‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 148 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

violence commis à l’église et ailleurs, ni les injures adressées à ceux qui vont à la messe. On dirait qu’ils sont les maîtres et l’évêque leur serviteur. S’ils persistent dans leur désobéissance, s’ils résistent par la violence, on enverra à Pfeffingen des troupes pour les ramener au devoir. L’évêque demande qu’on laisse aller à la messe ceux qui le voudront: on doit obéir à l’évêque.

Les protestants répondent le 1 1 août. Ils se disent innocents et repoussent l’accusation portée contre eux. Ils n’ont jamais refusé l’obéissance à l’évêque; mais ils ne veulent pas s’engager à permettre la messe avant le prêche du pasteur. Les députés de Soleure s’étonnent de cette réponse et réclament de nouveau.

L’évêque perdait patience durant ces pourparlers interminables. — Le 12 août il arrive au château de Birseck. Le lendemain, il fait paraître devant lui le sousbailli d’Æsch, les jurés et les anciens du bailliage de Pfeffingen. Il leur reproche de l’avoir calomnié de vive voix et par écrit, devant ses confédérés qu’ils ont mal reçus et maltraités. Le bailli essaie de se défendre. L’évêque rappelle les sacrilèges de l’église de Pfeffingen, l’affaire du meneur d’Æsch. Il sait ce qu’a fait le bailli. Lui, évêque de Bâle, il veut rétablir la messe; nul n’a le droit de s’y opposer. Il connaît les meneurs: s’ils persistent dans leurs désordres, il leur fera couper la tête. 11 saura bien les faire obéir: „Vous êtes les coupables, toi sousbailli et le prédicant. Le sous-bailli, je le destitue. Je ne veux forcer personne d’aller à la messe, mais qu’on soit libre d'y aller. Je vous donnerai un prédicant qui me convienne plus que celui-là. Si vous ne voulez pas vous soumettre, j’enverrai à Pfeffingen deux compagnies de mes alliés et vous payerez les frais."

Les députés des communes répondirent à l’évêque qu’ils n’avaient aucune qualité pour engager leurs commettants, qu’ils en référeraient à ceux qui les avaient envoyés et qu’ils lui donneraient prochainement réponse. La réponse fut conforme à toutes celles qui avaient déjà été données soit aux députés catholiques soit aux officiers du prince.

L’évêque n’avait qu’un moyen de sortir de cette position difficile et inquiétante. Seul, il ne pouvait vaincre l’obstination de ses sujets soutenus et appuyés par Bâle: les cantons catholiques ne pouvaient agir contre les droits d’un autre canton qui mettait en avant des droits garantis par des traités. Il n'y avait qu’un tribunal arbitral qui pût trancher le différend, recevoir les plaintes des parties, et rendre justice à tous. Christophe de Blarer consentit à porter devant des juges à Baden les questions débattues avec ses sujets et avec les Bâlois, acceptant d’avance et sans réclamations la décision des arbitres. Dans l'intervalle, un heureux hasard mit aux mains de Christophe de Blarer des titres précieux et d’une grande valeur. Lorsque les évêques de Bâle furent forcés, par le triste état de leurs finances, de mettre en gage les châteaux, les domaines et les droits inhérents à la mense épiscopale, ils se réservaient la faculté de pouvoir racheter tous ces biens engagés, moyennant le remboursement préalable de l’argent prêté. Christophe de Blarer n’ignorait pas ces conditions acceptées par les prêteurs, mais il n’avait aucun titre qui lui garantît et attestât ce droit précieux de rachat. Les biens hypothéqués dépassaient de beaucoup les sommes prêtées et il y avait tout profit pour l’évêque à rembourser les prêteurs et à rentrer en possession des domaines et des droits engagés. Mais les teneurs trouvaient le gage bon et refusaient obstinément toute proposition de remboursement. L’évêque rêvait au moyen de se faire rendre justice, lorsqu’un jour il trouva, parmi les décombres que l’incendie de 1559 avait

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