‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 243 sur 612 · ALLIANCE AVEC LES SUISSES · texte numérisé non relu

ALLIANCE AVEC LES SUISSES

mettre à table pour souper. Tout à coup des voix se font entendre devant les fenêtres du réfectoire. C’était, un antique Noël, quelque joyeux bon an chanté en l'honneur des Pères. Le recteur étonné sort pour reconnaître les chanteurs et leur donner le pourboire ordinaire ... : c’était le prince de R.oggenbach avec quatre nobles de sa cour qui venaient souhaiter aux Jésuites les bonnes fêtes et la nouvelle année!! Un autre jour, le prélat arrivait au collège avec son jardinier et passait le jour à planter et à greffer de jeunes arbres dans le jardin des Pères. Si le collège allait en pèlerinage à la chapelle de Ste-Croix, près Fontenais, lorsqu’on en célébrait la fête, le prince précédait les élèves, chantait la grand’messe devant ce jeune et pieux auditoire et revenait dîner avec les maîtres. Chaque mois, le saint évêque faisait chez les jésuites une retraite d’un jour; les veilles de fête, il se préparait à la solennité du lendemain par la prière et la méditation dans une cellule du collège. Au château, sa vie était celle cl’un religieux; il évitait tout ce qui sentait le faste et l'opulence. Jamais sur sa table on ne servait plus de quatre plats; mais sa charité pour les pauvres était sans mesure: aussi l’ appelaient-ils

Médaille de l’évêque Jean Conrad de Roggenbach.

le père des malheureux. 1 Trente-sept années d’une administration aussi paternelle furent bien propres à réparer les désastres des guerres précédentes et à relever les ruines si nombreuses que l’occupation militaire avait faites dans l’évêché. Le prince de Roggenbacli ne négligea rien de ce qui pouvait rendre l’ordre, la prospérité et la paix à ses États.

Il obtint de Louis XIV une lettre qui l’assurait de la bienveillante protection de ce monarque et qui garantissait à l’évêque de Bâle la possession de ses revenus dans le pays cédé à la France par le traité de Munster (16 février 1657). Non content de cette assurance solennelle, Jean-Conrad mit ses Étals sous la garde des cantons catholiques. Une garnison de vingt-et-un hommes) fournie par les sept cantons, continua â veiller sur le château de Porrentruy et à protéger de la vieille bannière helvétique le prince leur allié. Plusieurs réunions des États furent appelées à décharger le pays des dettes contractées durant l’occupation militaire qui avait pesé pendant tant d’années sur l’évêché. En 1659 (du 20 au 25 octobre), les députés réunis à Porrentruy établissent un impôt sur les denrées dont le produit servira à couvrir la dette publique jusqu’à concurrence de 50,000 livres bâloises. Cette somme ayant été trouvée insuffisante, une nouvelle réunion des États eut

P. Voisard. — Annales du collège de Porrentruy.

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