‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 135 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

des apôtres, de Noël, de la Pentecôte, de S. Jean-Baptiste, de S. Laurent, de l’Assomption, de la Toussaint, les jours de S. Marc et des Rogations. Les statuts traitent ensuite des processions, du culte et de l’invocation des saints, des images, des reliques, des indulgences, du purgatoire. Un chapitre spécial est réservé au catéchisme ou à l’instruction de la jeunesse chrétienne qui doit se faire au moins tous les dimanches et fêtes avec le plus grand soin, après le dîner, au son de la cloche. Les curés devront veiller avec sollicitude sur les écoles de leurs paroisses ei sur les catéchismes mis entre les mains des enfants. Ils devront s’opposer de tout leur pouvoir à ce que les parents, dans ces temps déplorables, envoient leurs enfants dans des collèges tenus par des hérétiques. L’évêque exprime ensuite l’espoir de fonder bientôt un séminaire pour l’éducation cléricale des aspirants au sacerdoce. Le culte divin, l’administration des sacrements, les règles portées par le Concile de Trente sur le mariage et sur sa validité, règles et décrets promulgués dans le synode et remis à chaque curé pour être publiés dans toutes les paroisses du diocèse; — les sacramentaux, les pratiques superstitieuses et divinatoires forment la matière de la première partie des statuts. Dans la seconde partie, l’évêque insiste sur la vie et l’honnêteté des clercs qui doivent porter la tonsure et l’habit ecclésiastique, être coiffés de la barette et. ne pas avoir la barbe longue; en voyage, le bord de leurs vêtements doit descendre au-dessous des genoux. Il leur interdit les jeux de cartes, les dés, la chasse, les auberges, toute espèce de commerce, les repas publics, les spectacles, le port des armes, l’exercice de la médecine, etc. L’évêque s’occupe ensuite des chanoines, des curés qu’il oblige à la résidence; il recommande la prière à la Ste Vierge, au son de la cloche le matin et le soir, et à midi la prière en l’honneur de la Passion du Sauveur, pour être délivré du Turc. Il traite ensuite des religieux, des clercs en voyage, des doyens, des patrons et des collateurs de bénéfices, de la résignation et de la pluralité des bénéfices, de la simonie, de la portion congrue ou canonique, de l’immunité et des privilèges des églises, de la construction et des réparations des églises, des procureurs des fabriques, des dîmes, des confréries, des hôpitaux, des funérailles, des testaments, des visites et de la tenue des synodes. La troisième partie des statuts s’occupe de la juridiction ecclésiastique, des tribunaux, des juges, de l’official, du notaire, des procureurs, des huissiers, des procès, des censures, des sentences d’excommunication, des absolutions, des appels, etc.

Les Statuta synodalia de 1581 sont le monument le plus vénérable de la réforme commencée, avec l’aide du bienheureux Ganisius, et poursuivie par le prince de Blarer pendant les trente-trois années de son glorieux épiscopat. Si nous en croyons une lettre de remerciement adressée par l’évêque de Bâle à l’illustre archevêque de Milan, S. Charles Borromée, un an avant la tenue du synode de Delémont, les statuts synodaux de la province de Milan, sortis de la tête et du cœur du grand cardinal, servirent à Christophe de Blarer pour l’élaboration des statuts de Delémont. Une autre lumière avait dirigé à Porrentruy même ses plans de réforme. Dans le courant de 1579, le nonce du Saint-Siège en Suisse, le grand et saint évêque de Verceil, Jean François Bonhomo, vint à Porrentruy, chargé par Grégoire XIII de faire accepter et exécuter les décrets du saint concile de Trente. Ami de S. Charles Borromée, dont il recueillit les manuscrits, il en avait le zèle et l’ardeur pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Accueilli avec empressement par l’évêque de Bâle, qui vénérait en lui la science et la

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