‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 22 sur 612 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

époque. Le vénérable prélat rappelle toutes les anciennes prescriptions qu’il renouvelle en les complétant par d’autres applicables au temps et aux circonstances présentes ; nous ne signalerons que les points suivants qui peuvent offrir quelque intérêt.

„ L’évêque a appris que quelques ecclésiastiques quittent sans nécessité les vêtements qui conviennent à leur ordre, pour en prendre d’autres peu convenables avec lesquels ils se montrent en public. Il est défendu aux clercs sans un motif raisonnable, de porter des vêtements rayés du haut en bas ou de plusieurs pièces (virgata aut partita veste). Défense aux prêtres de se couvrir dans les rues la tête avec une mitre ou un bonnet de lin (infula seu pileum lineum), sous peine de perdre le fruit de leur bénéfice d’une année. Tous les prêtres qui portent un êpitoge ou manteau garni de fourrures, qui laisse voir l’habit de dessous, devront en faire don aux pauvres dans le mois. Les clercs bénéficiers ne pourront porter des chaussures rouges ou vertes rayées. On ne doit pas appeler auprès des malades les médecins du corps avant ceux de l’âme ; on doit souvent rappeler cela à l’église. Défense à une femme chrétienne de se mettre au service des Juifs. On doit reprendre nominativement ceux qui travaillent aux jours de fêtes solennelles et leur imposer une réparation de huit jours. On doit en faire autant pour ceux qui ont des coffres dans les églises qu’ils se refusent d’enlever sur l’avis des prêtres, à moins que ce ne soit en temps de guerre. Un prêtre lépreux ne doit point dire la messe. On doit rappeler à ceux qui ont l’âge de discrétion l'observation du jeûne des quatre temps, du carême, des vigiles de Noël, S. Jean Baptiste, S. Laurent, l’Assomption de la B. V. Marie, de la Toussaint et des apôtres dont les noms sont contenus dans ces vers :

Petrus et Andréas, Paulus cum Symone, Judas

Ut jejunemus ammonent atque Matheus.

Sont exceptées du jeûne les vigiles de S. Jean l’Evangéliste et de S. Philippe et S. Jacques qui tombent dans le temps de Noël et dans le temps pascal. On recommande comme chose salutaire, surtout aux clercs, de jeûner pendant l’Avent. Les curés doivent avertir leurs paroissiens d’imiter la louable coutume de quelques diocèses et de faire maigre le mercredi et le samedi, à moins d’une grande nécessité ou de quelque solennité. Les fêtes chômées sont Noël, S. Jean l’Evangéliste, les Sts Innocents, la Circoncision, l’Épiphanie, la Nativité de la Ste Vierge, l’Annonciation, la Purification, l’Assomption, l’Exaltation et l’Invention de la Ste Croix, Pâques et les trois jours suivants, l’Ascension, la Pentecôte et les trois jours suivants, S. Jean Baptiste, tous les apôtres, Ste Marie Madeleine, S. Laurent, S. Michel, S. Gall, la Toussaint, S. Martin, la dédicace de l’église de Bâle, et tous les dimanches. On doit célébrer très solennellement la fête du très saint et adorable corps de N.-S. Jésus-Christ, le jeudi après le dimanche de la Trinité et publier les indulgences de cette fête. 1 A la cathédrale on célébrait depuis 1463 (28 juin) sous le rite double, la fête de S. Grépin et de S. Crépinien martyrs, qui avait été établie et fondée par le chapelain de S. Henri, Henri Kestlach. 2 Le prévôt du chapitre, Jean Wernher Flachslanden établit aussi de ses deniers le 21 novembre 1466 la célébration de la fête de la Présentation de la Ste Vierge, sous le rite

1 Aux archives de l’ancien évêché de Bâle. = 2 Liber vitæ eccl. cath. Basil,

Page 1