‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 259 sur 612 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

de Bâle le comté de Ferrette. Le prince de Rinck dut en prendre son parti, et s’estimer fort heureux d’avoir pu préserver ses États des envahissements de ces puissants voisins. Quant à Rappolstein, l’évêque de Bàle en fut reconnu le légitime seigneur et ce fief continua à dépendre de l’évêché et à appartenir aux nobles de Birckenfeld qui prêtaient à ce titre hommage à l’évêque de Râle, comme à leur suzerain, 1

La paix dont l’évêché jouissait lui avait permis d’accueillir et de soutenir de ses deniers, un grand nombre de fugitifs que la guerre avait chassés des pays envahis par les troupes ennemies ; Porrentruy ouvrit ses portes à ces malheureux qui rentrèrent après la paix de Ryswick dans leur patrie. La ville se montra, comme toujours, très hospitalière. Ce fut à cette époque que l’église de Saint- Germain fut renouvelée et agrandie de seize pieds, comme l’atteste une inscription qui existe encore au-dessus de la porte d’entrée (1698). Dans le même temps, on fit construire à neuf les grands ponts qui menaçaient ruine; les nouveaux

Coffre-Fort des Princes-Évêques de Bâle.

devaient avoir quatre arcades comme les anciens et être de deux pieds plus larges. (Délibération du 13 avril 1696.) 2 On dut également pourvoir à la reconstruction des écuries du château qui avaient été entièrement détruites par un incendie. ,,Le 27 juillet de l’an 1697, (est-il marqué sur le tableau conservé au château de Porrentruy, qui représente le bâtiment incendié,) fête du saint martyr Pantaléon, deux heures après dîner, dans la haute résidence princière à Porrentruy, dans la remise des voitures, le feu a pris dans le nouveau foin qui doit s’être allumé de lui-même ; il devait s’y trouver cinquante voitures de foin qui ont brûlé jusqu’à la terre, sous le gouvernement de François Guillaume. “ Les écuries furent établies dans une autre partie du château, et à leur place on éleva un bâtiment qui, par sa situation et ses dispositions intérieures, devint un des plus beaux appartements de la résidence princière. Cette transformation inspira à un poète de l’époque, J. R. de Staal, les distiques suivants :

Quæ fueram in primis habitatio facta caballis,

Ex stabulo nunc sum nobilis orta donnas :

Interitus meus est mêlions sortis origo,

Nec modo fulgerem, ni prius ignis eram.

1 Archives de l’ancien évêché de Bàle. = 2 Archives de Porrentruy.

RITUALE ET PROPRIUM BASILEENSE

La caisse de l’accise contribua de 2000 écus à réparer le désastre causé par cet incendie. Cette caisse, alimentée par un impôt prélevé sur le bétail, le vin, la bière, les liqueurs, le tabac, les cartes et les cuirs verts, était entre les mains des États de l’évêché qui avaient des receveurs chargés de percevoir ces redevances. Le produit de Y accise, comme on appelait cet impôt, servait aux dépenses publiques. On en avait tiré 30,000 livres bàloises pour fournir aux frais du renouvellement de l’alliance avec les Suisses (26 janvier 1694); „les dépenses de la comédie donnée à Pourentruy à l’occasion de l’alliance, montèrent à 923 livres, 16 sols, 9 deniers ; d’autres dépenses faites au même sujet viennent à 1019 livres, 6 sols, 2 deniers." (Comptes de l'accise.) La garnison suisse et six soldats du pays cpii gardaient la porte du château étaient payés par un impôt particulier qui s’appelait les petits mois : on donnait quatre livres par semaine à deux cavaliers de l’évêché qui étaient aussi attachés à la garde du château. En 1700, la garnison du prince fut réduite par les États à deux cavaliers et à trois soldats, dont la solde et la pension devaient être à la charge de la caisse de Y occise. La répartition et perception de cet impôt donnèrent lieu à de nombreuses plaintes: le prince de Rinck, voulant l’asseoir sur des bases légitimes, fit dresser en 1702. une nouvelle matricule, en vertu de laquelle „ chaque cent livres devait payer douze sols, six deniers; des contributions des fonds amodiés, un tiers était sur le propriétaire, un tiers sur le tenementier, et le troisième sur le négoce; les tenementiers (fermiers) des terres d’Église devaient payer leur part comme ci-devant". Le haut chapitre de Bâle confirma cette nouvelle matricule le 3 juillet 1702. 1

Le prince de Rinck, tout en apportant à l’administration temporelle de ses États la sollicitude de tous les jours, veillait avec non moins de vigilance à la conduite spirituelle de son diocèse. Son grand âge ne l’empêchait pas de prendre une part active à tout ce qui intéressait le salut de ses ouailles. Reconnaissant les services précieux que les religieuses Ursulines rendaient à la jeunesse de sa ville épiscopale, il voulut doter Delémont d’un couvent du même ordre. Il employa si bien ses bons offices auprès du magistrat de cette ville que l’érection d’une maison religieuse fut promptement décidée : en 1699, les Ursulines en étaient en possession et le prince consacrait leur église qu’il dédiait à Saint-Antoine, l’ancien patron de l’hôpital de Delémont. La même année, le vénérable prélat procédait, au milieu d’une foule immense, à la consécration de la nouvelle église de Laufon, dédiée à Ste Catherine.

En même temps, les presses épiscopales de Porrentruy publiaient deux livres liturgiques devenus nécessaires: l’un, le Rituale Basileense (1 vol. petit in-4° de l’imprimerie de Jacques Frères, 1700), ramené à la réforme du Rituel romain par Paul Y et Urbain VIII, rendu obligatoire pour tout le diocèse de Bâle par une ordonnance de l’évêque Guillaume Jacques du 12 octobre 1700; l’autre, le Proprium Basileense, renfermant avec les saints de l’Église de Bâle les saints canonisés de 1676 à 1697 (1 vol. in-12 de l’imprimerie de Jacques Frères, 1697).

Guillaume de Rinck présida encore à la pose de la première pierre du clocher des jésuites de Porrentruy qui eut lieu le 24 juin 1701; la ville contribua de 60 écus à cette construction (décision du 28 février 1701). Quatre cloches pesant ensemble 24,094 livres et coûtant 1916 livres 14 sols, furent bénites

1 Archives de l'ancien évêché de Bâle.

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