ARNOLD DE ROTBERG, ÉVÊQUE DE BALE
prince d’empire, étant empêché par les dangers du voyage et la distance des lieux, n’a pu venir lui-même trouver notre majesté pour recevoir de nous et du saint empire romain les fiefs et les régales qui dépendent de notre celsitude. Il nous a envoyé comme ses légitimes procureurs l’honorable maître Jean Gennnünger, docteur ès décrets, doyen de l’église collégiale de Colmar, et le docte et prudent Jean Frédéric Winterlinger . . . Ayant accueilli favorablement leur juste demande, de l’avis du conseil des princes, comtes, barons, nobles et fidèles chevaliers, de notre science et autorité royale, après que les susdits procureurs eurent prêté serment de fidélité, soumission et obéissance, sur l’âme de l’évêque de Bâle, Arnold, en ces mots: „Nous Jean Gennnünger et Jean Frédéric, jurons par les saints évangiles de Dieu, sur l’âme du Révérend Père en Christ le seigneur Arnold, évêque de Bâle, qu’il sera désormais fidèle et obéissant à vous très glorieux et très invincible prince et seigneur Frédéric, roi des Romains toujours Auguste, son gracieux souverain, comme aussi à tous les empereurs ou rois romains vos successeurs et au saint empire romain; — qu’il ne fera jamais rien par aide ou conseil, contre l’état, la vie, le salut de votre personne; qu’il procurera de tout son pouvoir et fidèlement l’honneur de l’empereur et de ses successeurs et du saint empire ; qu’il détournera tout dommage et tout danger qui pourrait menacer l’état, la personne ou l’honneur de l’empereur ou de l’empire; qu’il ne fera pas alliance avec les rebelles et les traîtres, mais qu’il défendra, assistera fidèlement, autant qu’il le pourra, Sa Majesté impériale; enfin qu’il rendra à Sa Sacrée Majesté tous les offices qu’ont coutume de lui rendre les princes fidèles de l’empire, suivant les saintes lois et les coutumes louables, comme l’ont fait les évêques ses prédécesseurs et comme il est marqué dans le corps des lois touchant le serment de fidélité. Ainsi Dieu l’assiste et ces saints évangiles de Dieu ..." Nous investissons l’évêque de Bâle, Arnold, des régales, droits temporels et fiefs de l’église de Bâle qui est un des ornements du saint empire, comme les prédécesseurs évêques de Bâle en ont joui . . . Nous ordonnons à tous les comtes, barons, nobles, chevaliers et autres officiers et à tous les sujets de l’évêché de Bâle, de rendre respect et obéissance à l’évêque de Bâle, Arnold, comme à leur ordinaire et légitime seigneur ..." 1 La charte impériale fut délivrée à Vienne le 4 août 1451.
Ces formalités remplies, Arnold de Rotberg s’appliqua à remplir aussi bien que possible, les devoirs de sa charge. Voulant maintenir entre Bâle et l’évêque les relations les plus amicales, il garantit à la ville épiscopale la nomination d’un bourgmestre et d’un conseil, comme l’ont fait ses prédécesseurs (25 décembre 1451). 2 II va à Saint-Ursanne recevoir le serment de fidélité de ses habitants. Il confirme les franchises et libertés de la ville et de la châtellenie (février 1451) 3 et reconnaît le droit d’omgeld sur le vin, dont jouissent les bourgeois de Saint- Ursanne, pour l'entretien de leurs remparts et des édifices publics. 4
Le 1 9 juillet 1 452, Arnold de Piotberg investit les nobles d’Eptingen, Hermann, Thuring et Pierre, des fiefs dépendant de l’office de grand maréchal déjà assurés à cette noble famille par Frédéric ze Rhein le 19 septembre 1437. 5 En même temps, le baron Thomas de Falkenstein reçoit en fief les landgraviats du Sisgau et du Buchsgau 6 et le baron Thiébaud d’Asuel et son frère Lutold sont investis
1 Trouillat et Vautrey. t. V. p. 399. = 2 Ibid., p. 805. = 3 Archives de Saint-Ursanne. = 4 Trouil-
lat et \autrey, t. V. p. 813. — 5 Aux archives de Lucerne, document communiqué par M. Schneller. -
6 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 807.