fondés à l’église de Moutier (29 septembre 1533 et 9 mai 1534). Les représentants de Soleure ne consentirent à cet accord qu’à la condition que les chanoines retourneraient à leur résidence de Moutier à la première occasion et qu’ils resteraient leurs combourgeois. L’archidiacre Cornélius de Liechtenfels protesta contre cette décision, au nom du chapitre, le 29 août 1534, qui ne l’avait souscrite que sous l’empire de la peur.

Une autre réunion eut lieu à Berne le 1er juin 1533: le chapitre et les prévôtais y envoyèrent leurs représentants. Il y fut décidé que l’église collégiale de Moutier resterait toujours ouverte et que les prévôtais continueraient à payer au chapitre comme autrefois leurs dîmes et leurs cens. Le sénat de Soleure écrivit à celui de Berne que le chapitre ne pouvait ouvrir son église pour l’exercice du culte réformé. De fait, la convention de Berne ne reçut pas d’exécution; car l’année suivante, durant la nuit, on enfonça et on brisa les portes de l'église collégiale de Moutier. L’évêque de Bâle s’en plaignit aux Bernois par une lettre du 12 mai 1534, en leur déclarant qu’un pareil procédé de la part des prévôtais l’avait engagé à changer la résidence des chanoines de Moutier et à la transférer à Delémont. Le sénat de Soleure, informé de ce projet de l’évêque dès le 17 janvier de cette

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