‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 235 sur 612 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

religieux, malgré leur excellente réputation, et s’adresser aux Jésuites. Ce ne fut qu’en 1646 qu’il fut de nouveau question d’établir à Porrentruy un couvent de capucins. Sur l’invitation du maître-bourgeois Melchior Bajol, les religieux de la maison de Belfort demandèrent aux conseils de la ville à être autorisés par eux à bâtir à leurs frais un couvent de leur ordre. L’archevêque de Besançon appuya leur demande auprès de l’évêque de Bâle Jean-Henri d’Ostein (3 août 1646); le chapitre général de la province de Bourgogne, réuni à Gray, fit les mêmes instances auprès de ce prélat (27 octobre).

Déjà deux capucins étaient comme à demeure à Porrentruy; il ne s’agissait que de leur assigner un local fixe, qui fût suffisant pour recevoir six Pères. La mort du prince d’Ostein remit à d’autres temps la réussite de cette affaire. Béat- Albert de Ramstein, le nouvel évêque de Bâle, craignit que le couvent de capucins établi à Delémont n’eût à souffrir de la fondation d’une maison du même ordre à Porrentruy; il répondit au provincial de Bourgogne que les aumônes ne pourraient suffire à l’entretien de deux couvents si voisins l’un de l’autre ; que du reste les jésuites suffisaient aux besoins de la paroisse de Porrentruy et qu’il croyait prudent d’attendre des temps meilleurs (16 janvier 1647).

L’affaire fut reprise sous le prince Jean-François de Schœnau. Mais l’évêque de Bâle déclara tout d’abord qu’il ne voulait pas recevoir dans sa ville épiscopale des capucins de la province de Bourgogne, qui était à l’Espagne, tandis que lui, prince d’empire, était en rapports continuels avec l’Allemagne et la Suisse. Dans tout l’évêché, il n’y avait que des capucins de la province suisse; pourquoi en recevoir d'une autre province (1651)?

L’affaire fut portée à Rome et la difficulté remise à la décision du général de l’ordre des RR. PP. Capucins. „Mais, est-il relaté au Journal du maître-bourgeois Yergier, à l’instante poursuite et sollicitation de Son Altesse, qui avait un frère et de Mgr le grand-prévôt de Roggenbach, qui avait pareillement un frère profès dans la province de Suisse, l’affaire fut conduite en telle sorte, que par l’entremise de Mgr le cardinal de Hessen, prince de Eitersheim pour lors résidant à Rome et en grand crédit auprès du pape Alexandre VII, l’on n’en laissa pour la décision et connaissance au général de l’ordre. Mais par un commandement absolu, le pape ordonna au dit général d’y commander des Capucins de la province de Suisse." 1 En conséquence, par lettre datée de Rome, du 27 novembre 1655, le R. P. Fortunatus, général de l’ordre, autorisa les Capucins suisses à fonder un couvent à Porrentruy. Le prince de Schœnau fournit aux religieux une maison au Bourg tpii lui appartenait, et où ils se logèrent en attendant la construction de leur couvent. Ou leur bâtit provisoirement une chapelle, que l’évêque de Bâle bénit solennellement et où il célébra la messe le 13 juillet 1656. Le premier supérieur du nouveau couvent, le P. Germain Brisechoz de Porrentruy, fit le sermon. Quelques jours après (29 juillet), on plaça dans le clocher de la chapelle une cloche de 180 livres, payé 90 florins par les officiers de la cour. Le curé de Porrentruy, Jobelot, en fit la bénédiction; un conseiller du château, M. Charles de Ligertz, et la baronne de Mon (joie Marie-Françoise faisaient l’office de parrains.

En 1622, la guerre chassa les Annonciades de Haguenau où elles étaient à peine établies depuis un an. Venues de Pontarlier sur les instances du magistrat,

1 Archives de Porrentruy (Capucins).

LES ANNONCIADES A PORRENTRUY

elles avaient obtenu la cession de l’ancien couvent des Pénitentes de Ste Madeleine abandonné depuis l’époque de la réforme. L’archiduc Léopold d’Autriche, administrateur du diocèse de Strasbourg, les avait installées dans leur nouvelle maison où elles devaient donner l’instruction aux filles de la paroisse. L’armée de Mansfeld, qui envahit l’Alsace en 1 622, leur fit prendre la fuite. Elles se réfugièrent d’abord à Nancy, chez les sœurs de leur ordre, où elles restèrent quelques mois; mais l’archiduc Léopold leur supérieur, leur ayant donné l’ordre de se rapprocher autant que possible de Haguenau, elles se rendirent à Porrentruy, où elles furent d’autant mieux reçues qu’elles comptaient dans leur communauté une sœur professe et trois novices de la ville. Logées dans une maison particulière, elles furent autorisées

Le pape Alexandre VII,

d’après un portrait-médaillon dans la basilique de «S. Paul hors les murs» à Rome.

par l’archevêque de Besançon à faire célébrer la messe sur un marbre sacré; le vicaire de la paroisse, messire Borcard Simon, „ personnage de grande dévotion et réputation “, fut chargé de leur direction spirituelle. Le bon accueil, que les Annonciades trouvèrent à Porrentruy, les engagea à tenter une démarche pour se fixer dans la ville épiscopale. Le 12 décembre 1622, la prieure, sœur Marie- Madeleine et les officières adressèrent dans ce but une supplique au prince-évêque de Bâle, Guillaume de Rinck. Mais en même temps, Haguenau, délivré de l’armée de Mansfeld, réclamait le retour des Célestines. Le suffragant de Strasbourg transmit la prière des magistrats de la cité à l’archiduc Léopold qui en fit part à l’évêque de Bâle, en le priant d'y donner droit (10 janvier 1623). Ce ne fut qu’au commencement de juillet, que les Annonciades, munies des témoignages les plus flatteurs de l’évêque de Bâle et des magistrats de Porrentruy, reprirent le chemin de Haguenau et rentrèrent dans leur monastère.

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