‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 115 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

on fit des collectes pour fournir aux frais de ces levées de troupes. A son tour, l’évêque de Bâle fut imposé par la diète impériale „pour résister contre l'ennemi cruel le Turc". C’était en 1566, Melchior de Liechtenfels, dans sa détresse, s’adressa aux États de l’évêché et leur demanda le payement de cette contribution de guerre. Le 11 décembre 1566, les députés de Porrentruy, Delémont, Saint- Ursanne, Laufon, „ceuxd’Ajoie, des Franches-Montagnes, de la prévôté deMoutier, de Zwingen, de Pfeffmgen, de la mairie de Bure, se réunirent au château et maison forte de Porrentruy pour parler avec monsieur Melchior, évêque de Bàle". Le prélat exigeait la totalité de la somme imposée; les députés offrirent les trois quarts „de ce que le dit évêque avait été imposé à la diette impériale d’Auspurg pour fournir et contribuer au soubtenement de la guerre dressée contre le Turc". Ils avaient avec eux „ quantité d’escus d’or et d’aigent, protestant qu’ils ne voulaient, ni entendaient aucunement préjudicier à leurs anciennes libertés et franchises, suivant lesquelles ils n’avaient jamais été subjets à payer et qu’ils n’avaient fait jusqu’à présent tel impôt ou subside, disant que ce qu’ils se présentaient d’en faire, ils le faisaient non comme entenus à ce, mais gratuitement, d’ung bon zèle, pour gratifier leur Seigneur révérendissime " . L’évêque refusa l’argent offert et déclara qu'il voulait tout ou rien. Les députés se retirèrent en faisant dresser acte de ce refus de l’évêque de Bâle.

Ils consultèrent sur leurs droits des avocats de Bâle et de Strasbourg. Le docteur Ludwig Preux, de cette dernière ville, leur dressa un mémoire qu’ils payèrent trente thalers soit cinquante- quatre livres un sol trois deniers. Les frais de voyage et de consultation s’élevèrent à cent soixante-dix-sept livres huit deniers. Nous ne savons quel fut le résultat définitif de ces débats; mais nous trouvons quelques années après l’impôt du Turc réglementé et réparti entre tous les États de l’évêché qui le payent sans murmurer. 1

Une autre affaire, d'un intérêt moins général, attira la sollicitude de l’évêque de Bâle. Depuis longtemps il existait des différends entre ses officiers et les treize francs villages de la seigneurie de Delémont au sujet des droits appartenant au souverain, et parfois contestés par les sujets de cette contrée. Les rôles des paroisses étaient diffus et il importait de régler définitivement tous ces points en discussion. Voulant procurer à ses sujets la paix et l'ordre qui étaient si souvent troublés, Melchior de Liechtenfels nomma, le 17 juillet 1560, une commission d’arbitres chargés de faire une enquête et de régler toutes choses pour le bien de tous. Ce furent „ vénérables, scientifiques, honorés Jehan Veitscheib, docteur ès droits, doyen du chapitre de Bâle, Vendit Zipper, docteur ès droits, syndic du même chapitre, Jacques Rrndehault, maître des compagnies de la ville de Bâle, et Henri Falckner, secrétaire de la même ville; puis Philippe Blender, vicaire général et official, Jean Georges de Beinacli, Jacques Rebstock, licenciés, conseillers de l’évêque, et enfin les maires des treize francs villages de la seigneurie de Delémont; savoir Bassecourt, Glovelier, Boécourt, Gourfaivre, Courtételle, Bourrignon, Pleigne et Movelier, Develier, Roggenbourg, Courroux, Vicques, Rebeuvelier et Undervelier". Ces villages étaient renfermés dans les limites de la seigneurie de Delémont qui, d’après les anciens actes, étaient fixées par Y épine de Montfaucon jusqu’au sapin d’Écorcheresse, et depuis le chêne de Bœrschwiler jusqu'à la rivière

1 Archives de Porrenlruy. Contribution de guerre.

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