‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 147 sur 612 · INTERVENTION DES CANTONS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

INTERVENTION DES CANTONS CATHOLIQUES

Les députés des cantons catholiques arrivèrent au château de Pfeffingen le 3 juillet (1583) vers huit heures du soir; avec eux se trouvaient les procureurs du prince de Blarer, le bailli de Delémont, le coadjuteur D1' Jacques Schiitz de Fribourg et un chanoine de Halwyl, aussi de Fribourg. Les domestiques et dixhuit chevaux complétaient les hôtes du bailli.

Le lendemain, tout le peuple du bailliage était réuni à Æsch devant l’auberge. Le député d’Unterwalden et celui de Soleure prirent successivement la parole et exhortèrent les sujets de l’évêque de Bâle à rendre à leur seigneur et maître l’obéissance et la soumission qu’ils lui devaient. Ce fut le sous-bailli d’Æsch, Egnolf Hering, qui répondit au nom du peuple. Il demande huit jours de réflexion et la copie des articles dont le député de Soleure a donné lecture. Les ambassadeurs suisses exigent une réponse immédiate. Le sous-bailli persiste dans ses prétentions. Unterwalden réplique; il ne réclame rien d’exagéré; il veut seulement qu’on laisse libres d’être catholiques ceux qui voudront l’être ; on ne veut forcer personne; on leur accorde le prédicant de leur choix, mais que tous sachent qu’en retournant au catholicisme, ils feront un acte agréable à Dieu et à leur prince.

Personne ne répondit à ces paroles prononcées avec autorité et énergie. Déjà le sous-bailli, vaincu par le ton de l’orateur, demandait comme unique grâce au bailli d’autoriser les protestants à faire leur service avant les catholiques moins nombreux, lorsqu’il se sentit tiré par le bras: c’était le prédicant qui le conjurait de ne pas céder, mais avant tout de demander du temps pour réfléchir. Le peuple prend parti pour le pasteur et se retire pour délibérer. On demande huit jours de réflexion et copie de sept articles. Les députés refusent. Le peuple insiste; il réclame l’exécution des promesses faites par l’évêque, lorsque ses sujets lui ont juré fidélité. Ils veulent rester fidèles à leur religion. Qu’on les laisse en paix et ils vivront soumis à leur prince et seigneur.

Les députés, n’ayant pu obtenir d’autre réponse, lèvent la séance et retournent au château de Pfeffingen. Après leur départ, l’irritation augmente parmi le peuple. Des voies de fait sont exercées contre la meunière d’Æsch qui est catholique ; on brise le toit du moulin, on jette des pierres dans les fenêtres. Le sous-bailli se hâte d'aller à Bâle chercher conseil et protection. 1

Pendant ce temps, les députés catholiques, réunis à Soleure, en assemblée générale, délibéraient sur ces affaires et adressaient au sous-bailli d’Æsch et aux gens de Pfeffingen une lettre qui devait être pour eux un dernier avertissement amical. On leur laissait jusqu’au 5 août pour donner une réponse définitive. Les cantons ne laisseront pas leur allié méprisé par ses sujets, mais ils le protégeront efficacement. 2 Le 3 avril le sous-bailli répondit au nom de Pfeffingen, Æsch, Grellingue, Duckingen, Nentzlingen. Il répétait ce qu’il avait dit de vive voix à Æsch. Il rappelait les promesses de l’évêque: au temporel, tous lui obéissent. Si quelqu’un a manqué, toute la commune n’est, pas responsable du mal .commis. Les recez d’empire ne forcent personne à changer de religion: les deux prédécesseurs de Christophe de Blarer les ont laissés en paix; qu’on les laisse ce qu’ils sont.

L'assemblée des députés catholiques n’admit point ces raisons. Rien ne pouvait justifier la résistance des gens de Pfeffingen à l’évêque, ni les actes de

Lettre du bailli de Pfeffigen à l’évêque de Bâle, du 4 juillet 1582. = 2 Lettre du 24 juillet 1582.

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