‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 338 sur 612 · MORT DU PRINCE JACQUES SIGISMOND · texte numérisé non relu

MORT DU PRINCE JACQUES SIGISMOND

en année les deniers réclamés. L'évêque de Bâle avait emprunté 40,000 florins pour faire face aux frais que nécessitait sa triste position; il fallait les rembourser au plus tôt. On imposa les plaignants d'une somme de 12,000 livres, puis on rétablit l’accise dont on offrit au prince tout le revenu jusqu’à ce que soit atteint le complet remboursement. 1

Dix ans après, en 1752, la dette n’était pas encore soldée; on avait fait des emprunts, mais il avaient été insuffisants, et le 2 octobre 1752, le prince de Rinck réclamait devant ses États réunis un arrangement définitif sur ce sujet. On y travailla, l’évêque de Bâle fit remise de 39,000 livres, mais les choses ne furent pas définitivement réglées. Sous le prince de Montjoie, il restait encore des griefs à éclaircir. Porrentruy termina toute cette déplorable affaire par un accord à l’amiable fait avec Simon Nicolas (le 16 septembre 1765), qui réglait enfin les droits de chacun. 2

Jacques Sigismond ne survécut que trois années à cette triste conclusion. Son activité s’était épuisée en vains efforts, et nous n'avons à signaler dans cet épiscopat que des tentatives toujours vaines de pacification.

Cependant ce pieux prélat put donner à son clergé un Rituel qui faisait défaut à la plupart des paroisses. Ce livre si nécessaire pour l'administration exacte et fidèle des sacrements forme un beau volume in-4° de 384 pages, imprimé à Porrentruy par les héritiers de Pierre François Guchot, en 1739. Voulant ramener tous les rites épars dans son diocèse à l’unité de la liturgie romaine, Jacques Sigismond conforma entièrement son nouveau rituel au rituel romain, réformé par les souverains pontifes Paul V et Urbain VIII (juif a Bomanum Pauli V et Urbani VIII P. M. reformatum). Dans la lettre pastorale qui précède le texte sacré le prélat fait ressortir en termes énergiques l’avantage immense, pour le clergé et les fidèles, d’avoir unité de foi, de doctrine et de rites avec la sainte Église romaine.

L'année auparavant, le prince de Reinach avait déjà fait imprimer pour les prêtres de son diocèse un supplément du bréviaire où il avait réuni, avec les saints du diocèce de Bâle, les saints nouvellement canonisés. Imprimé à Porrentruy, chez les imprimeurs de l'évêché, ce volume renferme 200 pages et plusieurs adjonctions importantes. On y trouve les offices de St® Marguerite de Cortone, de S. Fidèle de Sigmaringen, de S. Jean Népomucène, de Ste Julienne de Falconieri, de S. Vincent de Paul, de S. Jean de la Croix, de S. Louis de Gonzague, de S. Camille de Lellis, de S. Jérome Aemiliani, de St® Jeanne de Chantal, de S. Joseph de C.alazance, de S. Joseph a Cupertino, de S. Jean Cantius, de St® Gertrude, et enfin du du patronage de S. Joseph.

Jacques Sigismond de Reinach mourut le 16 décembre I 743, dans sa soixanteunième année et fut enseveli, le 23 du même mois, dans le caveau de l’église des jésuites. Son cœur fut porté à Steinbrunn où il était né. Le Diarium du

1 Les États non plaignants qui étaient restés étrangers aux troubles étaient: la noblesse, Laufon, les bailliages de Zwingen et de Schliengesen, la Franche-Montagne, le prévôt d'Istein, le baron deWessemberg. les chapitres de Saint-Michel, de Saint-Ursanne et de Moutier-Grandval. — Les quatre corps de ville, à Porrentruy, qui se composaient des tisserands, des gagneurs, des cordonniers et des marchands se disaient aussi étrangers aux troubles. — 2 Dans cette convention, les bourgeois renonçaient à user de leur droit de chasse, tant que l’évèque de Bâle résiderait à, Porrentruy. En retour, le, prince permettait aux bourgeois de prendre les jeunes oiseaux aux nids, de leur Caire la chasse avec sarbacane, à la pipée, même des pinsons, ramiers et alouettes, avec filets et lacets attachés aux arbres. De plus. Son Altesse s’engageait à donner aux tireurs de Porrentruy. chaque année. 50 liv. bal. pour être données en prix.

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