CHAPITRE XXVIII
droits de son Église. De vieilles contestations existaient entre le chapitre de Bâle et Berne, qu’on ne parvenait pas à vider. Déjà en 1452 l’évêque Arnold de Botberg avait obtenu l’arbitrage de l’avoyer et du conseil de Lucerne. Une conférence avait eu lieu àBienne le 1er mai 1452, où l’évêque se trouvait avec les délégués de Berne. Zurich, Soleure,Uri, Schwytz, Unterwalden et Zoug y avaient aussi leurs représentants. On n’était pas parvenu à s’entendre et une nouvelle conférence avait été fixée au même lieu pour le dimanche après la fête de S. Pierre et de S. Paul. 1
Les débats allaient leur train en 1470. L’évêque et le chapitre avaient des hommes qui appartenaient à l’Église de Bâle à Ligerz, Twann, Tüscherz et Alfermée, entre Bienne et Neuveville, dans le comté de Nidau ; Berne avait aussi ses hommes à Bienne, Boujean, Reiben; on n’était pas d’accord sur les droits de l’Église de Bâle et de la ville de Berne sur ces hommes. On se disputait également sur les bornes qui marquaient la partie du lac appartenant à Bienne, sur les droits de pêche entre Bienne, Nidau, Erlach, Landeron, Neuveville et Ligertz, sur les douanes de Longeau, Landiswyl et de Reiben ; sur des pâturages au pied du Buttemberg, etc. Le 25 septembre 1470 les deux parties comparurent en conciliation devant Rodolphe, marquis de Hocberg, comte de Neuchâtel, seigneur de Rœtelen et de Susenburg, gouverneur de Lutzelburg, etc. En présence de ses conseillers, François de Villarser, abbé d’Erlach, Antoine de Colombier, Simon de Cléron, Conrad de Tess et Rodolphe de'Vamerue; en présence aussi des délégués de Zurich, Henri Escher; de Fribourg, le chevalier Rodolphe de Wippingen; de Soleure, Ulrich Bisen, et de Morat, Heintzmann Tschatte. Après l’exposé des griefs de chacun, on adopta les conventions suivantes : Les hommes du chapitre de Bâle dans les localités en litige doivent être libres de toute redevance annuelle, soit à l’égard de l’évêque, soit à l’égard du chapitre. Berne et Bienne payeront chacune annuellement deux cents livres (pfennig) monnaie bernoise à la S. Martin. A l’avenir les susdits hommes de l’Eglise de Bâle n’auront plus aucune obligation envers l’évêque et le chapitre ; ils seront bourgeois de Berne et de Bienne et payeront à ces villes les impôts convenus. Ils marcheront avec leurs concitoyens quand ceux-ci se mettront en marche. S’ils veulent se fixer sur les terres de l’Eglise de Bâle, ils le pourront et alors ils rendront foi et hommage à l’évêque et au chapitre. De même s’ils quittent les terres de l’Église de Bâle pour entrer sur celles de Berne, ils obéiront à Berne, sans que le chapitre puisse s’y opposer. De même pour ceux de Bienne et de Nidau.
Tous les autres points en litige furent aussi réglés à l’amiable et la convention conclue le 25 août fut communiquée par l’évêque au chapitre de Bâle et par l’avoyer au grand conseil de Berne. L’accord fut reçu par les parties intéressées et approuvé. A la suite de ce traité Jean de Yenningen délia de leur serment de fidélité les hommes de l’Église de Bâle habitant les bords du lac de Bienne et le comté de Nidau, et les affranchit de toute redevance à l’évêque et au chapitre. Les hommes de Berne à Bienne et aux environs sont également déliés de leur serment d’obéissance à Berne et appartiennent désormais à l’évêque de Bâle. Les deux parties s’engagent à être fidèles à la convention conclue et acceptée (25 septembre 1470). 2
1 Aux archives de Berne. = 2 Ibidem. Les actes originaux portent encore les sceaux de l’évêque,
du chapitre et de Berne.