‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 31 sur 612 · MORT DE JEAN DE VENNINGEN · texte numérisé non relu

MORT DE JEAN DE VENNINGEN

L’évêque de Bâle eut aussi sa part dans les dépouilles des vaincus, car nous le trouvons en 1478 faisant construire la chapelle de son château et achevant la restauration de sa splendide demeure. Jean de Venningen vit à peine la fin de ses travaux. Il tomba malade pendant le mois de décembre et mourut le 20 du même mois, dans la vingtième année de son épiscopat. L’évêque de Bâle, prévoyant sa mort prochaine, avait disposé par un testament écrit de sa main le 1er septembre 1476, l’ordre et la pompe de ses funérailles. Il voulut être enseveli dans sa cathédrale, auprès de ses prédécesseurs. Suivant ses prescriptions écrites, on dut le revêtir de suite après sa mort, de tous les ornements épiscopaux ; l’évêque n'oublie rien : bas, sandales, la longue tunique avec le rochet, l’aube, le manipule, l’étole, la tunique des épitres, celle des évangiles, la chasuble, les gants, l’anneau pontifical au pénultième doigt de la main droite, la mitre sur la tête, la crosse à la main gauche, à la droite la bulle de Galixte III (sans doute celle qui l’instituait évêque de Bâle). Ainsi revêtu, le corps doit être mis dans le cercueil et aspergé d’eau bénite ; aux pieds et à la tête, on doit placer l’encens ; le cercueil doit être recouvert d’un tapis aux armes de Venningen et conduit de la sorte jusqu'à Bâle, accompagné de deux prêtres récitant des prières et de quatre céroféraires portant aux côtés du défunt quatre grands cierges allumés. Les serviteurs de l’évêque qui conduiront le convoi recevront deux florins; les prêtres et les porte-cierges en auront quatre.

Les dernières volontés de Jean de Venningen furent ponctuellement exécutées. Le cortège funèbre, escorté des officiers de l’évêque et des magistrats de Porrentruy, qui fournirent une garde d'honneur, se dirigea lentement vers Bâle.

Sur son passage les cloches sonnaient le glas funèbre. A Bâle les funérailles furent solennelles. Pendant trente jours, les chapelains de la cathédrale restèrent en prières auprès du cercueil : le 1 8 janvier eurent lieu les obsèques, au milieu d’un immense concours de prêtres et de peuple. Un grand nombre d’abbés et de prélats assistèrent à cette lugubre cérémonie. Jean de Venningen, selon le désir exprimé dans son testament, fut enseveh au bas des degrés du chœur, devant le lutrin que le Nécrologe de Bâle appelle le pétitoire de la B. Vierge Marie (ante petitorium B. Mariæ Virginis). Sur la tombe on plaça une pierre portant en bronze les armes de Bâle et de Venningen avec ces mots en lettres noires, spécifiés dans le testament de l’évêque : „ Hic sepultus est dominas Johannes de Venningen Episcopus lia jus ecclesiœ. Anna MCCCCLXXVIII XXII decembr eu jus anima requiescat in pace.u Une lampe ardente dut être placée et brûler jour et nuit sur le sépulcre en l'honneur de la B. Vierge Marie. Jean de Venningen fonda en même temps son anniversaire dans un grand nombre d’églises et de monastères, à la cathédrale de Bâle, à Moutier, à Saint-Ursanne, à Delémont, à Rheinfelden. Le chapitre de Saint-Michel de Porrentruy eut aussi sa part aux libéralités de l'évêque défunt.

Le Livre de vie relate comme suit l’anniversaire „de feu Révérend père en Dieu Mgr Jehan de Venningen fut evesque de Basle: se doit faire la veille de solennitez du courps de Dieu (Fête-Dieu) et doit Ion chanter à St-Michel à haulte voix et a dyacre et soubdyacre par les chapelains dénommés et doivent messe célébrer les dits chapelains pour le remède de l’ame dudit Rev., mettre la tauble (le catafalque) en my la chapelle et une serge dessus et quatre chandeliers et quatre cierges qui ardent (brûlent) ..."

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