‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 106 sur 612 · TA VANNES PASSE A LA REFORME · texte numérisé non relu

TA VANNES PASSE A LA REFORME

année, y avait consenti, à condition que si la prévôté retournait un jour à la foi catholique, les chanoines devraient se fixer de nouveau à Moutier.

Toutes choses étant préparées, le chapitre invita par une circulaire tous les chanoines et chapelains absents à se trouver à Delémont le premier dimanche du carême 1534 pour célébrer dans l’église paroissiale de cette ville les offices canonicaux et y faire désormais résidence. Ce fut donc en ce jour, le 22 février 1534, que les chanoines de Moutier Grandval fixèrent leur séjour à Delémont où ils restèrent jusqu’en 1793. Ils ne retournèrent plus à Moutier. La réforme resta maîtresse de la prévôté. Il y eut encore quelques contestations auxquelles l’évêque de Bâle fut mêlé. En juin 1535, il assista à une réunion à Moutier, au sujet de l'ouverture de l’église et de la restitution des anniversaires. Il pria les prévôtais de ne pas multiplier ces réunions si onéreuses au chapitre. Dix ans plus tard, Philippe de Gundelsheim se rendit encore à Berne avec deux chanoines et un député de Soleure pour se plaindre de ce qu’on avait de nouveau brisé les portes de l’église de Moutier et de la sacristie avec une statue de pierre. On accusait de ce méfait Jean Rosset, ministre à Court et à Malleray, le prédicant de Moutier et celui de Grandval. Le sénat de Berne fit faire une enquête et chacun de ces ministres fut condamné à une amende de dix florins que l’évêque leur remit à condition qu’ils ne molesteraient plus le chapitre. La paix se rétablit et ne fut plus troublée. 1

Les chanoines de Moutier-Grandval, fixés cà Delémont, apportèrent avec eux et déposèrent dans l’église paroissiale où ils tinrent leur chœur, les reliques de S. Germain et de S. Randoald, le calice du premier abbé de Moutier, son bâton pastoral, quelques débris de sa ceinture, de ses vêtements, ses bas, ses sandales. Ces précieuses reliques reposent encore aujourd’hui dans le trésor de l’église de Delémont. Le calice et la crosse avec sa volute d’or émaillé sont des spécimens très rares de l’art au VIIe siècle.

Tavannes suivit l’exemple de Bienne. C’était un religieux de Bellelay, Jean Périne, qui desservait alors cette paroisse. L’abbé Nicolas Schnell, ayant quelques craintes sur les dispositions de ce religieux, le rappela au couvent et le remplaça par le sous-prieur de l’abbaye, Jacques Mæchler, qui paraissait plus ferme que Jean Périne. Il n’en fut rien. Le nouveau curé de Tavannes fut des premiers à passer à la réforme. Il alla plus loin : foulant aux pieds ses vœux de chasteté et de religion il se maria publiquement. Sa postérité existe encore aujourd’hui à Tavannes. Cet exemple désastreux entraîna l’apostasie de toute la paroisse. Berne favorisa ce mouvement et envoya Farel prêcher la réforme à Tavannes. Des commissaires bernois accompagnèrent, pour l’appuyer, le fougueux prédicant. L'abbé de Bellelay voulut défendre ses droits et alla trouver ces envoyés de Berne

Le calice de S. Germain.

Vil. siècle.

1 Ces détails très précis et pleins d'intérêt sur l’introduction de la réforme à Moutier sont extraits de l'histoire de l’église collégiale de Moutier-Grandval par le prévôt Ghariatte, manuscrit in-folio, 1764, p. 50 et suiv. Historicum insignis Ecclesiœ collegiatœ Monasterii GrandisoaJlis leve quoddam ac brève specimen a R. D. Francisco Jacobo Josepho Ghariatte ejusdem Ecclesiœ Prœposito nec non canonico élaboration ac prœpositum. Dde ni ont i, anno 1764, cum appendice ah authoris nepote Fidel Bajol ibidem canonico usque ad occasum hujus Ecclesiœ continuata. Anno 1814. 162 pages in foliq. — Ce manuscrit précieux est la propriété de l’auteur.

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