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LES PÈRES CAPUCINS A PORRENTRUY

Un an s’était à peine écoulé depuis la pose de la première pierre que le conseil de Porrentruy obtenait du vicaire-général de Besançon la permission de placer dans la nouvelle chapelle la statue de la Ste Vierge et d’y dire la messe sur un autel portatif.

„Le 21 novembre 1654, est-il dit au journal Vergier, l’image de la Ste Vierge a été portée en procession à la chapelle érigée en son honneur sous le titre de Lorette. “ 1

La mort du prince de Schœnau fit remettre la consécration de la chapelle jusqu’en 1657. Ce fut le 8 avril de cette année, le dimanche après Pâques, que le suffragant Thomas Henrici, autorisé pari’ archevêque de Besançon, procéda aux cérémonies de la consécration en présence de l’évêque de Bâle, Jean- Conrad de Roggenbach, et d'une multitude innombrable de peuple. La chapelle fut dédiée à Notre-Dame de Lorette.

Elle avait 29 pieds et 8 pouces de long sur 12 pieds 8 pouces de large; deux portes latérales donnaient entrée dans le sanctuaire; dans une niche, au-dessus de l’autel, était la statue de la Ste Vierge que les Ursulines s’étaient chargées de couvrir d’un riche vêtement; vis-à-vis l'autel, une fenêtre percée dans le mur de la chapelle rappelait celle de l’ange, conservée dans la sainte maison de Lorette. Un petit clocher surmontait et complétait le modeste sanctuaire.

A la même époque, l’évêque Jean François de Schœnau établit à Porrentruy les Capucins et les Annonciades. Ce prince était un grand protecteur des Capucins; il avait un frère, Marc- Jacques, qui avait embrassé la vie religieuse dans une de leurs maisons. Lui-même suivant un vœu fait par ses parents, avait porté les sept premières années de sa vie l’habit de capucin. Il avait passé sa jeunesse à Waldshut, où son père était lieutenant de l’empereur et de l’archiduc d’Autriche.

Les premiers Capucins qui parurent à Porrentruy y furent appelés par le prince de Blarer en 1588 ; ils logeaient dans la maison du chapitre de Saint-Michel, près de l’église paroissiale. Leur présence seule fut un grand sujet d’édification pour toute la paroisse. Malheureusement ces Pères étaient allemands et n’avaient aucune connaissance de la langue française. L’évêque de Bâle dut renoncer à ces

L’image de la Ste Vierge de Lorette à Porrentruy.

1 Journal Vergier, p. 48.

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