‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 19 sur 612 · ROLES DE L’AJOIE, DE MOUTIER, ETC · texte numérisé non relu

ROLES DE L’AJOIE, DE MOUTIER, ETC

et garder notre ville tandis qu’il a guerre. Nous, les bourgeois, devons édifier notre ville de notre puissance, pour que Monseigneur s’en puisse aider, quand besoin lui est tant de la ville que de nous. Pour ce nous sommes francs et quittes de toutes servitudes qui appartiennent à Monseigneur excepté de la lance et du commandement de la haute seigneurie. Et pour ce que nous gardions et édifions notre ville, sans que Monsieur de Bâle y mette rien du sien, nous devons jouir de toute connnunance qui est dedans le rey de Saint-Ursanne paisiblement. — „Tous les hommes qui viennent d’étrange pays demeurer à Saint-Ursanne, doivent jurer fidélité à Monseigneur de Bâle et à Monseigneur le Prévôt et à la ville et sont tenus à un chacun un quartal de vin. — Nous pouvons prendre pour bourgeois et bourgeoises qui nous plaît et les dits bourgeois doivent avoir foi et serment à Monseigneur de Bâle, à Monseigneur le Prévôt et à nous ..." 1

Tous ces rôles sont unanimes à reconnaître les droits souverains de l’évêque de Bâle dans ces différentes parties de l’évêché. Jean de Venningen eut soin de revendiquer et de faire constater officiellement son autorité dans les domaines qui rentraient sous son autorité, à la suite de rachats et de conventions en règle. En 1468, il rachète le village de Soulce, dans la vallée de Delémont, de Jean Munch de Munchenstein ; le couvent de Klingenthal de Bâle lui prête à cet effet cent florins. Ce village avait été hypothéqué avec celui d’Undervelier en 1409 par l’évêque Humbert de Neuchâtel pour cent cinquante florins à Jean Thüring Munch, archidiacre, sous réserve des droits de haute justice dans le cas de meurtre et de peine capitale. 2 La même année Jean de Venningen acheta des frères Conrad et Pierre de Morimont, chevaliers, pour quatre cents florins du Rhin le village de Miécourt situé dans le baillage de Porrentruy. En retour l’évêque de Bâle leur vendit une rente annuelle de vingt florins du Rhin, assignée sur le château et sur la ville de Porrentruy. 3 A cette époque Miécourt rapportait à son seigneur et maître seize livres de taille, quatre bichots de froment, vingt-deux poules poulies onze chésaux, vingt-huit bichots de blé et d’avoine provenant de la grosse dîme; trente aunes de toile de lin de la dîme du chanvre; trente sols des six fauchées de pré autour du château ; vingt-huit sols d’autres fauchées, etc. 4

En même temps que les nobles de Morimont vendaient Miécourt à l’évêque de Bâle, ils reprenaient en fief de ce prélat le château de Pleujouse avec ses droits et dépendances et la seigneurie de Montjoie (20 janvier 1468). 5 Conrad et Pierre de Morimont avaient un fief castrai à Porrentruy que Jean de Venningen leur racheta pour cent cinquante livres et qu’ils reprirent en cédant à l’évêque le quart de la dîme de Bourogne près de Grandvillars qui était leur possession et leurs rentes au dit lieu, valant annuellement douze livres stebelers. 6 Dans la même ville, Jean de Venningen devint vers le même temps patron et collateur des trois chapelles de la B. V. Marie, de Sainte-Catherine et de Saint-Jean l’Évangéliste dans l'église de Saint-Pierre, qui appartenaient jusque-là aux nobles de Vendelincourt. Par un acte de donation du 30 mars 1469, Théobald de Vendelincourt transféra tous ses droits sur ces trois chapelles à l’évêque de Bâle. 7 Dans toutes ces dispositions, on retrouve l’intelligente administration de Jean de Venningen reconstituant les anciens domaines de l’évêché et rétablissant partout le bon ordre et les

1 Archives de l’ancien évêché de Bâle. = 2 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 843. = 3 Archives de

l'ancien évêché de Bâle. Lehen gem. Elsgau. Miesdorff. = 4 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 842. =

5 Ibid., p. 482. = 8 Ibid., p. 840. = 7 Liber niarcarum, p. 82.

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