‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 260 sur 612 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

la même année par l’évêque de Bâle et suspendues pour Noël 1701 dans le nouveau clocher.

Huit jours après cette cérémonie, le prince de Rinck célébra ses secondes prémices dans cette même église du collège où cinquante ans auparavant (lerjanvier 1652), assisté de l’évêque de Bâle, Jean François de Schœnau, il avait chanté sa première messe. C’était un spectacle touchant de voir ce beau vieillard, arrivé à soixante dix-neuf ans, rendant à Dieu de solennelles actions de grâces pour les longues années de son sacerdoce. „ Après l’office, rapportent les annales du collège, le vénérable pontife entonna le Te Deiim, pendant lequel le château et la ville firent retentir les décharges du canon. La cérémonie finie, le prince entra au réfectoire des Jésuites, qui était décoré de divers ornements, d'emblèmes et d’inscriptions allégoriques et où il fut harangué en allemand par son chancelier et en latin par un des pères du collège. “ 1

Le nonce du pape à Lucerne voulut joindre ses hommages à ceux de toute la ville et le 26 août de Tanné suivante (1704), il fit visite au vénérable octogénaire, qui l’accueillit avec le plus grand empressement. Le magistrat et la bourgeoisie de Porrentruy et de Delémont célébrèrent par des fêtes le séjour de l’illustre prélat dans l’évêché. L’évêque de Bâle ne survécut que quelques mois à ces réjouissances publiques: le 4 juin de Tannée suivante (1705), il succomba à une simple défaillance de la nature, sans aucune souffrance, dans sa quatre-vingt-deuxième année; il avait régné douze ans. Les qualités du cœur qui le distinguaient à un si haut degré le firent regretter de tous ses sujets. Il fut le quatrième évêque de Bâle enseveli dans le caveau princier de l’église des Jésuites. 2 Le prince de Rinck portait dans ses armes: d’argent à une boucle de sable.

1 Ann. coll. Bruntr. = 8 Ibid.

Médaille d’argent du Prince Guillaume Jacques de Rinck.

Les ruines du château des nobles de Reinach.

Jean Conrad de Reinach -Hirtzbach, évêque de Bâle, 1705 — 1737. — Etablissement du séminaire diocésain à Porrentruy. 1716. — Le Père Maillardoz dans l’évêché de Bâle, 1717. — Monnaies. — Construction du château de Delémont, 1719. — Ordonnances de 1726. — Jean-Baptiste de Reinach, coadjuteur de l’évêque de Bâle, 1725. — Troubles et révolution dans l’évêché de Bâle, 1730 — 1740. — Mort de Jean Conrad de Reinach. 1737. — Portrait de ce prince. — L’évêché de Bâle en 1740. — Jacques Sigismond de Reinagh-Steinbhunn, évêque de Bâle, 1737 — 1743. — Continuation des troubles de l’évêché. — Traité avec la France, 1740. - Mort de Jacques Sigismond de Reinach, 1743.

e chapitre de Bâle, réuni à Arlesheim, pour élire le successeur du prince de Rinck, ne parvint à fixer son choix qu’au septième scrutin. Après | SI une séance laborieuse et prolongée, la majorité

■* Ik n des suffrages se réunit sur le grand-doyen Jean

Conrad de Reinach (1 1 juillet 1 705). Le nouveau prince descendait d’une noble et antique famille dont le nom appartient à l’histoire de la Suisse. Wernher de Cfauenstein, le chef des Reinach, reçut des comtes de Habsbourg et de Lenzhourg, qu’il avait réconciliés, un site où il bâtit le château de sa race.1 En même temps, les nobles de Habsbourg lui permirent de porter les. armes de leur maison qui devinrent dès lors celles des Reinach, avec une différence dans la couleur de la tête et du cou du lion. Les Reinach blasonnent d'or au lion de gueules armé de gueules et lampassé d’azur, à la tête d’azur; l'écu timbré d’un heaume de chevalier orné de ses lambrequins et surmonté d’un lion d’or issant, armé de sable, lampassé et mantelé de gueules avec cinq plumes de paon de sinople.

1 Reinach ou Rynach en Argovie. Sur une colline voisine s’élèvent les ruines de l’ancien château des nobles de Reinach. (Dict. de la Suisse, par M. Lutz, t. II, p. 143.)

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