‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 172 sur 612 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Un des premiers actes du nouveau prince fut de confirmer les franchises de la ville de Porrentruy (21 mai 1608).

Il ne fut sacré que l’année suivante : la cérémonie se fit avec beaucoup de solennité dans l’église des jésuites le 12 juillet 1609; le nonce du Saint-Siège, Ladislas Ab Acquino, évêque de Venafro, fut le prélat consécrateur.

La même année, la ville de Porrentruy recevait avec tous les honneurs dus à son rang et à sa réputation de sainteté, le grand et aimable évêque de Genève, S. François de Sales. Le pape Paul Y, sur les instances d’Albert archiduc d’Autriche et d’Isabelle Glaire Eugénie princesse de Flandre et comtesse de Bourgogne, avait chargé les évêques de Bâle et de Genève d’examiner le différend qui existait depuis longtemps entre les archiducs de Flandre et le clergé de la Franche- Comté, et de juger l’affaire en dernier ressort. Les salines du comté de Bourgogne étaient de temps immémorial propriété par moitié du clergé et des comtes de la province. Un accord conclu avec Philippe II, roi d’Espagne, en qualité de comte de Bourgogne, avait fait passer entre les mains du roi la propriété des salines, moyennant une certaine quantité de sel à fournir au clergé. Plus tard, le clergé se trouva lésé dans ses droits et se plaignit d’un accord qui lui était très défavorable ; il y eut réclamations, procès et, de guerre lasse, recours au pape Clément VIII. Une première commission composée de l’archevêque et du doyen de Besançon fut récusée par Philippe III, comme intéressée dans l’affaire, et remplacée par une seconde composée des évêques d’Aoste et de Lausanne ; la mort de ce dernier arrêta l’enquête qui se préparait. Le pape chargea enfin S. François de Sales et Guillaume Rinck de Baldenstein de terminer ce différend (28 janvier 1608). L'abbaye de Baume-les-Dames qui avait alors pour abbesse Marguerite de Genève, cousine de l’évêque de Bâle, fut le lieu choisi pour la conférence: l’évêque de Genève s’y rencontra avec le prince Guillaume et les procureurs des parties. L’affaire demandait un examen minutieux et attentif; les deux prélats y consacrèrent tous leurs soins. Grâce à leur habileté et à leur prudence, ils parvinrent à faire accepter aux parties un accord qui mettait fin à toute réclamation ultérieure. Il fut convenu que le clergé renoncerait à toute prétention sur les salines, moyennant une somme d’argent que le prince s’engagerait à lui payer et que les comtes de Bourgogne seraient à perpétuité propriétaires des satines de tout te comté. Cette conclusion, acceptée avec empressement par les deux parties, lit le plus grand honneur aux deux évêques ; les archiducs leur en témoignèrent leur satisfaction par de magnifiques présents.

S. François de Sales fut partout accueilli, pendant son voyage, avec les honneurs et les égards dus à sa dignité et aux vertus qui le distinguaient. A Dole, il célébra la fête de la Toussaint au milieu d’une immense affluence de peuple. Après le sermon qu’il fit sur la prédestination, „le peuple qui croyait de voir en luy un ange descendu du ciel, ne put pas s’abstenir d’applaudissements et acclamations".1 A Besançon, la maison où le saint évêque de Genève reçut l’hospitalité, devint l’objet d’une distinction particulière: chaque année la procession de la Fête-Dieu s’arrêtait devant cette maison, en souvenir du séjour qu’y avait fait S. François de Sales. 2 Ce fut à la même époque, dans le courant du mois de novembre 1609,

1 Vie de S François de Sales, par Aug. de Sales. = 2 Voir le Processionnal de l’ancienne collégiale

de St® Madeleine, p. 147.

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