‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 137 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

à Fribourg le Marty rologmm Basileense dressé sur le modèle du martyrologe romain et l'année suivante (1585) le Directorium Basileense, sorte de calendrier perpétuel, renfermant dans un volume compact les règles à suivre pour la célébration des offices pour tous les jours de l’année. 1 Le Missel balois-romain parut à Munich en 1586: c’est un bel in-folio, rehaussé de vignettes à chaque évangile de la messe, avec les rubriques rouges et un caractère très correct. A la fin du volume sont placées quelques anciennes proses du diocèse de Bâle qui méritent d’étre étudiées.

Le rituel ou Sacerdotale ne parut qu’en 1595; il fut imprimé à Porrentruy, par Jean Faibre ou Faber qui était établi dans la ville épiscopale depuis 1592. Dans les deux volumes in-4° du Sacerdotale Basileense se trouvent renfermés les rites prescrits pour l’administration des sacrements, avec les instructions en allemand et en français propres à chaque cérémonie; les différentes bénédictions, les processions, les hymnes usitées dans les cérémonies publiques, etc. On rencontre, dans ce manuel des rites sacrés, des détails curieux sur quelques usages qui étaient encore en vigueur à la fin du XVIe siècle et qui ont disparu depuis longtemps. Nous en rapporterons deux seulement: Le dimanche des Rameaux la procession s’arrêtait devant un crucifix disposé à cet effet; les enfants de chœur chantaient l’hymne Gloria, laus et honor , puis l’antienne Pueri Hebræorum. Arrivés au passage portantes ramos, ils jetaient leurs rameaux vers la croix; à ces mots obviaverunt Domino , ils faisaient quelques pas vers la croix. Poursuivant l’antienne, ils se dépouillaient de leurs surplis et arrivés à ces mots vestimenta prosternebant, ils les jetaient à terre du côté du crucifix. Ensuite le célébrant s’avançait à genoux vers la croix, en répétant à trois reprises cette strophe de l’hymne de la Passion O crux ave; la troisième fois il se prosternait de tout son corps devant la croix en chantant l’antienne Scriptùm est. Arrivé au mot perçut ia ni pastorem , le diacre, de son rameau, frappait légèrement le célébrant, qui se relevait en chantant Postquam autem surrexero, prœcedam vos in Galilœam, et la procession rentrait à l'église. — Le Samedi-Saint, après la troisième leçon de matines, on faisait la visite du sépulcre. Deux céroféraires revêtus de chapes blanches précédaient le cortège qui se composait de deux jeunes gens représentant les anges et de deux ou trois autres remplissant le rôle des saintes femmes. Arrivés au sépulcre, les anges se plaçaient à la tête et aux pieds, les saintes femmes se tenaient à l’écart et chantaient l'antienne Quis revolvet . . . qui roulera la pierre de la porte du monument? — Les anges leur répondaient: Quem quœritis? qui cherchez-vous dans le sépulcre? — Jésus de Nazareth , reprenaient les saintes femmes. — Il n’est plus ici, poursuivaient en chantant les anges; il est ressuscité comme il l’avait prédit. Allez, annoncez qu'il s’est levé du sépulcre. En même temps, les anges, soulevant le voile qui cachait l’entrée du sépulcre, le montraient vide et chantaient: Venez et voyez le lieu où était placé le Seigneur, alléluia, alléluia. Les saintes femmes pénétraient dans le sépulcre et en sortaient aussitôt, en chantant: Il est ressuscité, comme il l’avait dit, alléluia, alléluia. Et le cortège retournait à la sacristie en chantant le Te Deum. — Ces usages ont disparu et il n’en reste plus qu’un souvenir perdu dans ces vieux livres d’église.

1 Nous possédons les deux exemplaires du Martyrologium et du Directorium qui appartenaient au prince de Blarer; ils sont richement reliés et portent sur la couverture les armes de l’évêque placées sous l’image de la St" Vierge, avec ces mots: Sancta Maria.

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