CHAPITRE XXXIV
lieu à Porrentruy le 27 mars 1 662 : on accorda au prince Jean-Conrad une nouvelle somme de 20,000 livres; plus 2000 livres pour le voyage que le souverain projetait de faire pour se rendre à la diète de Ratisbonne. Pour diminuer les charges de l’évêché, on aurait volontiers congédié une partie de la garnison suisse qui devenait inutile dans ce temps de paix générale; mais les cantons alliés déclarèrent que le prince de Bâle devait ou garder toute la garnison ou la renvoyer tout entière. On demeura dans le statu quo. La paix était profonde et les gardes suisses ne servirent qu’à faire parade au château ou en ville, aux jours des réjouissances publiques ou de réceptions solennelles de quelque grand personnage. Le prince reçut successivement la visite du prince de Hombourg en 1657, du marquis de Durlac en 1669, du duc de Mazarin, gouverneur de Belfort, en 1662. Colbert, le grand ministre de Louis XIV, vint à Porrentruy en 1666 et fut traité magnifiquement par le prince Jean-Conrad. L’année suivante, l’archevêque de Besançon, Monseigneur Antoine-Pierre de Grammont, fit sa visite pastorale à Porrentruy.
„Le 7 septembre, relate le prévôt Vergier, il est entré à Porrentruy, et furent pendant 300 ans passés qu’aucun archevêque n’avait fait sa visite personnellement.
Son altesse de Basle avec sa cour, et environ trente cavaliers bourgeois lui sont allés au-devant jusque près de Montigney, et au son des cloches et du canon tant du chasteau que de la ville a fait son entrée à Saint-Germain, puis à Saint-Pierre là où pontificalement il a chanté les vespres, et en après a été conduit et logé au chasteau avec son train qui consistait en quinze personnes. Le lendemain, jour de la Nativité de Notre-Dame, a célébré la sainte messe pontificalement dans l’église de Saint-Pierre et devant et après la messe a confirmé, comme aussi tous les autres jours de sa visite, tantôt, aux Ursules, aux Jésuites, même avant que de partir au chasteau. Le mercredi 14 de septembre, après avoir visité toutes les églises, tant dedans que hors de la ville, les maisons des Ursules et Annonciades, eu communication de leurs rentes et revenus, même de ceux de Saint-Michel, des églises et fabriques de Porrentruy et de l’hôpital, partit pour Vaufrey. Son Ail esse, sa cour et les cavaliers des bourgeois, l’allèrent accompagner un peu dès delà de Resclère ... Le lundi 12, il fut traité avec Son Altesse sur la maison de ville." 1
Quelques jours après cette réception solennelle, une autre fête réunissait toute la paroisse dans l'église Saint-Pierre. „Le dimanche 16 d’octobre 1667, Messire Girard Guenin, prêtre et confrère de Saint-Michel, célébra pour une seconde fois ses prémices en l’église Saint-Pierre solennellement avec trompettes et timbales, ayant pour directeur Son Altesse de Basle qui le fit conduire en carrosse au chasteau, le divin service parachevé, pour jouir du festin que Son Altesse avait à son sujet préparé, auquel sa cour, MM. de Saint-Michel, son conseil et les plus proches de ses parents, y furent conviés et traités magnifiquement. Après quoi, fut reconduit en carrosse dans son logis avec les RR. PP. Reiff et Conrad Gasner et le R. P. Norbert Rossel, prieur à Gandgourt." 2
Pièce d’un Batz de Conrad de Roggenbach.
Journal Vergier, p. 72. — 2 Ibid., p. 73.