CHAPITRE XXXII
suffragant et scolastique, et Rennwart Gôldlin cleTiefenau, chanoine. Les arbitres étaient Hans Keller du conseil de Zurich président, Hans de Wattenwyl, avoyer de Berne; Louis Pfeifer, avoyer et bandelier à Lucerne, Hans zum Brunnen, chevalier et landammann d’Uri, Hans de Landten dit Heyd, chevalier, avoyer de Fribourg, et Hans Conrad Meyer, docteur en droit et bourgmestre à Schaffhouse. Les débats furent sérieux et prolongés; les arbitres interrogèrent avec soin les parties et étudièrent de près les documents produits par Bàle et l’évêque. Après de longs pourparlers, on dressa deux traités ou conventions qui furent acceptés et signés de part et d’autre, le jeudi avant les Rameaux (1 l avril 1585). L’un de ces traités réglait les réclamations faites à Bâle par l’évêque et le chapitre ; l’autre terminait le différend entre Christophe de Blarer et les Bàlois au sujet des combourgeoisies du val de Laufon et des questions religieuses.
Par le premier acte, Bàle s’engageait à payer à l’évêque deux cent mille florins, sur lesquels la ville devait retenir les sommes prêtées par elle à ses prédécesseurs. Christophe de Blarer devait recevoir cinquante mille florins comptant avant la Pentecôte. Une commission devait être chargée de régler ce compte. La somme due par les Bàlois serait payée en deux termes, moitié à la S. Martin 1585, le reste en 1586, à pareille époque. Le chapitre devait aussi recevoir de Bàle cinquante mille florins, sur lesquels trois mille revenaient au prévôt. En échange, l’évêque cédait à Bàle le landgraviat de Sisgau, les bailliages de Walenbourg, Hombourg, Liestal et F ülisdorf, le grand et le petit péage, la monnaie, le banvin, le droit sur le vin de transport, l’office de prévôt, de vidame, de maître-pannetier, les censes foncières à Bàle, au village de Pfeffmgen et la délimitation entre Munchenstein, Reinach et Arlesheim. L’évêque et son chapitre pouvaient faire conduire à la halle de Bâle leurs fruits sans avoir de droits à payer. L'acte portait aussi cession par les propriétaires, de la cathédrale et des maisons du chapitre: seulement les arbitres s’engagèrent à demander au conseil de Bâle pour le chapitre, qui pourra y placer ses récoltes, la maison qui est près de la nouvelle maison des chanoines.
Le traité fut signé par les parties : seul le délégué du chapitre refusa de le ratifier, déclarant qu’il n’avait pas les pouvoirs nécessaires. Quant à l’évêque, il parut très satisfait de l’arrangement et l’annaliste du temps raconte qu’après la signature du traité, il donna la main au président, Hans Keller de Zurich. C’est qu’en effet, il y avait pour Christophe de Blarer un immense avantage à céder pour de bonnes et lourdes espèces des droits et des propriétés dont l’évêque de Bàle n’était plus maître depuis près d’un siècle et qu’il désespérait de recouvrer jamais. 1 Ces deux cent mille florins faisaient pour cette époque une somme importante, qui venait bien à point remplir les caisses vides de la mense épiscopale. Christophe de Blarer s’en servit pour payer les dettes de l’évêché, s’assurer par un placement de quarante mille florins au couvent de Murbach, en Alsace, une rente précieuse, racheter et réunir de nouveau à l’évêché plusieurs de ses anciennes possessions, telles que Visol, Brunighofen, Dainpierre, Yarkau et le monastère des Trois Rois deSultz; fournir sa maison de vaisselle d’argent et de tout le mobilier indispensable à la cour d’un prince ; sa chapelle de vases sacrés d’un grand prix, de vêtements sacerdotaux et de riches parements de soie, d’un travail remarquable. 2
1 Sudan. Basilea sacra, p. 387. = 2 En 1588, le chapitre cathédral réclamait à la ville de Bàle les
vases sacrés et reliquaires demeurés entre les mains des protestants au départ du clergé en 1529. Nous