‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 171 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

sera confié aux jésuites, et placé provisoirement dans le bâtiment du pensionnat, en attendant qu’on puisse construire à Delémont les bâtiments nécessaires. Les séminaristes porteront une double tunique de drap noir ordinaire, Tune en- dessus large et longue descendant jusqu’aux talons, l’autre moins longue jusqu’aux genoux. Le séminaire s'ouvrit à Porrentruy le 23 octobre 1607 avec six séminaristes. La mort du prince de Blarer et le refus que firent les jésuites de se charger du séminaire, avec le personnel restreint et les ressources modiques dont ils disposaient, firent renoncer à cette fondation qui ne devint définitive et assurée qu’en 1716 par les soins du prince Jean-Conrad de Reinach. 1

Tout en veillant aux intérêts spirituels de ses diocésains, Christophe de Blarer portait sa sollicitude sur le bien-être et la bonne administration de ses sujets. Depuis de longues années, la ville de Porrentruy était en discussion avec l’évêque de Bâle sur ses droits et franchises. Les points litigieux s’étant multipliés avec les années, Christophe de Blarer résolut de mettre fin à ces querelles interminables, en donnant à la ville un code fixe déterminant clairement les droits et les devoirs de chacun, prince et sujets, magistrats et bourgeois. Ce ne fut pas sans de vives contestations que l'on parvint à tomber d’accord. Il y eut procès, appel à Spire, révolte des membres du conseil arrêtés par ordre du prince, 2 enfin accord et entente mutuelle et acceptation de l’ordonnance de police de 1598.

Ce code complet et si sage, qui fixait les droits de chacun dans l’équité et la justice, fut approuvé, scellé par l'évêque et le chapitre de Bâle, accepté et juré par les maîtres-bourgeois, conseil et communauté totale de la ville de Porrentruy le 6 mars 1598. Quelques modifications de peu d'importance y furent apportées par l’évêque Guillaume Rink de Baldenstein le 27 avril 1609.

La mort l’enleva à l’amour et à la vénération de ses peuples le 18 avril 1608 : il avait soixante-six ans d’âge, et trente-trois d’épiscopat. Il fut enseveli dans l’église des jésuites, dans l’étroit caveau qu'il s’était fait préparer de son vivant. Christophe de Blarer avait une figure rude et austère qui portait les marques de ses luttes et de ses grands travaux. Ennemi du faste, il était vêtu simplement, d’une étoffe commune ; sa table était des plus frugales et sa vie partagée entre la prière et le travail.

Après trois siècles, Jacques Christophe Blarer de Wartensée est encore aujourd’hui la plus belle et la plus mâle figure que nous présente la série des évêques de Bâle. Respect. et honneur à son nom et à sa mémoire. 3

1 Archives de l’ancien évêché de Bâle (Séminaire). = 2 „La semaine de Lætare, la ville de Porrentruy a été rebelle contre Sa Grâce et Sa Grâce avait pris le conseil prisonnier. “ Cuenin. p. 13. = 3 On

voit encore dans le chœur de l’église du collège l’épitaphe que le Prince Guillaume de Rink, neveu de

Christophe de Blarer, a consacrée à la mémoire de son illustre parent, et dont nous donnons le dessins.

Monnaie du Prince de Blarer.

Les malheurs de la guerre, d’après Callot.

Guillaume Rinck de Baldenstein, évêque de Bâle, 1608 — 16:28. — S. François de Sales à Porrentruy, 1609. — Alliance avec les cantons catholiques, 1610. — Fondation du couvent des Ursulines à Porrentruy, 1619. — Mort de l’évêque de Rinck, 1628. — • Jean Henri d’Ostein, évêque de Bâle, 1628 — 1646. — La guerre de Trente ans: ses ravages dans l’évêché de Bâle, 1632. — Epreuves de l’évêque, sa mort 1646. — Béat Albert de Ramstein, évêque de Bâle, 1646 — 1651. — Rétablissement de la paix, 1650. — Jean François de Schœnau, évêque de Bâle, 1651 — 1656. — Alliance avec les cantons catholiques, 1655. — Etablissement des couvents des Capucins, 1655, et des Annonciades à Porrentruy. — Mort du prince de Schœnau, 1656.

’ était à peine un mois après la mort du grand évêque, Christophe de Blarer, que les chanoines électeurs, réunis à Saint- Ursanne, choisirent pour le remplacer sur le siège de Bâle, son neveu Guillaume Rinck de Baldenstein (19 mai 1608). Il n’était âgé que de quarante-deux ans et était grand doyen du chapitre de Bâle. Le prince de Blarer avait lui-même dirigé l’éducation de son neveu: il l'avait placé chez les jésuites à Dillingen pour y faire ses humanités, puis à Wurtzbourg où il avait fait sa logique chez les pères de la même compagnie. En décembre 1588, le jeune de Rinck se présentait à Dijon au collège des jésuites pour y achever sa philosophie et apprendre le français : son oncle, l'évêque de Bâle, le recommandait au père recteur comme étant d'un bon caractère, d'un esprit facile, formé depuis plusieurs années cà la vie des maisons de la compagnie. Guillaume de Rinck ne fit que passer à Dijon; au mois de mai 1589, il était chez les jésuites de Dole qu'il quittait aussitôt après avoir reçu le sous-diaconat aux ordinations de la Pentecôte, pour aller occuper une prébende canoniale dans le chapitre de Bâle. 1

1 Lettres de l’évêque Christophe de Blarer, aux archives de l’ancien évêché de Bâle. Evêques de, Bâle* 12

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