L’EMPEREUR FREDERIC III A BALE
double. 1 Un autre bienfaiteur de la cathédrale fut le vicaire général de l’évêché, Frédéric Frank, chanoine de Saint-Ursanne qui mourut le 16 octobre 1470. Il légua deux missels valant cent vingt florins pour l’usage des chanoines et des prébendiers qui diraient la messe au maître-autel de la cathédrale. 2 La bibliothèque du chapitre s’était enrichie à la même époque d’une grande quantité de livres que lui avait légués le docteur Henri de Benheim qui avait rempli les fonctions d’official sous l’évêque Jean de Fleckenstein et de promoteur au concile de Bâle. Il mourut le 17 avril 1460 et fut inhumé à la cathédrale dont il était bénéficier et où il avait fondé plusieurs messes solennelles pour les morts. Henri de Benheim avait écrit une chronique de l’évêché de Bàle dont il nous reste quelques fragments précieux. 3
Jean de Venningen ne bornait pas sa sollicitude à ses diocésains, clergé et peuple, il prêtait volontiers ses bons offices pour venir en aide à ses voisins. Son crédit et sa parole étaient appréciés par les princes qui se rangeaient volontiers à son arbitrage. Lorsque l’archiduc d’Autriche, Sigismond, vint à Bàle en 1466, l’évêque lui fit le meilleur accueil. Les Bàlois lui donnèrent des fêtes splendides. L’archiduc fut très satisfait des bons traitements qu’il reçut du prélat et de la ville; à son départ Jean de Venningen voulut l’accompagner jusqu’à Strasbourg. Il profita de son crédit pour tenter de mettre fin au litige qui existait entre le prince palatin et ses prisonniers, le margrave de Baden et le comte de Wurtemberg. 4
Deux ans après (1468), les habitants de Mulhouse, irrités contre les nobles du voisinage, font une alliance avec les Bernois et les Soleurois et se préparent à faire la guerre aux nobles. Avec quatorze mille hommes fournis en majeure partie par les Suisses, ils se jettent sur le Sundgau et sur l’Alsace, brûlent quelques châteaux et plusieurs villages et vont assiéger Waldshout. A la nouvelle que Sigismond arrivait avec une armée pour faire lever le siège, le Palatin et les évêques de Strasbourg et de Bàle interposent leurs bons offices. Il fut convenu de part et d'autre qu’on payerait aux Suisses dix mille florins comme frais de guerre. Mais l’archiduc Sigismond, portant plus loin ses vues et craignant d’avoir dans la suite des affaires avec ce peuple belliqueux, engagea à réméré le comté de Ferrette, l’Alsace, le Brisgau avec la Forêt-Noire au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, dont les Suisses sauraient respecter les armes. Le marché conclu, les habitants des pays engagés jurèrent fidélité au comte de Hocberg qui tenait la place du duc de Bourgogne. Pierre de Hagenbach fut nommé gouverneur de ces provinces. 5
Jean de Venningen prenant toutes les sûretés pour sauvegarder ses états, s’assura la protection et l’appui de l’empereur Frédéric III qui déjà en 1460 lui avait gracieusement accordé les régales d’empire, après serment prêté devant le trône impérial à Vienne. 6 En 1471 l’empereur convoqua une diète à Ratisbonne pour proposer à tout l’empire de réunir ses forces contre les Turcs, ennemis irréconciliables du nom chrétien. Jean de Venningen, ne voulant pas manquer
1 Liber vitæ eccl. cath. Basil. Le prévôt Flachslanden mourut en 1470 et fut enterré à la cathé-
drale de Bàle. — 2 Ibid., Liber vitæ S. Ursicini, p. 38. = 3 Voici l'inscription placée sur le tombeau
d'Henri de Benheim :
Si ulla rapidam vinceret scientia mortem, Sagax consilium, facundæ disertio linguæ,
Non hic humatus, de Benheim Henrice, jaceres, Doctorum decus, canonum celeberrime cultor. Spes divitum eras, pauperum certissima salus, Basilea sepulta, p. 9. — Lib. vitæ cath. Basil. = 4 6 Trouillat et Vautrev, t. V. p. 823.
Labore indefessus, cunctorum commoda parans. Tum piis et magnam tuleras animabus opem, Fundaras célébrés defunctis canere missas,
Hoc altari sacro, Doctor memorabilis semper,
Quæ requiem parent quæso perennem tibi.
Sudan, Basilea sacra, p. 329 et suiv. = 5 Ibid. =