CHAPITRE XXXIII
Vignancourt, Cadaniel, Solas, Pierrefonte et La Touche. Le 12 octobre, la compagnie de la Touche sortit de Porrentruy pour aller loger à Saint-Ursanne avec trente-quatre soldats; le 14 même mois, s’en revint loger à Porrentruy.
„Le 19 octobre 1637, le capitaine Solas partit pour accompagner le comte de la Suze qui était gouverneur de Belfort, lequel s’en retourna en France. Le comte de Grancey retourna également en France le 20 octobre emmenant avec lui le capitaine Corneil.
„Le 24 octobre 1637, le sieur de La Motte, maître de camp de M. de Ally revint avec ses gens d’Allemagne et entra à Porrentruy ... M. de Ally arriva aussi le 26, accompagné du maître d’hôtel du duc de Weimar, avec son bagage et plusieurs personnes de sa suite. Le lendemain ledit Ally prit la route de Montbéliard. L’infanterie des deux armées tant française que suédoise étant à Cœuve et à Beurnevésain, ce dit jour l’on vendait un pain de 5 sols, 12 sols 6 deniers; le vin 15 sols; le sel 2 sols; 1 œuf 10 deniers; 1 livre de viande 2 sols 6 deniers aux soldats.
„Le 27 octobre 1637 fut amené à Porrentruy le canon du roi de Suède par le duc de Weimar avec un autre, l’un pesait 5393 livres et l’autre 4795 livres.
„Le 1er novembre 1637, les deux armées qui étaient en quartier à Cœuve marchèrent contre Gourgenay, et les Suédois à Pérouse marchèrent contre Repais pour se rendre au val de Delémont et les Français contre Saint-Ursanne. Ils furent depuis le 24 octobre jusqu’au 1er de novembre aux environs de Porrentruy.
11 y avait une si grande cherté parmi eux qu’ils mangeaient des chevaux qui étaient morts devant la ville et payaient un pain -d’amonition du poids d’une demi livre 10,
12 jusqu’à 15 sols la livre; une livre de viande 3 sols; un œuf 10 rappes; une geline 1 livre, le penal de blé 3 livres 15 sols et 4 livres bâloises.
„Le 5 novembre 1637, il vint des cavaliers bourguignons environ quatre cents, qui caracolèrent par la grande fin et prirent M. le doyen de Pérouse, M. de Chavanatte, qui chassait aux ramiers sur le cras de Courtedoux.
,,M. de Ally rentra de Montbéliard à Porrentruy le 11 novembre 1637, s’en alla auprès de ses soldats qui étaient entre la montagne et la vallée de Delémont avec les Suèdes; ont tout pillé, y sont demeurés depuis le 12 novembre 1637 jusqu’à la sortie de M. de Ally et de La Motte de Porrentruy le 29 novembre 1637. M. de La Motte prit la route contre la France et M. de Ally alla à Saint-Brais où était son armée qui brûla ledit village.
„J’aivu, de mes yeux vu (c’est toujours Guenin qui parle) vendre le 23 novembre 1637 à Porrentruy, un œuf 3 sols bâlois à un général de la cavalerie française de M. de Ally qui était malade au logis de Jean Guyer. L’on vendit un chapon 40 sols; 7 pucenattes (poulets) un doublon; un saucisson de porc 5 sols; le penal de sel 10 livres. M. de Ally, après avoir brûlé Saint-Brais le 30 décembre 1637, en sortit pour aller loger à Pleigne, il trouva son armée presque entièrement fondue, et lui partit pour la France.
„Le 29 et 30 janvier 1638, le duc de Weimar sortit hors de la vallée de Delémont d’où il vint quérir les pièces qu’il avait laissées à Porrentruy et leurs munitions de guerre.
„Le jeudi 13 de septembre 1638, l’on fit des feux de joie à Porrentruy à 4 heures de relevée à l’occasion de la naissance du dauphin Louis (Louis XIV) et toide la soldatesque el la bourgeoisie se mirent sous les armes. L’on porta les