LE PRINCE JUGE PAR UN CONTEMPORAIN
Saint-Ursanne et de la F ranche-Montagne, tous en manteau noir avec des petits crêpes ; ceux des bailliages allemands avaient des plaques d’argent sur lesquelles les armes de Son Altesse étaient gravées; chaque maire a eu trente sols pour boire un coup ; 35° les valets de pied et domestiques de la cour.
„On a porté le corps de Son Altesse en droiturê à la paroisse, où on l’a placé au milieu de l'église sur un catafalque bien illuminé; on a ensuite chanté les Vigiles, après quoi un seigneur du Haut Chapitre a chanté une messe de Requiem pendant laquelle on est allé à l’offrande. Après ladite messe, on a porté dans le même ordre que devant le corps de Son Altesse dans l’église des RR. PP. jésuites, où on l'a placé comme devant. On a ensuite chanté les Vigiles, après lesquelles un seigneur du Haut Chapitre, el notamment M. le Rme suffragant, a chanté une messe de Requiem. Après quoi on a fait l’oraison funèbre de Son Altesse, qu’on a ensuite inhumée dans le caveau des princes.
„I1 est à observer que cet enterrement a duré depuis les huit heures et demie jusqu’à, une heure après midi. Après l’enterrement, on s’en est retourné au château dans le même ordre que devant; il est à observer que les seigneurs du Haut Chapitre sont d’abord entrés dans leurs appartements sans dire mot à personne. — On a sonné à table qu’il était près de deux heures; on a mangé dans le Topfel-Stah, où il y avait cinq grandes tables, chacune de vingt personnes. Les jeudi, vendredi et samedi, jours destinés aux funérailles du prince, on a distribué aux pauvres passé deux mille livres et cela dans le séminaire. On a aussi distribué des crêpes noirs pour passé mille quatre cents livres et, on a brûlé aussi mille cinq cents cierges et flambeaux.
«Pendant l’enterrement, les portes de la ville étaient fermées, de même que celles du château, qui étaient gardées parla garnison se tenant sous les armes. Le jour de l’enterrement, la bourgeoisie de Porrentruy était sous les armes avec des crêpes attachés aux drapeaux et les fusils renversés, et deux conseillers de ville faisaient parade devant la maison de ville avec leurs espontons renversés, les tambours de la ville étaient aussi couverts de crêpes. — A Delémont on a sonné pendant huit jours toutes les cloches, à midi et à l’angelus, pour le repos de l'âme de Son Altesse. — Tous les officiers de la cour se sont présentés le samedi matin devant les seigneurs du Haut Chapitre qui étaient assemblés dans une salle tendue de noir, pour leur faire un compliment de condoléance et les prier pour être continués pendant l’interrègne dans leurs charges. “ 1
Aucun de nos évêques n’a été plus calomnié que le prince Jean Conrad de Reinach. Nous l’avons prouvé par le récit exact des événements qui ont marqué son long épiscopat. Un témoignage contemporain et impartial, découvert récemment, vient à l’appui de nos affirmations. Il doit trouver place dans cette histoire et répondre aux mensonges accumulés par des pamphlétaires contre la mémoire du grand et saint évêque Jean Conrad de Reinach.
Ce témoin, très digne de foi, appelé à déposer dans cette affaire, était, comme il le dit lui-même «un officier (prussien) de marque (pii a souvenf été envoyé dans l’évêché de Râle pour y faire des recrues, particulièrement des hommes grands (s’il en pouvait trouver) et où il a fait de longs séjours. Il a été des six mois tout de suite dans ce pays et sa commission l’obligeait à le parcourir souvent.
1 Aux archives de l’ancien évêché de Bâle.