‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 268 sur 612 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

infectés de jansénisme, qui avaient répandu à son insu cette dangereuse doctrine dans tous les rangs du clergé. Craignant un pareil désastre, Jean Conrad n’hésita pas à renoncer aux services des prêtres bisontins et à réclamer pour son séminaire le secours des jésuites de Porrentruy. Le nouvel établissement, installé dans le bâtiment construit par le prince deBlarer pour être le séminaire diocésain, s’ouvrit pour la première fois le 18 octobre 1716. L’évêque Jean Conrad assista à une messe solennelle chantée dans la chapelle richement décorée. Le directeur du séminaire, le P. Schumackers, complimenta le prélat qui était accompagné du suffragant, du prévôt de la cathédrale, d’un grand nombre de chanoines de la cathédrale et des chapitres du diocèse, d’autres grands personnages accourus de toute la principauté à cette inauguration désirée depuis si longtemps. 1

Quinze élèves et deux directeurs formèrent d’abord le personnel de la maison. La théologie était enseignée au collège; au séminaire les jeunes clercs se formaient pendant un an à la vie sacerdotale. Chaque jour, ils faisaient une demi-heure de méditation; deux fois dans la journée ils s’examinaient sérieusement devant Dieu; la récitation du chapelet, l’étude du chant grégorien, de la liturgie, les exercices de la chaire se partageaient la journée. Le nouveau séminaire n’avait aucuns revenus fixes ; un économe en dehors de la maison, nommé par le prince, pourvoyait à ses besoins, avec les deniers de l’évêque de Bâle et la pension payée par les élèves.

A côté du séminaire et dans le même bâtiment, le prince installa la pagerie qui jusqu’alors était établie au château : treize jeunes pages, des meilleures familles de la principauté, confiés aux soins de deux maîtres, occupèrent l’extrémité de l’édifice du côté de la ville.

Le séminaire répondit entièrement à l’attente du diocèse et pendant les soixanteseize ans de sa durée, il donna à l’Église de Bâle des prêtres instruits et pieux. Chaque année, il préparait aux saints ordres de vingt-cinq à trente jeunes clercs qui recevaient l’ordination des mains de l’évêque de Bâle ou de son suffragant dans la chapelle du château ou dans celle du séminaire. Pendant les vacances, il y avait une retraite de huit jours pour tout le clergé du diocèse. Le prince Jean Conrad ouvrit le premier cette longue série de retraites ecclésiastiques d’un si grand prix pour la régularité de la vie sacerdotale. L’évèque et toute sa cour, le suffragant Haus, évêque de Domitiopolis, un grand nombre d’ecclésiastiques firent en 1717 et en 1718, au séminaire, les exercices de S. Ignace. On compta jusqu'à soixante-dix retraitants pour chacune de ces années. Le nonce du Saint- Siège, Joseph Ferras, des princes de Sainte-Agathe de Naples, sacré par l’évêque de Bâle dans l’église des jésuites, visita le 12 avril 1717, le nouveau séminaire; quelques jours après, l’archevêque de Besançon, François Joseph de Grammont, en visite pastorale, fut conduit au séminaire et accorda au vénérable supérieur, qui lui faisait visiter l’oratoire domestique de la maison, la permission d'y conserver le Saint-Sacrement (28 avril 1717).

Le patron du séminaire était S. François de Sales, dont le passage à Porrentruy et au collège avail laissé un souvenir ineffaçable. Sa fête se célébrait le 29 janvier avec beaucoup de solennité. En 1726, l’évêque de Bâle et son frère, le coadjuteur Jean Baptiste de Reinach, rehaussaient cette fête de leur présence; le curé de Porrentruy chanta la messe; un séminariste fit en allemand le panégyrique du

1 Annales du collège de Porrentruy ad 1716,

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