‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 251 sur 612 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

il eut recours à la protection de la Ste Vierge, gardienne et patronne de la ville. Le 3 mars 1675, 1er dimanche du carême, le conseil fit le vœu solennel d’un pèlerinage à Notre-Dame-des-Ermites pour la délivrance du pays. 1 Trois jours après, un messager arrivait apportant l’heureuse nouvelle du départ prochain de l’armée française. Le 7 mars, tous les soldats cantonnés en Ajoie prirent la route de Bourgogne; le même jour un grand nombre de paysans réfugiés à Porrentruy retournèrent dans leurs maisons dévastées et presque ruinées. Fidèle à son vœu et reconnaissante de cette délivrance inespérée, la ville députa à Notre-Dame-des- Ermites le maître-bourgeois Choulat, les lieutenants Bajol et Rossel et Messire Maury Daucourt qui firent le pèlerinage dans le courant d’avril de la même année et firent à la Vierge, au nom de Porrentruy, une offrande de dix ducats. 2 Pendant ce temps, le prince de Roggenbach, soucieux d’assurer à ses États la protection des cantons suisses qui avait été naguère sa seule défense, traitait avec ses voisins du renouvellement de l’alliance à laquelle il attachait le plus grand prix. Il se rendit lui-même à Lucerne, ne trouvant pas les circonstances favorables pour faire venir les députés catholiques dans sa capitale si éprouvée par la maladie et l’occupation militaire. Les fêtes du renouvellement de l’alliance entre les cantons catholiques et l’évêque de Bâle eurent lieu solennellement à Lucerne le 21 octobre; le prince Jean Conrad prêta serment avec les sept représentants des cantons, dans l’église collégiale, en présence de tout le clergé, des magistrats de la ville et d’une foule innombrable. Les États réunis à Porrentruy votèrent les fonds nécessaires pour couvrir les frais du nouveau traité. La protection dont les Suisses couvraient l’évêché le garantit d’une nouvelle invasion pendant les années suivantes. Malgré les grands mouvements de troupes qui se firent à ses frontières, il n’eut rien à souffrir des armées belligérantes. Quelques fuyards, craignant le pillage, cherchèrent un asile dans nos contrées. Par précaution on fit mettre en sûreté à Soleure et à Bienne les titres du collège el de la ville, tandis que Fribourg en Brisgau envoyait à Porrentruy ses archives et les vases sacrés de son église et du collège.

Imitant la piété du magistrat de Porrentruy, le prince de Roggenbach eut aussi recours à la Ste Vierge pour protéger et garder ses États. En 1677, il choisit solennellement, dans l’église du collège, pour patronne particulière de l’évêché de Bâle, Ma rie- Immaculée, et par un mandement spécial, il ordonna à tous les curés de son diocèse de célébrer désormais avec le plus de pompe possible, la fête de l’immaculée Conception de la Ste Vierge. Non content de cette démonstration publique de sa piété envers l’auguste Mère de Dieu, lorsque la paix de Nimègue eut assuré la cessation de la guerre (1679), il envoya, de chacun des districts de l’évêché, des curés avec leurs paroissiens à Notre-Dame-des-Ermites. Lui-même il célébra pontificalement une grand’messe en action de grâce le jour de la Sainte- Trinité; et le lendemain, dans une procession solennelle qui parcourut les rues de Porrentruy, il consacra de nouveau la cité â la Vierge Marie, la remettant tout entière sous sa protection et sa sauvegarde.

1 „3 mar* 1 07-r). — Nous prévôt, niaitre-bourgeois . . . prenons pour notre patronne, protectrice votre digne et sacrée Mère sous sa divine image de sa sacrée chapelle des Ermites, où nous faisons vœu solennel dans ces bruits calamiteux et dangers de guerre, la suppliant de nous délivrer des fléaux auxquels nous sommes menacés el jetter des yeux miséricordieux sur cette pauvre ville . . . “ (Archives de la ville, A.

11)0. lill. H.) = s „Pour les dépens de sieurs députés au voyage de Notre-Dame-des-Ermites, voué par la ville. 50 liv. 7 s. I d.'; (Comptes de la ville. 167(1.)

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