‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 168 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

200 florins de revenus. 1 A ce beau domaine, sis à une petite distance de Porrentruy, l’évêque de Bàle ajouta une rente de 2000 florins du Rhin à prélever chaque année sur 40,000 florins que Soleure lui devait. En outre, le chapitre de Saint-Ursanne s’engagea à payer tous les ans au collège 125 livres bàloises et 10 bichots d’avoine; Bellelay s’engagea de même pour 10 bichots d’épeautre et le chapitre de Moutier pour les revenus annuels d’une prébende laissée vacante, revenus estimés à 100 florins. 2 La dotation faite, le pape Clément VIII approuva, par une bulle du 29 avril 1593, la fondation du nouveau collège que le général des jésuites, Claude Aquaviva, acceptait solennellement le 21 octobre de la même année.

La pose de la première pierre du bâtiment principal eut lieu le 27 août 1597, au milieu d’une immense affluence de peuple. Christophe de Blarer présida la cérémonie et fit un discours qui arracha des larmes à tout l’auclitoire. En moins d’un an, les murs de l’église furent achevés et tout le terrain assigné au collège hors des remparts de la ville entouré de fortes murailles. En 1600, toutes les constructions étaient terminées; les jésuites prirent solennellement possession de leur collège le 26 et le 27 août 1604. Le lendemain, Christophe de Blarer, accompagné de sa cour et du magistrat de la ville, assista à un banquet offert par les religieux; les actions de grâces du collège lui furent adressées en grec, en hébreu, en italien et en français, au grand ébahissement de l’assistance. Trois mois après (12 novembre), l’église fut consacrée par le suffragant de Bâle, François Bœr, évêque de Chrysopolis in partibus, en présence de Christophe de Blarer, du baron Rodolphe deBolweiler, gouverneur de l’Alsace, des députés des sept cantons catholiques et d’une foule innombrable accourue à cette solennité.

Les frais de construction de l’église et du collège s’élevèrent à la somme de 123,146 livres 5 sols de Bâle, valant â peu près 219,192 fr. 88 cts. de notre monnaie. Le gymnase fut bâti aux frais de la ville et achevé en 1606. Le pensionnat qui est attenant au collège fut destiné par le prince aux jeunes gens nobles de sa cour, qui y entrèrent pour la première fois le 30 octobre 1607. 3

Christophe de Blarer avait atteint son but. Il voulait régénérer par l'instruction et une éducation solidement chrétienne les peuples de son évêché; le collège de Porrentruy répondit à ses vœux. Avec des maîtres instruits, dévoués, d’une vertu et d’une piété exemplaires, la jeunesse se façonna sans effort à l’honneur et au devoir. Chaque année I rois â quatre cents élèves puisaient dans d’excellentes leçons les connaissances que l’on allait autrefois chercher dans les universités d’Allemagne, au milieu des dangers d’une vie turbulente el agitée. Pendant trois siècles le collège de Porrentruy a donné â l’Église des prêtres pieux et éclairés, â toutes les carrières libérales des sujets distingués, au pays des hommes qui l’ont honoré par leurs talents et l’intégrité de leur vie. L'œuvre de Christophe de Blarer a porté ses fruits et dépassé toutes ses espérances.

qu’on pouvait bien gratifier Sa Grâce de la courtine d’enson la ville, attendu que ce n’était qu'ung chésal et que la cour le faisait à l’honneur, proftit et félicité de toute la ville. Dont messieurs allèrent rendre le compte à Sa dite Grâce et lui faire présent de la dite courtine, ce qu’il accepta agréablement. “ (Archives de Porrentruy.) G’est donc à tort, on le voit, que les historiens de l’évêché, copiant le P. Sudan, mal informé, ont représenté Christophe de Blarer en guerre ouverte avec les bourgeois de Porrentruy au sujet du collège: les titres originaux constatent que l’entente fut parfaite entre le prince et la ville. (Voir l’Histoire du collège de Porrentruy, p. 9.)

1 Bulle du pape Clément VIH, du 29 avril 1593. = 2 Voir pour les preuves l’Histoire du collège, p. 12. = 3 Ibid, p. 14, 15 et 16.

HAUTS FOURNEAUX D’UNDERVELIER ET GOURRENDLIN

A côté de cette entreprise difficile et importante, l’évêque de Bâle en poursuivait d’autres qui accusent l’infatigable activité de ce grand et courageux prélat. Voulant utiliser les mines abondantes de fer qui se trouvent dans la vallée de Delémont et qui forment encore aujourd’hui une des ressources de ce pays, il établit à ses frais des forges et un haut-fourneau à Undervelier (1598) et à Courrendlin (1604). 1 Un accord passé avec le prévôt de Moutier, le 15 juillet 1588, lui assurait la jouissance et la libre exploitation des bois nécessaires à la marche des usines qu’il venait de construire. Cet accord, consenti par le vieux prévôt Setterich, fut vivement contesté au prince de Blarer par le chapitre de Moutier, jaloux de conserver intacts les droits qui lui appartenaient. Cependant

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Collège et séminaire bâtis par l’évêque Christophe de Blarer.

après de longs débats, les chanoines finirent par accepter un arrangement qui fut conclu le 11 mai 1591, et qui transportait à l’évêque de Bâle tous les droits seigneuriaux que les prévôts et. le chapitre avaient ou pouvaient avoir sur la prévôté de Moutier-Grandval. C’était pour Christophe de Blarer une source importante de revenus dont il sut profiter pour la mise en activité de ses établissements métallurgiques.

Succédant aux droits du prévôt, il tenta de faire revenir le peuple de la prévôté à la foi catholique. L'entreprise eût été plus facile qu’à Laufon, s'il n’eût pas rencontré pour adversaires les Bernois liés étroitement au val de Moutier par un traité de combourgeoisie. Berne tenait à son alliance et s’opposait ouvertement à toute tentative de réforme religieuse. L’évêque de Bâle essaya d’une proposition

1 „1598. Du commencement que les forges furent bâties à Undervelier et le haut-fourneau, lamine de Courrendlin ne se trouva pas bonne. — 1600, le prix de fer fut fait à lf deniers. — 1604, on a commencé à fondre dans le grand fourneau de Courrendlin pour la lr0 fois.“ Journal de Cuenin, p. 14 et 15.

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