LE CORPS DE SAINT PACIFIQUE
La joie causée par le retour de la paix fut augmentée en ville par l’arrivée du corps de S. Pacifique qui en était comme un nouveau gage.
Au moment où l’on apprenait à Rome l’heureuse conclusion de la paix de Nimègue, on découvrit dans la catacombe de Saint-Cal lixte les ossements d’un martyr. La palme gravée sur le locidus ne laissait pas de doute à cet égard. Le nom du chrétien, Dieu seul le savait. Le pape Innocent XI, considérant le martyr comme un gage de la durée de cette paix qui venait de réjouir l’Europe, l’appela Pacifique (Pacific us). Peu après, le Père Frédéric Ampringer, procureur de l’assistance de l’Allemagne à Rome, demanda au S. Père, pour le collège de Porrentruy, quelque relique insigne. Aussitôt le souverain Pontife, de son propre mouvement, lui octroya le corps de S. Pacifique, martyr. Grande fut la joie des Jésuites et de toute la ville à la nouvelle de cette précieuse faveur.
Le monastère de Notre -Dame -des -Ermites. 1704.
Apporté de Rome par le Révérend Christophe Haus, que l’évêque de Raie avait envoyé visiter le tombeau des saints Apôtres, le corps saint fut reconnu authentiquement au château de Porrentruy par le prince Jean Conrad de Roggenbach, le 3 novembre 1679. La translation solennelle des reliques eut lieu deux jours après (5 novembre); ce fut un véritable triomphe auquel toutes les contrées voisines voulurent prendre part.
La procession sortit à deux heures après-midi de l’église de Capucins. — Trois génies ouvraient la marche; venaient ensuite les élèves du collège, chaque classe avec son étendard: au milieu d’eux était portée une statue d’or et d’argent, et contenant de précieuses reliques. A ses côtés se tenaient quatre génies avec palmes et couronnes. Puis s’avançaient les Capucins, les confrères de Saint-Michel et tout le clergé, le diacre avec la croix et les acolytes, les musiciens revêtus de longues robes blanches, décorées de guirlandes; on voyait ensuite l’étendard de S. Pacifique, puis six génies portant des parfums. Entre deux jeunes nobles marchait un jeune homme avec l’épée et la palme; il représentait S. Clément