CHAPITRE XXVIII
par deux évêques. En même temps, par des bulles particulières, le souverain pontife invita le chapitre de Bâle, le clergé du diocèse, le peuple de la ville et de l’évêché, les vassaux, à rendre, chacun dans ses attributions, la soumission et le respect dus au nouvel évêque. Arnold de Rotberg1 reçut la consécration épiscopale dans la cathédrale de Bâle, le jour de la Pentecôte (13 juin 1451); les évêques consécrateurs furent les suffragants de Strasbourg, de Worms et de Constance. A la Fête-Dieu, qui fut célébrée quelques jours après, (24 juin), le nouvel évêque de Bâle célébra pontifîcalement l’office, assisté du prévôt du chapitre, Georges d’Andlau, et du scolastique Henri d’Andlau ; Jean Vernlin deFlachsland remplissait l’office de diacre, Pierre Testor, celui de sous-diacre, le grand chantre Jean de Rhein et l’archidiacre Thomas de Rhode étaient choristes, Berchtold de Kiienfels et Louis d’Eptingen, chanoines, chantaient le graduel et servaient à l’autel. Après l’office, l’évêque porta le saint sacrement en procession sous le dais qui était soutenu par le baron Rodolphe de Ramstein, le bourgmestre Bernard de Rotberg, frère du prélat, et les chevaliers Jean Rott et Hermann d’Offenbourg. La foule était immense et ne se lassait point d’admirer ce spectacle ; il y avait plus de cent ans que les évêques de Bâle n’avaient, rempli eux-mêmes cette pieuse fonction. 2
Arnold de Piotberg voulut tout d’abord s’assurer quelques ressources, en demandant au pape Nicolas Y de l’autoriser à percevoir une rétribution pour les écritures et actes de la chancellerie, ainsi que les revenus des bénéfices vacants; ce que le concile de Bâle avait interdit dans une de ses sessions. Le pape répondit: ;,S’il est licite de percevoir ces redevances, l’évêque n’a pas besoin de permission. Si cela est illicite, Nous ne pouvons lui accorder ce qu’il demande." Arnold de Rotberg interpréta en sa faveur la réponse du souverain pontife et exigea les annat.es. 3 Avec cet argent il acheva magnifiquement au palais épiscopal les réparations et les embellissements que Félix V avait commencés et il releva d’autres bâtiments qui menaçaient ruine. Il transféra ailleurs les foires de la Nativité de la S. Vierge et de la Dédicace qui se tenaient devant la cathédrale et troublaient les offices divins. 4 Le chapitre voulu! venir en aide à l’évêque, en décrétant que les fiefs composant le comté de Ferrette, la baronie de Ribeaupierre, la baronie d’Asuel, celle de Ramstein ou Zwingen ne seraient plus inféodés lors d'un changement de mains, mais demeureraient domaines de l’évêque de Bâle (25 janvier 1451). De son côté, Arnold de Rotberg s’empressa d’envoyer à l’empereur ses envoyés pour s’assurer les régales d’empire qu’il devait tenir directement du monarque. Frédéric III délivra cet acte d’investiture le 4 août 1451 : l’original de cette charte est encore aujourd’hui à Colmar, aux archives du Haut-Rhin. Le style en est pompeux : „La majesté de la dignité royale se répand par tout l'univers et s’y manifeste au long et au large avec un grand éclat, quand elle daigne condescendre aux vœux des princes et des peuples et leur procurer les commodités qu’ils réclament. Le vénérable évêque de Bâle, Arnold, notre cher et dévoué
1 Jacques de Rotberg vendit toute sa seigneurie à l’état, de Soleure en 1516 avec le consentement de l’empereur Maximilien I", parce que c’était un lie! relevant de l’empire. Elle fut incorporée au baillage de Dornach. La famille de Rotberg possédait héréditairement la charge de grand maître de cuisine de l’évêque de Râle. En 1386, deux nobles de Rotberg furent tués à la bataille de Sempach. Christophe Daniel de Rotberg était grand veneur de l’évêque de Râle en 1670. Charles Joseph baron de Rotberg était grand bailli àfschliengen en 1780. Une branche de Rotberg embrassa la réforme et occupa des charges importantes dans le marquisat de Raden Durlach. (P. Voisard, Hist. d. Ëvêq. de Râle, p. 2 72.) =
2 N. Gerung, Ghron. Supplément du Dr Th. von Liebenau, p. 7. = 3 N. Gerung, p. 347. Script, m.
Rasil. = 4 Ibid. — Sudan, Rasilea sacra.